1. La transformation de bananes change des vies au Rwanda (écrit par Sawa Pius, pour Agro Radio Hebdo, à Mombasa, Kenya)

| octobre 27, 2008

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Pour 800 groupes d’agricultrices au Rwanda, les bananes sont plus qu’une collation nutritive. Les femmes touchées non seulement par le VIH/sida mais aussi par le génocide au Rwanda sont maintenant comblées car elles ont appris à ajouter de la valeur aux bananes qu’elles cultivent. Elles travaillent ensembles pour transformer des bananes en bière, en vin et en produits artisanaux, leur permettant désormais d’envoyer leurs enfants dans de meilleures écoles et mieux répondre à leurs besoins de base.

Jean Claude Nasagare est le président du groupe d’agriculteurs Ituze et le fondateur du Microfinance Banana Exchange Project. Mr. Nasagare était inspiré par le potentiel de la banane alors qu’il assistait à une conférence au Burkina Faso en 2000. Il a ramené cette idée avec lui au Rwanda, où les bananes ont longtemps été cultivées pour la consommation mais ont rarement été transformées en d’autres produits.

De prime abord, les femmes ne croyaient pas que la banane pourrait avoir une valeur économique en dehors de son utilisation en tant que denrée alimentaire. Mais, avec le temps, de plus en plus de femmes se sont jointes à cette initiative. Les femmes ont commencé à consacrer de plus grandes étendues de terre à la culture de la banane en plus de faire la culture d’autres denrées alimentaires de base. Elles ont également appris à faire de l’apiculture, car le miel est un ingrédient essentiel dans de nombreux produits dérivés de la banane.

Le Microfinance Banana Exchange Project a été établi pour répondre aux besoins financiers des femmes alors qu’elles augmentent leurs productions. Actuellement, 800 groupes de femmes rwandaises reçoivent des prêts à travers ce projet. Mr. Nasagarare dit que les prêts servent à l’achat d’équipement et de fournitures agricoles comme des houes et des semences, ainsi qu’aux frais de main-d’œuvre pour le labourage de la terre.

Toutes les participantes à cette initiative amènent leurs récoltes de bananes au siège social du groupe d’agriculteurs Ituze, où elles ont toutes un rôle à jouer dans le processus de transformation post-récolte. La bière de banane est produite à partir d’un mélange de sorgho, de miel, de bananes et de sucre. Le vin de banane est produit à partir d’un mélange de bananes, de mil et de sucre, qui est emballé et scellé dans des bouteilles en verre.

Les femmes fabriquent également plusieurs produits artisanaux faits à partir de la fibre de bananes tels que des paniers, des sacs à main, des chapeaux et des napperons. La plupart de ses produits sont vendus sur le marché européen. Mais, ce sont les agricultrices qui bénéficient directement des retombées économiques.

Les femmes sont en mesure de rembourser leurs prêts et ont plus d’argent pour soutenir leurs familles. Mr. Nasagarare dit que les mères sont en mesure d’envoyer leurs enfants à de bonnes écoles, car elles peuvent maintenant payer les frais de scolarité. Elles sont également capables de payer les frais médicaux et leurs moyens de subsistance se sont améliorés.

L’initiative continue à prendre de l’expansion. Les participantes forment d’autres femmes à cultiver des bananes et à fabriquer des produits dérivés de la banane, pour lesquels elles ont acquis un marché. Le projet s’est même étendu au Burundi.

Mr. Nasagarare dit que des recherches sont en cours pour commencer à produire du biodiesel à partir des déchets de banane.
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