Burkina Faso : Des écoles soutiennent les jeunes filles pendant leurs menstrues

09 December 2019
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Il est 10 heures du matin et les élèves s’amusent dans la cour de récréation du Lycée Schorge. Mais une élève de la classe de 4e nommée Sakina Diallo est cachée dans un coin de la classe, ce qui est contraire à ses habitudes. « Le pont est cassé » est un terme utilisé par les filles pour faire allusion à la venue des menstrues.

Heureusement, elle a de l’aide pour gérer ses menstrues. Le Lycée Schorge est une école secondaire de Koudougou, une ville située à 100 kilomètres de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Baslayi Tindano est le directeur de l’établissement. Il déclare : « Nous avons décidé d’acheter les serviettes pour les accompagner. Pour les douleurs, nous avons aussi des produits injectables comme le Spasfon ou par voie orale en fonction de la gravité de la situation. »

Pour décomplexer les filles, monsieur Tindano veille à ce que l’école leur distribue des serviettes hygiéniques et leur prodigue des conseils. Il déclare : « Je leur fais savoir que voir ses menstrues est un signe de fertilité, et qu’elles ne doivent pas en avoir honte [et] j’utilise des termes comme ‘bonbons des filles’ pour designer serviettes à la boutique. »

Atia et Guedalia fréquentent le Lycée Schorge. Elles disent se sentir à l’aise et surtout contentes de savoir que l’établissement fournit des serviettes hygiéniques et des produits pour calmer les douleurs de façon pratique.

Atia a 14 ans. Elle a vu ses premières règles à 12 ans, quand elle était en classe de 6e. Elle déclare : « L’apparition de mes menstrues ne m’a pas choquée parce qu’à l’école on nous avait déjà parlé de cela lors d’une conférence. »

Elle dit ne pas être complexée d’aller demander des serviettes à l’infirmerie.

Le Lycée Schorge n’est pas une exception dans la région. Guedalia a fréquenté le Lycée Saint Joseph Moukassa de Koudougou. Elle dit n’avoir jamais raté de cours à cause des menstrues. Elle explique : « J’ai passé mon premier cycle au Lycée Saint Joseph Moukassa. Là-bas, quand tes menstrues te surprennent au Lycée, tu passes expliquer au secrétariat et on te remet juste une serviette pour tenir jusqu’au retour à la maison. »

Josiane a 18 ans et est en classe de première au Lycée Schorge. Elle affirme avoir vécu deux expériences totalement différentes. Elle a étudié au Lycée provincial de Koudougou pendant son premier cycle. Elle raconte qu’en son temps, le lycée ne disposait d’aucun soutien pour les filles. Elle explique : « Quand ‘le pont d’une camarade se cassait’ par surprise, il n’y avait pas de serviettes pour la secourir. Entre camarades on essayait de se soutenir avec un pagne ou un pull-over pour cacher les taches. »

Mais cette expérience n’est maintenant qu’un mauvais souvenir. Elle raconte : « À présent, je me sens à l’aise au Lycée Schorge. On nous octroie des serviettes gratuitement. »

Cette assistance permet aux filles de mieux se concentrer sur leurs études. C’est également plus hygiénique. L’utilisation de morceaux de tissus ou de garnitures pendant les menstrues expose les filles à d’éventuelles infections.

De plus, les établissements de Koudougou disposent de toilettes séparées pour les filles et les garçons. Cela permet aux jeunes filles de préserver leur intimité pendant leurs règles.

Le directeur du Lycée Schorge est reconnaissant pour les fonds de l’établissement et l’appui de certains partenaires qui lui permettent d’offrir ces services aux filles. Monsieur Tindano déclare : « Nous organisons également des séances de débat sur les questions de sexualité, de menstrues, et avec l’appui de nos partenaires, nous octroyons les serviettes gratuitement aux filles. »

Cette nouvelle a été produite avec l’appui du gouvernement du Canada dans le cadre du projet « Promouvoir la santé et les droits sexuels et reproductifs et la nutrition des adolescents au Burkina Faso » (ADOSANTE). Le projet ADOSANTE est piloté par un consortium formé par Helen Keller International (HKI), Marie Stopes-Burkina Faso (MS/BF), Radios Rurales Internationales (RRI), le Centre d’information de Conseils et de Documentation sur le Sida et la Tuberculeuse (CICDoc) et le Réseau Afrique Jeunesse Santé et Développement (RAJS).