Williams Moi | juin 24, 2024
Nouvelle en bref
La routine quotidienne de Betty Acen Obaa consiste à nourrir des poissons dans un étang situé dans une zone humide le long de la rivière Ocana, au nord de l’Ouganda. Depuis le démarrage du projet Barlwala Fish Pond en 2013 avec le soutien de la communauté, madame Obaa a un succès considérable. Elle a vendu sa première récolte, qui lui a rapporté 10 millions de shillings ougandais (2 660 $ US) et a amélioré la nutrition à l’échelle locale. L’étang à poissons permet également d’accroître la biodiversité et de protéger les zones humides de leurs communautés. Les zones humides sont extrêmement importantes pour le filtrage et la purification de la nappe phréatique, le contrôle des crues, la séquestration (stockage) du carbone et l’approvisionnement en eau pour le bétail et la consommation domestique.
Betty Acen Obaa ne craint pas de tester de nouvelles choses. Elle est rizicultrice, charbonnière, personne déplacée, et, aujourd’hui, piscicultrice entreprenante du village de Barlwala, au nord de l’Ouganda. Récemment, elle s’est découvert une nouvelle routine matinale : se lever le matin et nourrir ses poissons.
Son étang à poissons est situé dans une zone humide le long de la rivière Ocana qui coule du fleuve Moroto vers la région du Haut Nil, au nord de l’Ouganda. Madame Obaa vit là-bas avec son mari et ses quatre enfants.
La dame de 42 ans s’occupe de la coordination des 30 membres du projet Barlwala Fish Pond. Elle a commencé à creuser l’étang à poissons du projet dans une zone humide en 2013 avec le soutien de la communauté. L’étang est long de 50 mètres et large de 20 mètres. L’aménagement a pris fin en 2021, et 1000 alevins ont été placés dans l’étang.
Par la suite, madame Obaa a acheté 6000 tilapias et quelques poissons-chats pour les élever. Elle a vendu sa première récolte aux communautés des districts d’Otuke, d’Agago et d’Alebtong, une vente qui lui a rapporté 10 millions de shillings ougandais (2 660 $ US).
Plusieurs fois par an, les membres du projet Barlwala Fish Pond récoltent du poisson, et réservent deux kilogrammes chacun pour leur consommation familiale. Le comité des finances de l’association facture alors 16 000 shillings (4,25 $ US) à chaque membre. À mesure que les membres remboursent ce montant, les fonds sont utilisés pour l’octroi de prêts.
Madame Obaa déclare : « La pisciculture a transformé ma vie, ainsi que celle des membres de l’association. » Selon elle, la pisciculture vaut mieux que la riziculture que bon nombre pratiquent dans la communauté, car cela nécessite moins de terre.
Elle ajoute que la pisciculture est également meilleure pour l’environnement. Elle a participé à une formation qui l’a encouragée à cesser de cultiver dans la zone humide et de couper les arbres pour faire du charbon de bois. Après la formation, elle a reçu des fonds de la part de l’Union internationale pour la conservation de la nature, en vue de contribuer à la préservation des zones humides, et c’est à ce moment qu’elle a décidé d’aménager un étang à poissons.
La zone humide abrite des poissons, des grenouilles, des pythons et des varans, tandis que des oiseaux vivent dans les arbres entourant la zone. L’étang à poissons ne perturbe pas ces animaux, bien qu’il attire un personnage peu recommandable : le crocodile. Madame Obaa déclare : « Sur le site de l’étang, nous devenons tous des agents de sécurité pour la sécurité de nos poissons qui nous procurent un revenu. » Ils capturent les crocodiles avec des filets constitués de fils imbriqués souples et fabriqués à partir de fils rigides couramment appelés goswire.
Madame Obaa protège également les arbres et l’herbe à éléphant plantés autour de la zone humide. Ceux-ci contribuent à empêcher l’eau des zones humes de déborder dans l’étang à poissons et permettent de filtrer l’eau de l’étang avant qu’elle parvienne aux rivières et aux lacs avoisinants. Une clôture et des sanctions strictes dissuadent les intrus. Ces mesures préventives favorisent l’agriculture pratiquée dans les environs tout en protégeant l’écosystème des zones humides, améliorant ainsi les moyens de subsistance et la résilience environnementale.
La clôture empêche les gens de s’aventurer près de l’étang, par exemple, pour cultiver du riz où faire paître des animaux. Les amendes sont un moyen de dissuasion pour les personnes qui empiètent sur la zone tampon qui protège la zone. Une amende de 50 000 shillings ougandais (13,30 $ US) et d’une chèvre est imposée à toute personne surprise en train d’empiéter sur la zone tampon, et elle est reversée à l’assemblée constituante de l’association. Aux dires de madame Obaa, un membre de la communauté a déjà été sanctionné pour avoir violé ce règlement à Barlwala. Les agriculteurs et les agricultrices cultivent désormais du maïs, du soja et d’autres cultures dans la région, mais loin de la zone humide.
Patrick Nyanga est le responsable de l’environnement d’Otuke. Il soutient que bonne gestion des zones humides a cours à Barlwala, car les zones humides servent pour le bien de la génération actuelle et future. Il ajoute que ces zones sont très importantes pour la purification de la nappe phréatique, la gestion des crues, la séquestration (stockage) du carbone et l’approvisionnement en eau du bétail et des familles. Les zones humides constituent également un bon milieu pour la culture de matières premières pour l’artisanat et la pisciculture qui procurent tous les deux un revenu aux communautés.
Beatrice Ayuru est la directrice de Lira City Integrated Schools qui possède 17 étangs à poissons. Madame Ayuru raconte que les étangs à poissons offrent non seulement aux élèves la possibilité d’apprendre, mais ils contribuent également à l’amélioration de la nutrition de manière générale. Les élèves consomment du poisson deux fois par semaine, et elle affirme constater déjà une différence au niveau de leur santé. Madame Ayuru ajoute : « Le produit de nos étangs encourage maintenant nos élèves à travailler sur l’exploitation piscicole. »
Selon l’ancien responsable des Pêches du district, Peter Orwono, Lira offre un bon potentiel pour l’aquaculture à cause de la présence des grandes zones humides, tant permanentes que saisonnières. L’aquaculture est très pratiquée dans le district. Il existe environ 230 étangs à poissons à Lira, même si une majeure partie avait été abandonnée pendant l’insurrection au début des années 2000, dont la revitalisation n’est intervenue qu’au cours de la dernière décennie.
