Éthiopie : Des jeunes restaurent le parc national Abijata-Shalla en Éthiopie (Mongabay)

| mars 30, 2026

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Nouvelle en bref

Dans le parc national Abijata-Shall, en Éthiopie, des jeunes mènent des initiatives visant à restaurer des collines et des zones humides dégradées. En collaboration avec Wetlands International et des associations locales, ils aménagent des terrasses, plantent des arbres et gèrent les sols et l’eau pour combattre l’érosion et faire revivre les écosystèmes. On y retrouve désormais de l’herbe, des acacias et même des poissons, tandis que des animaux sauvages, comme le grand koudou et les oiseaux migrateurs, font leur retour. Le projet appuie également les moyens de subsistance en offrant de petites subventions en espèces, des prêts et des formations en commerce durable. Pour ces jeunes, la restauration est plus qu’une question de conservation. C’est une voie vers l’espoir, des revenus et un environnement plus sain.

Sur les collines brûlantes du parc national Abijata-Shalla, en Éthiopie, de jeunes hommes et de jeunes femmes travaillent à guérir la terre. Occupés à pelleter la terre, remplir des sacs de sable et aménager des terrasses, ils réparent les ravines creusées par des années d’érosion et de déforestation. 

Hamid Belo est le président la Mekane Fike Forest Conservation Association. Il déclare : « La terre est en train de guérir, et nous avec. »

Autrefois recouvertes de forêts d’acacias et arrosées par des ruisseaux au flux régulier, les collines entourant le lac Abijata et le lac Shalla ont été complètement dénudées. Pendant des années, les gens coupaient les arbres pour avoir du bois de chauffage, des terres cultivables et produire du charbon de bois. Une usine de soude ménagère près du lac Abijata et les coupes causées par les exploitations agricoles et les ménages ont davantage réduit les niveaux d’eau. La faune qui autrefois abondait dans ce lieu, y compris les flamands, les poissons et des oiseaux migratoires, a souffert.

Pendant cinq ans, des groupes de jeunes locaux ont travaillé avec Simeneh Shiferaw, coordonnateur de programme pays à Wetlands International. Il déclare : « Nous impliquons tout le monde, les agriculteurs, les éleveurs, les femmes, les aînés et les jeunes, pour nous assurer que les solutions fonctionnent pour la communauté. »

La formation apprend aux jeunes comment restaurer les flancs de colline et les zones humides dégradées, gérer les sols et l’eau et favoriser la régénération naturelle de la végétation. Les autorités locales renforcent également les règlements, afin de protéger les sites restaurés, et s’assurer ainsi que le travail sera pérennisé. 

Plusieurs jeunes dépendent des ressources du parc pour leur survie. Face aux ressources foncières limitées et à la rareté des emplois, certains ramassent du bois de chauffage, produisent du charbon de bois ou exploitent le sable. Pour résoudre ce problème, le projet offre de petites subventions en espèces et un fonds collectif que les jeunes peuvent utiliser pour obtenir des prêts et lancer de petites activités commerciales.

Monsieur Belo ajoute : « Grâce au soutien que nous recevons, nous ne sommes plus dépendants. Nous sommes désormais des entrepreneurs, nous bâtissons notre propre succès à partir de rien. »

Les associations de jeunes, comme Fike Lelisa aménagent des terrasses, construisent des canaux et creusent des fosses de plantation, en vue de recueillir l’eau et protéger les sols. Ces actions permettent à l’herbe et aux acacias de réapparaître, ralentissent l’érosion et augmentent le niveau d’eau du lac Abijata. Même des espèces de poissons qui avaient disparu depuis des décennies reviennent progressivement.

Gutema Mieso, le président de l’association des jeunes Fike Lelisa, déclare : « Lorsque nous avons commencé la première fois, la terre était tellement dégradée que nous doutions de pouvoir la récupérer. Mais, maintenant, nous voyons l’herbe pousser, les arbres réapparaître et l’eau couler à nouveau. Cela nous donne de l’espoir pour l’avenir. »

La faune renaît également. Aschalew Tsegaye, le gardien du parc, déclare : « Même les espèces qu’on croyait perdues reviennent. Le nombre de grands koudous seulement est passé de 50 à plus de 200. On observe désormais un plus grand nombre de la majorité des espèces d’oiseaux qu’auparavant. »

Le succès du projet provient d’une action concertée. Les instances gouvernementales, les membres de la communauté et les organisations intervenant dans les secteurs du développement, de l’agriculture et de la protection de la faune travaillent maintenant ensemble. 

Redwan Mohamed, chef de projet à Wetlands International, déclare : « Le projet révèle que même les terres très dégradées peuvent guérir lorsqu’on utilise la bonne approche. De plus, lorsque les communautés en bénéficient, elles s’en approprient, ce qui permet à la terre de rester en bonne santé pour les générations futures. »

Les communautés constatent déjà les avantages, notamment l’amélioration de la fertilité des sols, la baisse de l’érosion, l’augmentation des poissons pour les moyens de subsistance et le retour des oiseaux et d’autres animaux sauvages. Certains jeunes ont commencé à pratiquer l’apiculture, tandis que d’autres utilisent les prairies restaurées pour engraisser le bétail pour la vente.

Pour les jeunes d’Abijata-Shalla, la restauration est plus qu’un projet environnemental. C’est une occasion pour eux de protéger leurs maisons, gagner leur subsistance et s’assurer que la prochaine génération hérite d’un paysage 

Photo : Les femmes jouent un rôle actif dans les initiatives de restauration, en contribuant à différentes tâches et associations pour favoriser la récupération du paysage. Image de Solomon Yimer pour Mongabay

.La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Solomon Yimer pour Mongabay, intitulé « Ethiopian youth groups restore Rift valley lake & livelihoods. »Pour lire d’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.mongabay.com/2025/12/ethiopian-youth-groups-restore-rift-valley-lake-livelihoods/.