Sénégal : De jeunes citadins trouvent de l’emploi en vendant du riz local

04 June 2018
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Dioule Gueye est assis sur le plancher de son grand magasin, le visage noir, foncé, très jovial, encadré par un bonnet aux couleurs du drapeau sénégalais. Le magasin est rempli de sacs contenant différentes variétés de riz. Cet homme d’affaires de 30 ans vend du riz à Dakar, la capitale sénégalaise, depuis qu’il a quitté les bancs à 12 ans.

Bien que des heures de route le séparent des rizières du nord du Sénégal, monsieur Gueye et d’autres jeunes citadin(e)s ont trouvé du travail en transportant et en vendant cette denrée de base.

La première boutique de monsieur Gueye avait une surface de neuf mètres carrés dans un quartier populaire de Dakar. Là-bas, il vendait du riz cultivé dans la région de Saint-Louis, au nord du Sénégal. Toutes les deux semaines, monsieur Gueye louait un camion à 60 000 francs CFA (107 $ US) et parcourait 270 kilomètres pour aller s’approvisionner. Pendant son absence, un jeune ami s’occupait du magasin.

Monsieur Gueye travaillait 14 heures par jour pendant deux ans pour pouvoir soutenir sa famille et agrandir son commerce. Il voulait pouvoir acheter et vendre d’autres variétés de riz que ces clients aiment. La variété du riz local est très prisée à Dakar, mais plusieurs client(e)s préfèrent les variétés importées.

Dioule Gueye déclare : « Malgré ses qualités nutritives, le riz local tarde à être bien adopté par nos concitoyens. Bien que le riz importé coûte plus cher, les sénégalais le préfèrent parce que c’est plus facile à préparer. Alors que le riz local est plus nutritif. »

Seuls quelques-uns des grands magasins de la ville vendent le riz local, par conséquent, les client(e)s ignorent qu’il est disponible. Monsieur Gueye profite des foires agricoles et alimentaires pour promouvoir son riz local.

À sa quatrième année de commercialisation du riz, monsieur Gueye avait économisé assez d’argent pour ouvrir un grand magasin plus grand où il vend du riz à moindre coût à d’autres commerçant(e)s.

Monsieur Gueye déclare : « Depuis que j’ai commercialisé ce riz, j’ai vu mon quotidien changer de manière considérable. Avec les revenus tirés de la vente du riz, j’ai pu financer mon grand projet d’installation d’une ferme avicole où j’ai placé des membres de ma famille qui n’avaient pas de travail. »

Samba Diagne est un élève de 19 ans qui profite de ses heures perdues pour vendre du riz provenant de l’exploitation de sa famille. Monsieur Diagne est natif de Waalo, une région productrice de riz située au nord-ouest du Sénégal, mais il vit avec de la famille à Dakar. En fonction de la préférence de ses client(e)s, il vend aussi bien du riz entier que de la brisure de riz.

Toutefois, monsieur Diagne souhaite transformer son riz, et pas le vendre uniquement.

Il déclare : « En analysant bien l’habitude de mes clients, je pourrais même monter une unité de transformation du riz et ainsi faire des céréales pour créer une valeur ajoutée. Cela pourrait être un bonus. Après mes études, je vais aller apprendre comment faire des céréales à base du riz que ma famille produit. »

En ce moment, le principal défi de monsieur Diagne, c’est de trouver un équilibre entre ses études et son emploi de vente de riz. Mais il ajoute qu’il n’aurait même pas pu étudier s’il ne travaillait pas dans l’entreprise familiale de production de riz.

Il ajoute : « La vente du riz m’a toujours permis durant les grandes vacances de faire assez de profits et de pouvoir payer mes frais de scolarité, des fournitures et des vêtements et de pouvoir m’assurer une année scolaire paisible. »

Ibrahima Ly est le coordonnateur de la Plateforme des initiatives du Nord, une organisation sénégalaise qui a pour mission de contribuer à la sécurité alimentaire par la promotion du riz local.

Monsieur Ly affirme que les autorités sont en train de faire des efforts pour soutenir les riziculteurs et les rizicultrices en promouvant le riz local dans les villes.
Il déclare : « Des perspectives positives se dessinent pour le riz local; il se vend bien, car beaucoup d’efforts ont été faits dans le sens d’améliorer sa qualité, ce qui fait qu’il est de mieux en mieux apprécié par les consommateurs urbains. »

Khaly Fall est un volontaire d’Uniterra basé à Dakar, au Sénégal. Uniterra, un programme mis en œuvre par le consortium CECI-EUMC, travaille au Sénégal avec des partenaires locaux des sous-secteurs du riz, de l’arachide, de l’aviculture et du maraîchage en vue d’aider les jeunes et les femmes à avoir accès à de meilleures opportunités économiques. L’objectif est de renforcer le pouvoir économique des femmes et des jeunes en développant leur esprit entrepreneurial. Le programme Uniterra a soutenu financièrement et techniquement la production de la présente nouvelle.

LE CECI et l’EUMC bénéficient du soutien financier du gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca. Pour avoir de plus amples renseignements, vous pouvez suivre Uniterra Sénégal sur Facebook à facebook.com/cecisenegal.