Jonah Grignon | novembre 25, 2024
Nouvelle en bref
Au Ghana, bien que la communauté de Setsinu, dans la région de la Volta, assiste à la disparition de ses terres causée par les inondations et les marées montantes, elle est persuadée d’avoir un moyen de les protéger. Cette communauté agricole fait partie de plusieurs autres installées sur une mince bande de terre séparant la lagune de Keta du golfe de Guinée. La population utilise des diguettes, des murs en terre érigés le long du périmètre de leurs champs, pour atténuer les dommages causés par les inondations. Grâce aux diguettes nouvellement érigées, les membres de la communauté de Setsinu commencent à constater la récupération des terres qu’ils avaient perdues. Selorm Akli déclare : « Si vous récupérez la terre, alors, nous retrouverons la vie. La vie normale que nous menions autrefois reprend son cours. La terre redeviendra nouvelle. »
Le long de la côte de la région de la Volta, au Ghana, à environ deux heures de route en voiture d’Accra, une mince bande de terre sépare deux cours d’eau. Au nord, nous avons l’eau douce de la lagune de Keta et au sud, l’eau salée du golfe de Guinée. Elle est traversée par une route principale, et des communautés sont installées de part et d’autre de l’eau. Setsinu est l’une des communautés. Là habitent des agriculteurs et des agricultrices comme Selorm Akli qui voyaient leur terre disparaître sous leurs yeux.
Les champs servant à la production de cultures, comme la tomate, le piment, le gombo et le maïs sont régulièrement inondés à cause des pluies intenses et des marées montantes. Pour monsieur Akli, voir ces terres disparaître lui donne l’impression de perdre une partie de lui au gré des marées. Il déclare : « Vous vous réveillez un matin, et vous trouvez votre exploitation inondée. Wow ! C’est comme si toute votre vie avait été emportée. C’est comme si vous êtes vide, il ne vous reste plus rien. »
Bien que le problème ait empiré récemment, il n’est pas nouveau. Olivia Abogado a 76 ans et elle raconte que la communauté connaît les inondations depuis 30 ans. Lorsque cela se produisait, les gens de la communauté se réunissaient pour trouver une solution.
Ils érigeaient des diguettes : des murs en terre qui s’étalent le long du périmètre des longs champs, protégeant ceux-ci de l’eau. Les diguettes contribuent à atténuer les dommages causés par les inondations.
Maintenant, alors que le changement climatique provoque des crues régulières, la communauté recommence à utiliser les diguettes tout comme les anciens. Lors des dernières inondations, les membres de la communauté organisèrent des rencontres sous la direction de l’agriculteur Simon Akukoku pour discuter de la démarche à suivre. Ils se tournèrent vers les diguettes.
Pour les ériger, les membres de la communauté vérifient le débit des eaux pour savoir si elles vont éventuellement inonder les exploitations agricoles. Ensuite, ils creusent de gros trous pour extraire le sable de la rivière et créer une délimitation autour des champs. Lorsque l’inondation se produit, l’eau se dépose dans les trous.
Madame Abogado se souvient lorsqu’ils ont commencé à ériger des diguettes il y a plusieurs années. Elle raconte qu’à cette époque, les femmes assistaient souvent les hommes de la communauté, en leur préparant des repas pendant qu’ils travaillaient au champ. Cependant, les femmes participent directement au processus maintenant.
Madame Abogado déclare : « Nous ne cuisinons plus pour eux. Nous ne nous assoirons plus pour les regarder tout faire seuls. Nous y participons également pleinement. »
Grâce aux diguettes nouvellement construites, les membres de la communauté de Setsinu constatent progressivement une récupération des terres qu’ils avaient perdues. Monsieur Akli déclare : « Si vous récupérez la terre, alors, nous retrouverons la vie. La vie normale que nous menions autrefois reprend son cours. La terre redeviendra nouvelle. »
La communauté constate également d’autres avantages. Cela leur permet aussi d’aménager des étangs à poissons, ce qui leur procure une autre source de nourriture.
De plus, monsieur Akli a déclaré que les diguettes avaient un impact positif sur la productivité de la communauté. Il déclare : « Selon moi, l’avantage majeur pour la communauté, c’est que cela nous procure de l’emploi. Nous ne chômerons pas, car nous avons du travail à faire, nous avons des ressources financières pour nous nourrir et nourrir nos familles. »
À mesure que les connaissances multigénérationnelles permettent à Setsinu de gérer les répercussions du changement climatique, les membres de la communauté sont désormais décidés à transmettre la pratique aux générations futures.
Monsieur Akli déclare : « À mesure que le temps passe, on y ajoutera quelque chose de petit. L’idée sera là, mais je crois qu’avec les temps qui changent, les choses changeront également. »
