Mali : Des agriculteurs utilisent un biodigesteur pour produire de l’engrais et de l’énergie

| janvier 5, 2026

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Nouvelle en bref

Dans ce village agricole situé à 90 kilomètres de Ségou, des agriculteurs et des agricultrices adoptent des biodigesteurs pour transformer des déchets organiques en biogaz et en compost. Ousmane Keïta, qui gère une exploitation agricole de 2,5 hectares, utilise des résidus de cultures et du fumier de bétail pour produire du combustible pour la cuisine et de l’engrais pour ses cultures de millet, sa volaille et son bétail. Cette technique lui a permis de doubler ses rendements et de réduire son besoin pour le bois de chauffage et les engrais chimiques. Chaque vendredi, monsieur Keïta forme d’autres agriculteurs et agricultrices, dont plus de 20 appliquent actuellement cette méthode. Les femmes affirment avoir plus de facilité à cuisiner et travailler dans des conditions plus sûres. Cette initiative permet de restaurer les terres agricoles, promouvoir la biodiversité et fournir de l’énergie propre, à un prix abordable.

Cette nouvelle a été publiée en octobre 2025

Badiaguibougou est un village agricole situé à 90 kilomètres de la ville de Ségou. Ce matin, le soleil est à peine visible à l’horizon, et la rosée matinale mouille l’herbe. Cependant, Ousmane Keïta, âgé d’une quarantaine d’années, travaille déjà sur l’exploitation familiale de 2,5 hectares. Il allie la culture du millet à l’élevage de volaille et de bétail. Depuis plus d’une année, il fertilise son sol avec du compost et utilise du biogaz qu’il produit avec un biodigesteur. Il déclare : « Je n’utilise plus du bois de chauffage. J’ai du feu à moindre coût. »

Monsieur Keïta utilise un biodigesteur pour produire du compost et du biogaz, afin d’améliorer sa rentabilité et de protéger l’environnement. Il est membre du Groupement de producteurs de semences de Badiaguibougou. Il a suivi beaucoup de formations sur les pratiques agricoles et la biodiversité. C’est à ce moment qu’il a découvert le biodigesteur, dans lequel il a investi. I déclare : « J’ai doublé mon rendement grâce au biodigesteur. »

Monsieur Keïta explique qu’il utilise des résidus de cultures et du fumier de son bétail pour produire de l’énergie. Les résidus provenant du biodigesteur sont transformés en un compost riche en éléments nutritifs pour fertiliser ses champs. Il ajoute : « C’est un engrais naturel. Je n’utilise plus d’engrais chimiques sur mes champs. » L’énergie du biogaz lui permet de ne plus dépendre du bois de chauffage pour ses besoins énergétiques. Grâce à son biodigesteur, il produit 300 à 800 kilogrammes de compost chaque mois.

Selon monsieur Keïta, sa production de millet est passée d’environ 450 kilogrammes à plus d’une tonne et demie. Il vend une partie de l’excédent pour financer son projet de construction de la cour familiale. Grâce à l’énergie du biodigesteur, il ne coupe plus d’arbres près de ses champs pour le bois de chauffage et il constate que la flore locale se régénère.

L’impact des actions de monsieur Keïta est visible. En plus de ne plus utiliser le bois de chauffage, il a récupéré des champs jadis épuisés. Il témoigne qu’avec le compost produit par son biodigesteur, ses champs redeviennent plus fertiles, et ses cultures poussent plus vite.

Baba Faronta est formateur en agroécologie à Sexagom, une organisation qui dirige des programmes agricoles au Mali. À ses dires, le biodigesteur est un appareil abordable qui produit du biogaz et du compost au moyen de réactions chimiques. Monsieur Faronta ajoute que l’utilisation du biogaz permet de valoriser les déchets, reconstituer les terres agricoles et réduire la coupe excessive des arbres. C’est une solution à la dégradation des terres de façon générale et cela réduit la dépendance aux engrais chimiques.

La pratique de monsieur Keïta a du succès auprès des membres de sa communauté. Ils viennent désormais lui demander de leur apprendre la technique. Chaque vendredi matin, accompagné des membres du groupement, il offre une formation pratique sur le biodigesteur dans son champ. À ce jour, monsieur Keïta a formé plus de 20 agriculteurs et agricultrices. Tous appliquent la technique et contribuent à la préservation de la biodiversité.

Zena Thiénou est un agriculteur qui suit la formation. Il déclare : « Avant, je dépensais mon revenu pour acheter des engrais chimiques. Grâce au biodigesteur, c’est maintenant chose du passé. » Il produit du compost naturel pour fertiliser ses champs. Monsieur Thiénou ajoute : « La transformation est remarquable, nos champs sont de plus en plus fertiles. »

L’utilisation du biogaz améliore également les conditions de travail des femmes de Badiaguibougou. Ramata Koné, la présidente du groupement villageois, déclare : « C’était difficile de cuisiner avec le bois de chauffage. Avec le biogaz, on ne se fatigue plus, et nous ne prenons plus de risques pour aller chercher du bois à l’extérieur du village. »

Monsieur Keïta est convaincu que l’utilisation d’un biodigesteur est une chance pour les agriculteurs et les agricultrices locaux. Il veut continuer à partager son expérience. Il termine : « Pour moi, le biogaz constitue l’une des solutions les plus saines pour la restauration des terres agricoles et l’accès à une énergie propre. »