Ghana : Des entrepôts pour garder le maïs au sec et les profits élevés

05 September 2016
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Memunata Abdulai ouvre la porte d’un petit entrepôt où sont soigneusement empilés par rangée des dizaines de sacs remplis de maïs. La femme de 45 ans vit à Nyame Bekyere, une communauté agricole de la région Ashanti, au centre du Ghana, où on cultive le maïs en abondance.

L’entrepôt est solidement bâti. À l’extérieur, des planches en bois disposées en plusieurs couches protègent le maïs de la pluie et des rayons du soleil. À l’intérieur, des palettes déposées à même le sol empêchent les sacs d’être en contact avec la terre et permettent une bonne aération.

Ce n’est pas ainsi que Mme Abdulai a toujours entreposé son maïs. C’est après avoir entendu des émissions radiophoniques sur Jerryson FM et Akyeaa FM qu’elle prit la décision de construire son magasin.

Augustus Addai est le principal spécialiste à contacter concernant l’émission radiophonique diffusée sur Akyeaa FM. Il travaille au ministère de l’Agriculture et est chargé de l’amélioration des cultures au niveau de la municipalité de Nkoranza-Sud, d’où émet la station de radio.

M. Addai dit qu’il est important de savoir bien entreposer son maïs. Il explique : « Si les agriculteurs et les agricultrices peuvent conserver leurs produits agricoles durant une certaine période, cela peut assurer leur sécurité alimentaire. Ils peuvent ainsi obtenir un meilleur prix que s’ils les vendaient tout de suite après les avoir récoltés. »

En entreposant correctement le maïs, les agriculteurs et les agricultrices peuvent le vendre quand la demande, et bien évidemment les prix, est au plus haut.

Avant de commencer à écouter les émissions radiophoniques, Mme Abdulai entreposait son maïs dans n’importe quel espace libre, fut-il sale ou non. Elle raconte : « Le temps que tu t’en rendes compte, il était infecté par l’aflatoxine ou d’autres choses. »

Pour ce faire, Mme Abdulai écoutait attentivement les émissions radiophoniques. Elle a appris qu’elle devait utiliser un entrepôt, l’aménager de telle sorte que l’air puisse circuler et le maintenir toujours propre.

Désormais, son maïs ne se gâte pas et la qualité lui permet d’obtenir un bon prix au marché. Autrefois, si le sac de maïs de 110 kilogrammes coûtait 100 cédis (25 $US) au marché, les client(e)s n’offraient que 80 cédis (20 $US) voire 50 cédis (12 $US) pour un des sacs de Mme Abdulai. Après qu’elle a construit l’entrepôt, les acheteurs proposent à Mme Abdulai le prix courant. Il arrive parfois qu’ils achètent le sac à 150 cédis (38 $US). Elle déclare : « J’obtiens exactement ce que je veux, et cela augmente mes bénéfices. »

L’entreposage approprié du maïs n’est pas la seule chose qu’a apprise Mme Abdulai. Elle a également planté les semences améliorées recommandées par l’émission, et elle applique l’engrais au moment convenable. Avant de bénéficier de l’aide offerte par le biais de l’émission, Mme Abdulai récoltait cinq sacs sur son champ de cinq acres. Grâce aux changements qu’elle a effectués, elle récolte maintenant dix à quinze sacs par acre.

Mme Abdulai espère que d’autres habitant(e)s de la région jouiront bientôt des mêmes avantages. Elle déclare : « Chaque fois que je rencontre un(e) de mes ami(e)s qui écoute l’émission radiophonique, je lui dis de prendre au sérieux ce qu’on y dit, car cela lui servira plus tard. La façon dont j’ai adopté l’émission et que celle-ci m’aide, si mes ami(e)s l’adoptent également, cela les aidera aussi. »

 

Photo credit: Tara Sprickerhoff