Ghana : Des maraîchères utilisent des téléphones portables pour accéder aux services de vulgarisation agricole et à de meilleurs marchés

24 November 2019
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C’est vendredi et la matinée est déjà chaude. Mais Florence Abaka et des dizaines d’autres maraîchères travaillent dans leurs potagers dans la joie et l’enthousiasme. La végétation de ces potagers est composée de tomates, de poivrons, de choux, de gombos et d’aubergines, tous soigneusement cultivés en rangées.

Ensemble, les femmes de la Vegetable Farmers Association, ou VeFA, ramassent à la main et défrichent les mauvaises herbes poussant le long du chemin étroit qui relient les acres de potagers. Une houe pendant au cou et une bouteille d’eau accrochée à la taille, madame Abakah, 46 ans, raconte que les femmes cultivent des légumes pour surmonter les difficultés qu’elles rencontrent dans la société.

Elle explique : « L’agriculture est la seule activité que nous avons, car nous n’avons pas eu accès à l’éducation formelle. Nos pères nous ont légué l’agriculture… Par conséquent, peu importe la situation, nous devons le faire pour subvenir aux besoins de nos familles. »

Madame Abakah et les autres maraîchères de la VeFA sont originaires d’Assin Homaho, une collectivité agricole du district d’Assin Sud, dans la région du Centre du Ghana. Autrefois, les femmes avaient de faibles rendements. L’absence d’agent(e)s de vulgarisation agricole dans la région avait pour conséquence qu’elles ignoraient les bonnes pratiques agricoles se rapportant aux légumes.

Pour régler ce problème, les maraîchères utilisent maintenant des téléphones portables pour obtenir les conseils des services de vulgarisation agricole du ministère de l’Agriculture pour les activités maraîchères. Elles utilisent également leurs téléphones pour trouver des marchés.

Madame Abakah explique : « Le pouvoir de la téléphonie mobile a permis de résoudre le problème [du] faible ratio d’agents de vulgarisation agricole par rapport aux agriculteurs. Le téléphone portable connecte l’agriculteur à l’agent de vulgarisation et offre des idées concernant le partage de connaissances entre agriculteurs. »

Les membres de la VeFA allient désormais les applications mobiles, la photo, la vidéo et les enregistrements vocaux pour recevoir au quotidien des informations et des mises à jour sur le maraîchage.

Lorsqu’elles n’utilisaient pas de téléphones, ces maraîchères devaient fournir d’immenses efforts pour obtenir des informations. Madame Abakah explique : « Les agriculteurs d’ici devaient parcourir neuf kilomètres à pied pour aller expliquer leurs situations aux agents de vulgarisation et leur demander des conseils concernant ce qui se passait dans leurs potagers. »

Esi Atanfo-Odompo est membre de la VeFA. Selon elle, les téléphones portables facilitent la circulation des informations entre les acteurs du secteur maraîcher et jouent un rôle important dans la commercialisation des légumes, l’accès aux marchés et le versement des paiements.

Madame Atanfo-Odompo déclare : « Grâce … aux services de transfert d’argent par téléphone portable, nous ne transportons plus les produits de nos potagers vers les marchés locaux directement. Nous avisons simplement les acheteurs des quantités de légumes dont nous disposons et du moment où ils pourront les récupérer. Les commerçants envoient immédiatement des camions pour les chercher et transfèrent l’argent par téléphone portable. »

Elle affirme que c’est un moyen plus pratique et moins stressant pour vendre et recevoir des paiements, et que cela limite également les risques et les problèmes de transport.

Jacob De-Graft Sackey est le directeur de district de l’agriculture. À ses dires, le succès que la VeFA a avec les téléphones portables servira de modèle pour sensibiliser d’autres communautés à l’adoption de ces méthodes et accroître la productivité.

Grâce aux téléphones portables, madame Abakah soutient avoir eu une meilleure production et de meilleures ventes la saison dernière. Elle explique : « J’ai vendu plus de 57 sacs de poivrons à 6 096 cedis ghanéens (1 093 $ US) et 70 sacs de choux à 25 396 cedis ghanéens (4 553 $ US) comparativement à ce que j’avais gagné l’année précédente lorsque j’ai vendu 13 sacs de poivrons à 2 034 cedis (365 $ US) et 23 sacs de choux à 8 129 cedis (1 457 $ US). »

La présente nouvelle a été produite avec l’appui financier du gouvernement du Canada fourni par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.