Éthiopie : L’agriculture irriguée aide des agriculteurs à produire plus, même lorsque les pluies sont irrégulières (Institut international pour l’environnement et le développement)

28 October 2019
A translation for this article is available in English

Pendant 12 ans, comme les pluies se raréfiaient, l’agriculteur Shemsu Hussein est passé de l’agriculture pluviale à l’agriculture irriguée intensive à petite échelle, augmentant ainsi considérablement la productivité de sa ferme.

Monsieur Hussein vit à Meskan, à la périphérie ouest de la vallée du Rift, en Éthiopie, à 140 kilomètres au sud de la capitale Addis Abeba. Dans ces régions déjà arides, les températures sont en hausse. Les sécheresses se multiplient et s’allongent. Lorsque les pluies arrivent, elles sont souvent excessives et tombent sous forme de rafales, dégradant la terre et détruisant les cultures sur leur passage.

SOS Sahel Ethiopia est une ONG qui travaille avec les agriculteurs d’exploitations familiales et les éleveurs défavorisés. L’ONG a contacté monsieur Hussein en 2006 et lui a offert une formation sur l’irrigation, des conseils sur les légumes à cultiver et une subvention pour acheter une pompe d’irrigation pour un groupe de cinq agriculteurs. Les membres du groupe utilisent la pompe d’eau à tour de rôle.

Monsieur Hussein déclare : « Avec plus de sources d’eau fiables, j’ai pu passer de la monoculture du maïs à la production d’oignons, de tomates et de choux. Et, au lieu de produire en une seule saison, je produis désormais deux à trois fois par an. Ma récolte globale est six fois plus importante. »

Il affirme avoir été émerveillé lorsqu’il se lança dans l’agriculture irriguée, notamment quand ses revenus augmentèrent grâce à la production de tomates. Il déclare : « J’ai été étonné par la quantité d’argent que je pouvais gagner. C’était presque terrifiant! Maintenant, j’ai suffisamment d’argent pour scolariser mes enfants. »

Son alimentation s’est également améliorée, de même que celle de sa famille. Il explique : « Avant, on mangeait surtout des céréales. Maintenant, nous cultivons une plus grande variété de légumes, alors ma famille mange mieux. J’ai même gagné assez d’argent pour construire une maison en ville. Avec une autre propriété et de l’argent en banque, nos vies sont plus stables qu’il y a 10 ans. »

Un peu plus loin, la coopérative agricole Bekelcha est à l’œuvre. Cette coopérative regroupe plus de 100 membres, dont les agriculteurs Bobas Elku et Teshale Gala. Ils ont commencé à utiliser des systèmes d’irrigation en 2015 et chaque agriculteur de la coopérative irrigue maintenant plus d’un demi-hectare.

Grâce à l’irrigation, les paysans sont maintenant plus occupés. Ils cultivent des légumes toute l’année, car ils ne dépendent plus seulement de l’eau de pluie. Monsieur Elku déclare : « Avant l’irrigation, nous étions au chômage pendant des mois. Les pluies tombaient, mais s’évaporaient rapidement. Depuis que notre coopérative utilise des méthodes d’irrigation, les choses ont changé. Nous cultivons des tomates, des oignons, des poivrons verts, du chou. … Nous sommes occupés! »

L’irrigation comporte des difficultés. Cette méthode pèse lourdement sur la nappe phréatique. Par conséquent, pendant que ces agriculteurs éthiopiens peuvent cultiver plus grâce à un meilleur accès à l’eau, les pressions sur les niveaux de la nappe phréatique peuvent présager des problèmes pour les générations futures.

Cependant, il existe des options. Ato Getachew Eshete est chargé de programme à SOS Sahel Éthiopie. Il a expliqué les pistes possibles pour la restauration de l’eau. Il déclare : « Il s’agit de réalimenter la nappe phréatique et les eaux de rivières et d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau d’irrigation. Pour ce faire, le projet compte réaliser une étude hydrologique dans la région, réhabiliter et restaurer les bassins hydrologiques importants et introduire l’irrigation goutte à goutte. »

La présente nouvelle est adaptée d’un blogue rédigé par Teresa Corcoran pour l’Institut international pour l’environnement et le développement, intitulé « Bright spots of success: local adaptation brings answers to the global climate crisis. » Pour lire l’intégralité du blogue, cliquez sur : https://www.iied.org/bright-spots-success-local-adaptation-brings-answers-global-climate-crisis.