Ouganda : La bonne qualité des sols fait de la pastèque une culture rentable au nord de l’Ouganda

11 Mars 2019
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Il n’est que 9 h du matin, mais le ciel bleu clair indique déjà que ce sera une journée chaude et ensoleillée. La saison sèche a démarré, et Ismail Alex est occupé à arroser les pastèques avec un arrosoir dans son potager d’une acre [un tiers d’hectare]. Il tente de garder le sol humide pour s’assurer que ses cultures poussent bien.

Monsieur Alex explique : « Il vous faut avoir un sol de très bonne qualité si vous voulez que les pastèques poussent bien. Donc, si le sol est sec, il faut prévoir l’arrosage. »

Monsieur Alex vit à Boke, un village du district de Gulu, au nord de l’Ouganda. Il a appris à cultiver la pastèque avec son père. Selon ses dires, pour tirer profit des pastèques, le producteur ou la productrice doit adopter de bonnes pratiques agricoles.

Il ajoute que, si le sol est fertile, une semaine suffit aux semis pour germer. Il précise que le sarclage doit commencer trois semaines après la germination. Lorsqu’on les entretient bien, les plants commencent à produire des fruits un mois après la germination.

Autrefois, on trouvait rarement des pastèques dans les supermarchés et les magasins du district de Gulu. Mais les choses ont changé. On trouve ce fruit dans beaucoup d’endroits, y compris au bord des routes, et beaucoup d’agriculteurs et d’agricultrices commencent à en cultiver.

Monsieur Alex vend ses pastèques au marché de Cereleno, dans la localité de Gulu. Il vend l’unité à 3 000 shillings ougandais (0,81 $ US) environ et gagne près de 3 500 000 shillings ougandais (940 $ US) par an. Il a commencé à cultiver la pastèque en 2016, et soutient que l’augmentation de son revenu fait de lui un homme heureux. Il ajoute : « En moyenne, je gagne 100 000 à 200 000 shillings ougandais (27 $ à 54 $ US) par jour. »

Joyce Atim est une cultivatrice de pastèque qui vit dans le village d’Unyama, toujours dans le district de Gulu. Madame Atim s’est lancée dans cette culture il y a trois ans et demi à cause de la forte demande sur le marché. Elle a appris les méthodes de culture auprès de membres de sa famille.

Selon elle, même si la production de la pastèque est une activité rentable, ce n’est pas une entreprise de tout repos. Outre la nécessité d’avoir une quantité suffisante d’eau et une bonne terre, les producteurs et les productrices doivent également pulvériser régulièrement des pesticides pour tuer les organismes nuisibles tels que les mouches mineuses des feuilles et les altises. Elle affirme qu’ils dépensent 300 000 à 1 000 000 shillings ougandais (81 $ à 268 $ US) pour lutter contre les organismes nuisibles.

Aux dires de madame Atim, les semences coûtent cher. Le paquet d’un demi-kilogramme de semences de pastèque coûte environ 300 000 shillings ougandais (81 $ US).

Alex Wabutambi cultive la pastèque à Bibia, dans le district d’Amuru, au nord de l’Ouganda. Pour réduire ses dépenses relatives à la lutte contre les ravageurs, il préfère cultiver la pastèque en saison sèche avec l’arrosage, car, en ce moment, les ravageurs sont moins nombreux qu’en saison pluvieuse.

Monsieur Wabutambi déclare : « En saison sèche, ça coûte moins cher de combattre les ravageurs et les fruits sont plus sucrés et de meilleure qualité. »

Turyagyenda Laban Frank est le directeur du Ngetta Zonal Agricultural Research and Development Institute. Monsieur Frank recommande de planter la pastèque sur un sol limoneux fertile lorsque la température varie entre 70 et 80 degrés Fahrenheit (21 à 27 degrés Celsius). Il ajoute : « Les producteurs devraient maintenir des niveaux d’eau suffisants et éviter que l’eau stagne dans le potager, car cela pourrait diluer la teneur en sucre de la pastèque. »

Il précise que les cultivateurs et les cultivatrices devraient utiliser les pesticides recommandés contre les ravageurs. Il explique : « Vous devez acheter les pesticides autorisés par le gouvernement pour vos cultures, chez les fournisseurs certifiés, car certains pesticides peuvent être dangereux pour la vie humaine et demeurer actifs dans les végétaux pendant [une] longue période. »

Les bénéfices que réalise monsieur Alex grâce aux pastèques lui ont permis d’améliorer sa qualité de vie. Depuis qu’il s’est lancé dans cette culture il y a trois ans, il a acheté six vaches et quatre chèvres et s’est diversifié dans des cultures comme les oignons et le maïs. La vente de la pastèque lui a permis de démarrer la construction d’une maison.