Mali : Des femmes restaurent la fertilité de leur potager grâce à un engrais liquide fait de produits naturels

| juin 11, 2025

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À Dioro, au Mali, un groupement de jardinières a redonné vie à une terre stérile grâce au « Dakabana Dji », un engrais organique à base de bouse de vache, de feuilles de neem et de résidu de charbon de bois. Formé par la ferme agroécologique Bassa Mali, le groupement produit jusqu’à 15 tonnes d’engrais chaque saison. Leur rendement d’échalote a presque doublé, passant de huit à quinze tonnes par hectare, ce qui leur assure un revenu et une sécurité alimentaire. La présidente du groupement, Oumou Coulibaly, déclare : « Grâce à l’engrais naturel, notre rendement a doublé ! » Leur réussite inspire d’autres agriculteurs et agricultrices et encourage les pratiques durables à travers la région.

Un dimanche après-midi très chaud, le soleil brûle dans le ciel, à mesure que des potagers défilent à perte de vue le long de la route principale de Dioro, une ville située à 60 kilomètres de Ségou. Au milieu de ce paysage, se dressent des potagers abandonnés, stériles, le sol craquelé et sans vie. Cependant, le contraste est saisissant avec le potager verdoyant « Kado Nogo », une parcelle florissante de deux hectares, cultivée par le groupement des femmes de Dioro. Là-bas, la présidente du groupement, Oumou Coulibaly, 37 ans, sourit fièrement et déclare : « Nous avons redonné vie à notre champ grâce aux engrais organiques. »

Madame Coulibaly dirige un groupement d’environ trente femmes qui gagnent leur vie grâce à cette activité maraîchère. Elles cultivent des échalotes une fois par an après la récolte principale. Pour préserver la fertilité du sol et accroître sa productivité, les femmes utilisent un engrais liquide fait de bouse de vache. Elle déclare : « Grâce à l’engrais naturel, notre rendement a doublé ! »

Face à la dégradation de leur terre agricole, le groupement à suivi des formations sur la préservation de la fertilité des sols et la biodiversité avec Bassa Mali, une ferme agroécologique privée locale spécialisée dans les pratiques agricoles écologiques. Aujourd’hui, le groupement produit 15 tonnes d’engrais organique appelé « Dakabana Dji. » Madame Coulibaly souligne que cet engrais liquide est efficace et sans danger pour le sol et les cultures. Tous les membres participent activement à sa production. Elles se réunissent généralement l’après-midi après avoir terminé leurs travaux ménagers. La présidente leur attribue alors les tâches.

Grâce à cet engrais, le groupement a augmenté sa production d’échalotes de huit à quinze tonnes par hectare. Une partie des gains, soit 30 000 francs CFA (environ 52 $) par membre chaque saison, est redistribuée aux femmes. Le reste est versé dans une caisse commune pour l’achat d’un nouvel équipement ou pour financer des événements sociaux, tels que des baptêmes et des mariages chez les membres du groupement.

Selon la présidente du groupement, l’engrais s’obtient en faisant fermenter ensemble de la bouse de vache, de l’eau, des résidus du charbon de bois, de l’argile des termitières et des feuilles de neem. Madame Coulibaly explique qu’il faut 21 jours pour obtenir l’engrais.

Pour l’utilisation du « Dakabana Dji, », madame Coulibaly explique qu’il faut appliquer moins six tonnes de cet engrais par hectare, notamment au début et à la mi-saison. Cette pratique favorise la régénération du sol et permet de restaurer son équilibre naturel. Le « Dakabana Dji » enrichit le sol en lui fournissant des éléments nutritifs essentiels, comme l’azote, le phosphore et le potassium. Il favorise également la santé des microorganismes du sol, et crée un écosystème fertile qui facilite une bonne croissance des plantes.

Le succès du groupement commence à inspirer d’autres personnes dans la communauté de Dioro. Plusieurs producteurs et productrices ont commencé à adopter le « Dakabana Dji, » ce qui offre au groupement une source supplémentaire de revenus grâce à la vente de l’engrais. Madame Coulibaly estime que ces ventes pourraient rapporter deux millions de francs CFA (à peu près 3 475 $) par saison.

Ousmane Touré, un agriculteur de Sokè, un village voisin, est également satisfait des résultats du « Dakabana Dji. » Il explique que ses résultats sont meilleurs à ceux de l’engrais d’urée qu’il utilisait avant. Maintenant, son champ est redevenu fertile, et son rendement est passé de moins d’une tonne à deux tonnes par hectare.

Bougouna Coulibaly, le responsable du secteur agricole à Ségou, affirme que les activités humaines nuisibles, telles que la déforestation, l’agriculture extensive et l’utilisation excessive des engrais chimiques, aggravent la dégradation des sols.

Monsieur Coulibaly conseille aux producteurs et aux productrices d’utiliser de l’engrais organique qui augmentera l’humidité du sol et restaurera les cycles naturels, tels que l’azote, le carbone et l’eau, favorisant ainsi la résilience écologique. Cependant, il nous met en garde contre une utilisation excessive des engrais organiques, car cela peut entraîner une accumulation excessive d’éléments nutritifs dans le sol. Il recommande aussi de pratiquer la rotation des cultures et le reboisement pour préserver et améliorer la fertilité des sols.

Madame Coulibaly et les membres de son association sont fières des résultats obtenus grâce à l’engrais organique. Elle déclare : « Nous réalisons de plus en plus qu’il est important de préserver tous les éléments de la nature pour un meilleur avenir. »