Tanzanie : Des agriculteurs améliorent leurs récoltes de soja grâce aux intrants

13 March 2017
A translation for this article is available in English Swahili

Daniel Lungo, petit exploitant agricole, cultive du soja à Utiga, un village de la région de Njombe, sur les Southern Highlands de la Tanzanie, où le temps est frais et le sol sablonneux.

Lungo a cinq enfants. Il cultive du soja sur son exploitation d’une demi-acre depuis trois ans. Pour lui, 2016 a été une année très fructueuse. Il a obtenu une récolte bien meilleure à celles des années précédentes.

Selon M. Lungo, cela a été possible uniquement grâce aux nouvelles techniques incluant l’utilisation d’engrais et d’un inoculant. M. Lungo laboure son champ avec un bœuf pour les semis. Puis, il mélange ses semences de soja avec un inoculant appelé LegumeFix qui contient des bactéries du type Rhizobium qui améliorent la fixation de l’azote dans le sol.

Lungo utilise également du phosphate diammonique pendant les semis et après avoir sarclé pour accroître sa production, même s’il reconnaît que cela est cher. Il déclare : « Nous achetons 50 kilogrammes d’engrais à 60 000 shillings tanzaniens (26 $US)…. Cela coûte très cher pour un agriculteur ou une agricultrice ordinaire.

Daniel Lungo est un cultivateur de soja. Credit Daniel Semberya

Daniel Lungo est un cultivateur de soja: Mention de source : H. Zell

Certains agriculteurs et agricultrices ont les moyens d’acheter des engrais, mais pour d’autres le coût est exorbitant. En Tanzanie, le gouvernement offre de l’engrais subventionné à certains agriculteurs et agricultrices. Cet engrais coûte à peine 30 000 shillings tanzaniens (13 $US), mais la quantité est limitée à 50 kilogrammes qui ne couvrent que les besoins d’une acre. Et, comme la réserve d’engrais subventionnés est restreinte, plusieurs agriculteurs et agricultrices n’en bénéficient pas.

Bien que le soja soit une légumineuse qui améliore la fertilité des sols en fixant l’azote dans le sol, M. Lungo soutient que les engrais permettent aux producteurs et productrices de soja d’avoir de meilleures récoltes. Il explique : « Notre région a un sol sablonneux qui a besoin d’engrais. Si on n’épand pas d’engrais pendant la période des semis et après le sarclage, il nous est impossible d’obtenir des récoltes exceptionnelles.

Même si les agriculteurs et les agricultrices tanzaniens reçoivent seulement une petite quantité d’engrais subventionnés de la part du gouvernement, Geoffrey Kirenga affirme que le programme gouvernemental a un avantage : amener les agriculteurs et les agricultrices à être plus conscients du besoin d’engrais.

Kirenga est le directeur exécutif de la Southern Agricultural Growth Corridor of Tanzania Centre Ltd (SAGCOT). Le SAGCOT est un partenariat public-privé qui vise à développer la productivité et la rentabilité agricoles de la région. M. Kirenga déclare : « Plus d’agriculteurs et d’agricultrices savent désormais qu’il faut utiliser des intrants améliorés, et ce, même si le tonnage demeure faible.

Il soutient que le programme de subventions a démarré en 2003, lorsque les producteurs et les productrices tanzaniens utilisaient moins de 100 000 tonnes métriques d’engrais par an. L’utilisation des engrais a triplé atteignant 300 000 tonnes métriques, mais M. Kirenga affirme que cela est toujours insuffisant. Il ajoute : « Il faut faire plus, et cela inclut l’analyse des sols pour être sûr que nous utilisons uniquement ce qui est nécessaire. Cela nous permet d’économiser de l’argent et c’est bon aussi pour le sol et l’environnement.

Cela fait plus de 15 ans que Frank Mwagike cultive du soja dans le village de Wanging’ombe. Au début, il n’utilisait ni semences améliorées, ni engrais, ni insecticides. Il raconte : « À cette époque, j’en cultivais seulement pour notre consommation personnelle, car il n’y avait pas de marché pour cette denrée.

Maintenant, il cultive du soja sur trois quarts d’acres et utilise des intrants pour accroître ses récoltes. Il épand de l’engrais deux fois pendant la saison de végétation : durant les semis et après le sarclage.

Mwagike attribue sa décision d’investir dans la production de soja et l’acquisition d’intrants tels que les engrais au soutien de l’ONG Farm Input Promotions Africa. Cette ONG soutient les associations paysannes de la région de Njombe.

Deo Msemwa supervise les opérations de Farm Input Promotions Africa. Il explique : « Nous fournissons aux producteurs et aux productrices des intrants agricoles tels que … les semences de qualité déclarée et les engrais, entre autres choses.

Les « semences de qualité déclarée » sont des semences produites par les agriculteurs et les agricultrices sous la supervision du Tanzania Official Seed Certification Institute qui décide si elles sont appropriées pour la vente. M. Lungo cultive des variétés de qualité déclarée qui ont un rendement élevé et résistent aux maladies.

Les producteurs de Njombe ont ressenti les effets du changement climatique cette année. De nombreux producteurs et productrices pensaient semer en début janvier, mais ils ont dû attendre jusqu’en février pour semer parce qu’il n’avait pas encore plu. Toutefois, l’agent de vulgarisation agricole de Wanging’ombe, Issa Kimaro, pense que les cultivateurs et les cultivatrices de soja peuvent toujours obtenir une bonne récolte.

Msemwa ajoute : « Ces intrants sont nécessaires, car ils [permettent aux cultures] de supporter la sécheresse et résister aux maladies, et nous sommes convaincus que si les agriculteurs et les agricultrices les épandent correctement, ils peuvent avoir [une] récolte exceptionnelle, malgré les difficultés liées au changement climatique. »

This work was carried out with the aid of a grant from the International Development Research Centre, Ottawa, Canada, www.idrc.ca, and with financial support from the Government of Canada, provided through Global Affairs Canada, www.international.gc.ca

Mention de source : H. Zell