Tanzanie : Des agriculteurs délaissent les variétés locales au profit des variétés améliorées de haricot pour augmenter leur production et gagner plus d’argent

08 May 2017
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Le village de Bashay est niché dans une grande vallée de 1 500 km2. Apolinari Haari est un agriculteur de 35 ans qui cultive du haricot là, juste à l’extérieur de la ville de Mbulu, au nord de la région de Manyara, en Tanzanie.

Autrefois, M. Haari cultivait des variétés locales de haricot, mais il y a deux ans il s’est tourné vers les variétés améliorées. Il est heureux parce que ses récoltes sont plus consistantes que lorsqu’il utilisait des semences locales. Il dit qu’il plantait les semences locales, car il n’avait aucun autre choix. Les agriculteurs et les agricultrices de sa région ne connaissaient pas les semences améliorées de haricot, et, par conséquent, ils conservaient les semences pour la prochaine période de semis. M. Haari explique : « On cultivait une [sorte de] semence pendant cinq saisons agricoles environ. On récoltait et faisait sécher les graines, et on les semait encore et encore. … On n’était pas au courant des semences améliorées de haricot, et ces semences n’existaient pas dans notre village. »

Mr. Haari a appris l’existence des semences améliorées grâce à l’agent de vulgarisation agricole, Elifadhili Manahiri. M. Manahiri a organisé une rencontre avec les producteurs et les productrices de la région pour leur expliquer les avantages des semences améliorées.

Mr. Haari déclare : « La récolte est bonne. Si vous entretenez le champ, vous obtiendrez cinq à huit sacs de 100 kilogrammes avec une acre. »

Mr. Manahiri soutient que plusieurs agriculteurs et agricultrices se sont tournés vers les semences améliorées lorsque le gouvernement et l’Institut de recherche Seliani ont commencé à promouvoir ces variétés, dont la Lyamungo 90, la Jeska et la Seliani 94.

Les variétés améliorées peuvent rapporter cinq à huit sacs de 100 kilogrammes à partir d’un champ d’une acre, contrairement aux semences locales qui produisent juste deux sacs. Elles sont adaptées à la sécheresse, résistent aux maladies et produisent des graines dont la taille est uniforme, ce qui les rend attrayantes sur le marché.

Bien que les variétés améliorées soient plus productives, elles doivent être utilisées une seule fois. Cela signifie les cultivateurs et les cultivatrices doivent acheter de nouvelles semences chaque saison.

Certains d’entre eux replantaient les semences améliorées après les récoltes, mais n’obtenaient pas de bons résultats. Parfois, ils peinaient à trouver des semences améliorées au marché. Peut-être qu’ils ignoraient aussi qu’il ne fallait pas réutiliser lesdites semences. À la fin, les agriculteurs et les agricultrices récoltaient seulement deux ou trois sacs avec les semences améliorées replantées, et les plants de haricots devenaient vulnérables aux attaques d’organismes nuisibles.

Rose Wema, mère de deux enfants, vit et cultive à Bashay. Elle a eu connaissance des semences améliorées de haricot lors d’une visite chez sa sœur à Arusha, à 180 kilomètres, à l’est de Mbulu. Elle est heureuse de pouvoir planter des semences améliorées parce qu’elles produisent plus et disposent d’un bon marché.

Elle ajoute : « Cela fait seulement deux ans que nous avons commencé à cultiver les semences améliorées de haricot. [Les] plantes sont belles à voir dans le champ et même les clients au marché aiment les acheter. »

Ce travail a été réalisé grâce à une subvention du Centre de recherches pour le développement international, à Ottawa, au Canada. www.idrc.ca, et avec le soutien financier du gouvernement du Canada, octroyé par l’intermédiaire d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca.