Tanzanie : Des agriculteurs tanzaniens se convertissent à l’agroécologie pour réduire l’utilisation des produits chimiques

| février 17, 2026

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Au nord de la Tanzanie, des agriculteurs et des agricultrices d’exploitations familiales se convertissent à l’agroécologie pour réduire l’utilisation des produits chimiques, protéger leur santé et renforcer leurs moyens de subsistance. D’autres, comme Anthony Ndelekwa Mbise, ont commencé à cultiver des légumes suivant des méthodes biologiques après avoir constaté les risques que comportait la mauvaise utilisation des pesticides pour la santé. Grâce au soutien du Réseau des agriculteurs d’Arusha, les agriculteurs et les agricultrices adoptent des pratiques, telles que le compostage, le paillage, la rotation des cultures, les méthodes naturelles de lutte contre les parasites et la conservation des semences. Ces méthodes améliorent la fertilité des sols, réduisent les coûts de production et accroissent la résilience face aux sécheresses. Alors que les formations s’intensifient à travers la région, l’agroécologie aide les familles agricoles à passer d’un mode survie à l’acquisition de revenus durables tout en prenant soin des terres.

Au nord de la Tanzanie, des agriculteurs et des agricultrices d’exploitations agricoles adoptent l’agroécologie, car la hausse des coûts d’intrants chimiques, les problèmes de santé, les pressions climatiques et les marchés volatils remodèlent les systèmes de production alimentaires. Avec plus des trois quarts de la population qui dépendent des agriculteurs et des agricultrices d’exploitations agricoles pour leur subsistance alimentaire quotidienne, les pratiques agricoles écologiques deviennent une piste cruciale pour le renforcement de la sécurité alimentaire et la protection de la santé publique.

Parmi eux se trouve Anthony Ndelekwa Mbise, qui a entamé son parcours agroécologique il y a plus d’une décennie dans le district d’Arumeru, dans la région d’Arusha. Il se souvient d’un moment décisif lorsque son voisin tomba malade après avoir consommé des légumes récoltés avant que les résidus de pesticides aient été nettoyés des feuilles.

Il déclare : « Ce moment m’a choqué. J’ai réalisé jusqu’à quel point il était risqué de recourir à des aliments cultivés avec des produits chimiques. J’ai décidé de commencer à cultiver des légumes à la maison pour protéger la santé de ma famille. »

Sa préoccupation reflète une réalité générale. Une étude de la Nelson Mandela African Institution of Science and Technology révèle que près de 89 % de petits producteurs et productrices de légumes du nord de la Tanzanie manquent de connaissances appropriées concernant les pratiques d’emploi sécuritaires des pesticides, ce qui expose les ménages à la contamination et aux risques connexes pour la santé.

Poussé par ces préoccupations, monsieur Mbise s’est mis à l’agriculture biologique à petite échelle il y a plus d’une décennie sur un lopin de terre derrière sa concession dans le district d’Arumeru. Il a cultivé de l’épinard et de chou kale suivant des méthodes agroécologiques traditionnelles, qui consistent à saupoudrer de la cendre pour éloigner les organismes nuisibles et à composter les déchets ménagers pour enrichir le sol.

Il explique : « Au début, c’était juste pour la consommation domestique. »

Trois ans plus tard, son parcours prit un nouveau tournant lors d’un contact avec MVIWAARUSHA (le Réseau des agriculteurs d’Arusha), une organisation régionale qui regroupe les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales, en vue de promouvoir l’agroécologie et de réduire la dépendance aux intrants chimiques. Ce réseau appuie les agriculteurs et les agricultrices par des formations, des échanges entre agriculteurs et des liens avec les marchés, permettant ainsi aux ménages de voir l’agriculture non seulement comme un moyen de survie, mais également comme un moyen de subsistance durable.

Il se rappelle : « Ils m’ont demandé si j’utilisais des pesticides naturels. Je leur ai répondu que je n’utilisais que de la cendre. Ils m’ont encouragé à approfondir mes connaissances et à considérer l’agriculture comme une activité commerciale et pas seulement comme un moyen de survie. »

Grâce aux formations de terrain, aux ateliers et aux échanges entre agriculteurs organisés par le réseau, monsieur Mbise se mit à imaginer à nouveau son petit lopin comme une entreprise productive et résiliente. Il apprit des techniques pratiques, comme le paillage, pour conserver l’humidité du sol en période sèche, le compostage, pour restaurer la fertilité du sol, et la préparation de vaporisateurs naturels à base de feuilles de neem et de piments, pour lutter contre les organismes nuisibles, sans avoir recours à des produits chimiques.

Ce qui avait commencé comme une initiative personnelle visant à protéger la santé de sa famille s’est transformé progressivement en un modèle d’agriculture durable.

En 2022, monsieur Mbise reçut un soutien supplémentaire de Jimmy Mongi, chef du marketing à MVIWAARUSHA, qui l’a aidé à avoir accès aux marchés locaux. Son exploitation agricole d’un demi-hectare produit maintenant de l’épinard, de l’amarante, du chou vert, du piment, des tomates, des carottes et des légumes locaux.

Il déclare : « J’alterne les cultures et j’enrichis le sol avec du fumier provenant de mes quatre vaches, créant ainsi un cycle durable de fertilité. »

Sa femme, Magreth Anthony Mbise, explique comment ce changement a transformé son ménage.

Elle déclare : « Avant, nous considérions l’agriculture comme un moyen pour nourrir la famille seulement. Maintenant, il s’agit également d’une façon de gagner sa vie, cultiver et contribuer à la communauté. Cette agriculture nous procure une dignité, car nous pouvons procurer des aliments sains, générer des revenus et être fiers de ce que nous produisons. »

Depuis le lancement de projets pilotes en agroécologie en 2020, le Réseau des agriculteurs d’Arusha travaille avec les agriculteurs et les agricultrices d’exploitations familiales, en vue de réduire la dépendance aux intrants chimiques tout en promouvant l’utilisation de ressources disponibles à l’échelle locale.

Jimmy Mongi déclare : « Les résultats étaient encourageants. Les agriculteurs rapportaient des sols plus en santé, une amélioration des rendements et une baisse des coûts de production. »

Flora Godson Shifura, 45 ans, d’Oldonyosambu, dans le district rural d’Arusha fait partie de ces agriculteurs et de ces agricultrices. Pendant des années, elle avait dépendu d’engrais inorganiques coûteux qui avaient progressivement durci son sol et réduit sa productivité. Après avoir participé à des sessions de formation du réseau, elle adopta des pratiques écologiques, telles que le paillage et le compostage. Aujourd’hui, son sol conserve l’humidité plus longtemps, ce qui permet à ses cultures de supporter les vagues de sécheresse.

Elle a également diversifié son exploitation agricole en plantant des moringas et de la luzerne pour fournir du fourrage à ses chèvres et à ses poules, ce qui a renforcé la résilience de l’écosystème de son exploitation.

Elle déclare : « La conservation de nos propres semences protège notre avenir. Lorsqu’une sécheresse survient, nous plantons des cultures qui survivent. Lorsque les ravageurs attaquent, nous avons des variétés qui résistent. Les semences procurent une indépendance et une résilience. »

Des parcelles d’épinard de monsieur Mbise à Arumeru aux champs couverts de paillis de Flora à Oldonyosambu, l’agroécologie continue de prendre de l’ampleur au nord de la Tanzanie. Des rapports nationaux révèlent que des milliers d’agriculteurs et d’agricultrices ont suivi une formation sur les pratiques d’agriculture biologique écologiques depuis 2020, une preuve de l’essor dynamique du mouvement.

Monsieur Mongi conclut : « L’agroécologie est une question d’équilibre. Nous subvenons à nos besoins, mais nous prenons également soin de la terre. Ainsi, la terre prendra soin de nous en retour. »

La présente nouvelle a été produite dans le cadre du projet IRESAP.