Kenya : Des agriculteurs utilisent des arbres fruitiers pour combattre le changement climatique et améliorer leurs moyens de subsistance (IPS)

| janvier 15, 2026

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Nouvelle en bref

En Afrique de l’Est, des agriculteurs et des agricultrices utilisent des avocatiers et des manguiers pour combattre le changement climatique tout en améliorant leurs moyens de subsistance. Un projet de la Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology (JKUAT) et le Centre mondial de l’agroforesterie (ICRAF) a mis au point une formule permettant aux agriculteurs et aux agricultrices de quantifier le carbone que leurs arbres stockent sans avoir à les couper. Selon Shem Kuyah, le chercheur à l’origine de cette formule, celle-ci favorise la plantation d’arbres et l’action climatique.

Sur les terres agricoles rurales d’Afrique de l’Est, les agriculteurs et les agricultrices se lèvent tôt pour s’occuper de leurs vergers, et mesurent soigneusement les troncs des avocatiers et des manguiers. Ces arbres ne sont pas que des sources de nourriture et de revenus. Ils font partie d’une nouvelle stratégie de lutte contre le changement climatique. Grâce à une simple formule d’une équipe de recherche, les agriculteurs et les agricultrices quantifient désormais le carbone que leurs arbres fruitiers stockent, et transforment leur travail quotidien en une contribution directe aux solutions climatiques.

Avec le soutien du Centre mondial de l’agroforesterie, la Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology (JKUAT) a créé ce projet dénommé Fruit Trees for Climate Change Mitigation and Adaptation (Des arbres fruitiers pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique) en Afrique de l’Est. Grâce à une simple formule, les producteurs et les productrices mesurent le tronc d’un arbre pour estimer sa biomasse et le carbone qu’il stocke. Avant, il fallait couper l’arbre, mais, maintenant, ils peuvent quantifier le carbone sans nuire à leurs cultures.

La formule cible les avocatiers et les manguiers, qui sont les variétés les plus courantes dans les systèmes agroforestiers, ce qui encourage les producteurs et les productrices à planter plus d’arbres, en vue d’atténuer le changement climatique. Outre ses avantages pour l’environnement, elle ouvre des portes pour le marché des crédits de carbone, offrant ainsi aux paysans et aux paysannes les moyens de se procurer des rendements financiers. Les crédits de carbone représentent une tonne métrique de CO2 réduite ou retirée de l’atmosphère, ce qui permet aux sociétés et aux gouvernements de compenser les émissions en finançant des projets, tels que le reboisement.

Shem Kuyah est le chercheur à l’origine de la formule et un professeur en agroforesterie à la JKUAT. Il déclare : « Généralement, les forêts constituent la principale source de séquestration du carbone, mais, face à la croissance démographique et à la déforestation, les terres agricoles deviennent des espaces cruciaux pour la lutte contre le changement climatique. Notre but est de former les agriculteurs et les agricultrices et de les sensibiliser au reboisement pour leur permettre de lutter contre le changement climatique. »

Mamadou Bagayoko est le gestionnaire de programme de la direction régionale de la promotion des femmes, des enfants et de la famille. Il déclare : « Apprendre aux agriculteurs à quantifier le carbone de leurs arbres leur procure des connaissances et de l’assurance. Ils peuvent désormais négocier des crédits carbone raisonnables sans perdre leurs cultures. »

Depuis que le Kenya a rejoint le marché des crédits de carbone en 2023, certains agriculteurs et agricultrices peinent à obtenir une rémunération juste. L’équipe de Kuyah forme les paysans et les paysannes et SACCOS à calculer le carbone de façon précise au moyen d’une plateforme Excel, et elle est en train de développer une application pour faciliter encore plus le calcul.

Monsieur Kuyah déclare : « Notre formule est simple. Les agriculteurs mesurent simplement le tronc et inscrivent l’information dans le système. Celui-ci leur indique exactement quelle quantité de carbone leurs arbres stockent. »

En plantant des arbres fruitiers, non seulement les agriculteurs et les agricultrices améliorent leurs moyens de subsistance, mais ils contribuent activement aux solutions climatiques fondées sur la nature, démontrant ainsi comment des initiatives locales peuvent permettre de promouvoir les objectifs mondiaux en matière de climat.

La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par Wilson Odhiambo pour Interpress News Service, intitulé « Farmers Can Now Measure and Benefit From Fruit Tree Carbon Trade. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.ipsnews.net/2025/12/farmers-can-now-measure-and-benefit-from-fruit-tree-carbon-trade/.

Photo : Le chercheur Shem Kuya de la Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology (JKUAT) prélevant un échantillon sur un manguier d’une exploitation du comté de Makueni. Mention de source : Wilson Odhiambo/IPS