Éthiopie : Les agriculteurs sèment tard, démarrent tôt la surveillance pour combattre la légionnaire d’automne

27 August 2018
A translation for this article is available in Amharic English

Même avec une terre fertile, Berhanu Gebremichael s’inquiète pour son avenir dans l’agriculture. L’homme de 35 ans cultive du maïs sur deux hectares. Il vit à Chena, un village de la Zone de Keffa, dans l’État régional du sud de l’Éthiopie.

Récemment, les légionnaires d’automne ont attaqué son champ, menaçant ainsi de détruire sa principale source de nourriture et de revenus.

Monsieur Gebremichael affirme qu’il se bat pour protéger ses plants de maïs contre l’épidémie de légionnaires d’automne. Ces ravageurs ont réduit sa récolte l’an dernier, de sorte qu’il lui fut difficile de subvenir aux besoins quotidiens de sa famille de cinq personnes.

Il explique : « J’avais l’habitude de récolter sur un hectare 36 quintaux [1 762 kilogrammes] de maïs, qui me rapportaient chaque année environ 288 000 birr [10 540 $ US]. Mais, en 2017, mes revenus ont diminué de moitié à cause de l’invasion de la légionnaire d’automne. »

Pour faire face à la légionnaire d’automne, monsieur Gebremichael et d’autres agriculteurs et agricultrices ont semé tardivement le maïs dans le but d’éviter le ravageur. Ils ont semé vers avril pour éviter la période de décembre à février où la légionnaire d’automne attaque et détruit les cultures.

Il explique : « Pour éviter l’épidémie de légionnaire d’automne, nous semons [maintenant]. Ce n’est pas une saison durant laquelle nous devons semer, mais c’est plutôt une saison où nous devons récolter. La période de décembre à février est une période vitale pour semer le maïs, mais nous semons en mars et avril. »

Zebdewos Selato est le directeur de la Direction de la protection des végétaux du ministère de l’Agriculture et des Ressources animales d’Éthiopie. Selon lui, depuis la découverte du ravageur en Éthiopie en mars 2017, celui-ci attaque les cultures de maïs et est difficile à dénicher et à combattre.

Monsieur Selato soutient que le risque avec la légionnaire d’automne c’est qu’elle attaque une grande région et est très difficile à contrôler à la main. Il affirme que c’est une perte de temps pour les paysans et les paysannes d’éliminer les plantes touchées en vue de lutter contre le ravageur.

Il conseille aux agriculteurs et aux agricultrices de faire de leur mieux pour dénicher la légionnaire d’automne tôt. S’ils réalisent que leurs plants de maïs sont très infestés, ils doivent, soit ramasser les ravageurs à la main, soit utiliser des pesticides.

Monsieur Selato ajoute que le gouvernement envoie des agent(e)s de vulgarisation agricole dans les régions touchées par la légionnaire d’automne. Ces agent(e)s aideront les paysans et les paysannes à détecter le ravageur, et, en fonction du degré d’infestation, ils l’écraseront avec la main ou les agent(e)s fourniront des pesticides aux paysans et aux paysannes.

Amenti Chali est le spécialiste national des productions végétales pour un projet sur la chaîne de valeur de Feed the Future. À ses dires, la légionnaire d’automne est devenue un problème national, et il est important de sensibiliser les gens sur les moyens de lutte contre elle.

Le projet sur la chaîne de valeur de Feed the Future diffuse des émissions radiophoniques sur les techniques de lutte contre la légionnaire d’automne en collaboration avec le gouvernement éthiopien et les stations de radio des états régionaux d’Oromia, du Sud, Amhara et du Tigré.

Monsieur Chali déclare : « Déjà en 2018, des indices démontrent que la légionnaire d’automne a touché … des états en proie à la sécheresse. Différents programmes de sensibilisation incluant des émissions radiophoniques doivent être exécutés pour empêcher la légionnaire d’automne d’endommager les cultures de maïs. »

Il recommande aux agriculteurs et aux agricultrices d’utiliser une combinaison de mesures pour contrer ce ravageur. Il explique : « Combattre la légionnaire d’automne nécessite l’intégration de différentes pratiques, notamment la lutte antiparasitaire intégrée qui consiste en un mélange de méthodes de lutte culturelles, une utilisation sécuritaire des pesticides, une lutte biologique et une utilisation de variétés de maïs résistantes. »

Monsieur Chali affirme que les agriculteurs et les agricultrices doivent être prudents lorsqu’ils combattent la légionnaire d’automne, car, outre le maïs, ce ravageur attaque des cultures comme la banane, le sorgho, le blé et le tef.

Monsieur Gebremichael soutient que la légionnaire d’automne peut causer des dégâts dévastateurs et, à cet effet, il sera toujours aux aguets pour surveiller son champ afin de détecter le ravageur de plus tôt possible.

Il déclare : « La saison dernière, la légonnaire d’automne a sérieusement endommagé mes cultures de maïs, mais pour la saison qui vient, elle touchera [seulement] une petite partie de ma terre. Je m’apprête à utiliser des pesticides, avec l’aide des agents de vulgarisation du gouvernement, pour protéger mes cultures. »

Cette nouvelle a été produite avec l’appui du projet sur la chaîne de valeur de l’initiative Feed the Future-Éthiopie de l’USAID dans le cadre du projet « ICT-enabed Radio Programming on Fall Armyworm (FAWET)».