Malawi : Garder les grains arachides secs pour réaliser d’importants bénéfices

10 April 2017
A translation for this article is available in English

Cosmas Chindoko est assis sur un petit tabouret en bois, à l’extérieur de sa maison, à Nkwawe, un village du district de Mchinji, à environ 100 kilomètres à l’ouest de Lilongwe. Il trie des arachides dans une bassine bleue posée devant lui, en examinant les coques et les graines qui se trouvent à l’intérieur.

Mr. Chindoko a toujours valorisé la production, l’entreposage et la vente d’arachides de bonne qualité. Et quand on parle d’arachides de bonne qualité, on parle d’arachides exemptes d’aflatoxine.

La consommation d’aflatoxine accroît le risque d’atteinte hépatique et de cancer de foie. M. Chindoko affirme que, pour lui, la santé des consommateurs d’arachides prime sur les gains. C’est la raison pour laquelle il fait de son mieux pour s’assurer que ses arachides sont exemptes d’aflatoxine.

En 2014, Mr. Chindoko a adhéré à une association de petits producteurs et productrices d’arachides dénommée Nkwawe, dans le but de trouver de bons marchés et partager les expériences agricoles. Il affirme que, grâce au groupe, il apprend de bonnes pratiques relatives à la production des arachides, y compris les méthodes de séchage et d’entreposage.

Après la récolte, Mr. Chindoki fait sécher ses arachides au champ au moyen du système « Mandela cock ». Il empile les tiges d’arachides en cercle de sorte que les gousses d’arachides soient orientées vers le haut pour leur permettre de bien sécher et éviter qu’elles ne s’abîment. Il entrepose sa récolte dans un endroit sec et frais, à l’abri des rayons de soleil.

Mandela cock

Mandela cock, pour faire sécher ses arachides

Selon Mr. Chindoko, si un agriculteur ou une agricultrice veut gagner beaucoup d’argent, il ou elle doit user de plus de précautions au niveau de l’entreposage. Il explique : « Au moment de l’entreposage, un certain nombre d’ennemis peuvent nuire à la qualité de mes arachides, telles que les fourmis, les souris et l’eau. »

Il entrepose ses arachides sur une plateforme surélevée pour les empêcher d’être mouillées. Il est également indispensable que l’air circule bien dans l’espace d’entreposage pour assurer une haute qualité. Mr. Chindoko affirme que l’eau et l’humidité peuvent accroître le risque d’aflatoxine.

Happy Chinyama est l’agent de vulgarisation du district de Mchinji. Il travaille régulièrement avec les agriculteurs et les agricultrices sur la prévention de l’aflatoxine.

Selon Mr. Chinyama, un agriculteur ou une agricultrice peut savoir si ses arachides sont contaminées par l’aflatoxine en détectant la présence de moisissure sur les coques d’arachides non décortiquées ou sur les graines d’arachides décortiquées. Il ajoute : « D’autres signes d’aflatoxine sur les arachides se manifestent par les graines racornies des arachides décortiquées, l’étiolement qui donne aux arachides contaminées une couleur différente de celle des autres arachides décortiquées du même type, ainsi que le goût amer des graines lorsqu’on les mange. »

Tout en triant ses arachides, Mr. Chinyama sépare les graines des coques endommagées qui ont été incisées pendant la récolte. Il affirme que les arachides abîmées ont plus de chance d’être contaminées par l’aflatoxine.

Il conseille aux agriculteurs et aux agricultrices de ne pas vendre ou consommer les arachides contaminées par l’aflatoxine. Il ajoute : « Il ne faut même pas donner des arachides [contaminées] par l’aflatoxine aux animaux. »

Dans une bonne année, Mr. Chindoko récolte environ vingt sacs d’arachides de 50 kilogrammes. Selon lui, les cultivateurs et les cultivatrices de sa région vendent les arachides décortiquées à 400 kwachas le kilo (0,55 $US).

Mr. Chindoko parvient à nourrir et à subvenir aux besoins de sa famille en vendant des arachides : « L’an dernier, j’ai construit une maison décente grâce à l’argent de la vente des arachides. J’encourage mes collègues agriculteurs et agricultrices à ne pas chercher à avoir seulement une grande quantité d’arachides, mais à viser également une haute qualité, car les produits agricoles de haute qualité se vendent bien. »

 

Cet article a été initialement publié en juillet 2016.