Mark Ndipita | août 17, 2015
La famille de six personnes de Nyamulani Kachimbalu utilise le maïs comme aliment de base. Mais, cette année, il n’a pas beaucoup plu et M. Kachimbalu n’a récolté qu’une charrette de maïs.
Pourtant, la situation ne l’inquiète pas trop, car il cultive également des bananes. Il déclare : « Ma récolte de maïs ne suffira pas à nourrir ma famille jusqu’à la prochaine récolte, mais nous avons de l’espoir parce que nous pourrons consommer de la banane une fois la réserve de maïs épuisée. »
M. Kachimbalu vit à Chingila, un village situé à environ 25 kilomètres, à l’est de la capitale du Malawi, Lilongwe. Les bananes lui ont servi de vivres plusieurs fois ces dernières années lorsque les réserves alimentaires de sa famille étaient épuisées.
Il s’est lancé dans la culture de banane en 2006 après avoir appris auprès d’agricultrices et d’agriculteurs voisins que la banane verte pouvait être consommée crue ou préparée pendant les repas en famille. Cela est très pratique quand la famille ne dispose plus suffisamment de maïs.
M. Kachimbalu cultive la banane sur une partie de son champ de maïs d’un hectare. Il soutient que cette plante est facile à cultiver, car elle n’a pas besoin d’engrais ou d’autres intrants coûteux. Il ajoute : « Depuis 2006, j’ai … cinq peuplements de bananiers sur mon champ. Chacun d’eux regroupe 50 à 70 bananiers. J’aime cultiver la banane parce qu’elle exige peu de main-d’œuvre. Je crois qu’elle peut être même pratique pour les agricultrices et les agriculteurs vivant avec le VIH. »
La demande pour les bananes est très forte sur les marchés locaux. Par conséquent, les agricultrices et les agriculteurs peuvent gagner bien leur vie avec ça. Ils peuvent également en vendre aux commerçant(e)s de la ville. L’an passé, M. Kachimbalu en a eu suffisamment de bananes à manger, si bien qu’il en a vendu une partie. Il raconte : « J’ai fait un bénéfice de près de 120 $US après avoir vendu le régime de bananes à 2 $US. »
Samuel Siliya cultive dans les environs du village de Ngomazondo. M. Siliya a remarqué que les agricultrices et les agriculteurs qui cultivaient la banane disposaient d’un revenu supplémentaire pour payer des articles de maison tels que les articles d’épicerie. Ainsi, en 2002, il a commencé à cultiver de la banane pour compléter les revenus que lui rapportaient le maïs et les arachides.
Toutefois, les agricultrices et les agriculteurs ont quelques difficultés à assurer une bonne récolte de bananes. M. Siliya déclare : « Notre agente de vulgarisation soutient que certaines maladies de la banane, telle que la pourriture couronnée du bananier, ne disposent actuellement d’aucun remède. Elle nous a simplement dit de déraciner les bananiers infectés et de ne jamais planter de nouveaux surgeons dans une zone qui avait été infectée auparavant par le virus. »
Les termites constituent eux aussi un problème. L’agriculteur Makwani Dauteni a perdu beaucoup de bananiers à cause des insectes. Il explique : « Mon champ a un problème de termites qui nuisent à la germination et la survie des pousses de bananier et des vieux bananiers. Avant, j’avais quatre peuplements de bananiers, mais je n’en ai que deux désormais. »
M. Kachimbalu affirme que les bananes sont la proie de deux principaux organismes nuisibles, à savoir les voleurs et les chèvres. Il raconte : « Je m’attends à ceux que les voleurs s’emparent d’une grande quantité de mes bananes, car de nombreuses personnes n’ont pas suffisamment à manger cette année. J’envisage de clôturer ma bananeraie cette année pour les protéger des voleurs, ainsi que des chèvres qui broutent les feuilles des plantes. »
Plusieurs agricultrices et agriculteurs locaux envisagent de cultiver plus de bananes. M. Kachimbalu veut planter plus de 15 peuplements. Il utilise les bananes pour sa consommation familiale, et il peut en vendre pour acheter des produits de première nécessité pour la famille. Il déclare : « Chaque fois que je n’ai plus d’argent, je me rends tout simplement au champ et je coupe un régime de bananes. Je le laisse mûrir pendant quelques jours, et le vends ensuite au marché parce que les gens de la région aiment manger la banane. »