Tanzanie : Les semences améliorées augmentent les récoltes de soja malgré la sécheresse

30 January 2017
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Le temps sec persiste depuis des mois, mais la fin de semaine pluvieuse suscite les chants de louanges chez Braunesi Chegula.

Cette cultivatrice de céréales de 44 ans vit à Wanging’ombe, un village de la région de Njombe, en Tanzanie, dans la région des Hautes Terres, au sud du pays. Mme Cheluga et ses collègues de la région n’ont jamais subi une si longue sécheresse. Elle s’inquiétait pour son champ d’une acre et demie.

Le visage illuminé d’un large sourire, elle est assise sur un tabouret, avec à ses côtés un grand sac en plastique contenant du soja. Munie d’un récipient en plastique, elle prélève environ un kilogramme de soja qu’elle verse dans un plat vide déposé sur la table située à côté d’elle.

Elle déclare : « Le ciel a déversé la pluie dont nous avions tant besoin. Je dois tout apprêter pour les semis, lundi. »

Le soja a transformé la vie de nombreux agriculteurs et agricultrices de cette région. Plusieurs habitant(e)s de cette région tempérée et vallonnée des Hautes Terres produisent de plus en plus ces fèves comme une culture commerciale. Le soja rend les sols plus fertiles, permet aux gens d’avoir un revenu plus consistant, en plus d’être une source de protéines pour les populations et les animaux domestiques.

L’absence de pluies menaçait sa récolte, mais Mme Chegula demeure confiante, car elle utilise des semences améliorées. Elle raconte : « Ces semences ont démontré leur capacité à résister à la sécheresse et à pousser plus rapidement, et mieux encore, leur rendement est plus élevé. »

La nouvelle variété de soja est produite par l’Institut de recherche agricole d’Uyole, à 160 kilomètres du village, et est disponible à Makambako, la ville la plus proche. Le kilogramme coûte entre 2 000 et 3 000 shillings tanzaniens (0,88 $ et 1,31 $US).

Mme Chegula affirme qu’en dépit des pluies tardives, elle ensemencera son champ d’une acre et demie uniquement de soja. Elle espère récolter 200 000 kilogrammes de soja grâce aux informations agricoles diffusées à la radio.

Elle explique : « Au début, je n’ai semé qu’un kilogramme, et j’ai récolté 30 kilogrammes. Durant cette période, je n’ai utilisé ni pesticide ni engrais. Maintenant, j’ai de l’engrais et des pesticides … que je vais mélanger avant de semer les graines …. Sinon, je n’obtiendrai pas ce que je veux. »

Mme Chegula n’a eu aucun problème avec les organismes nuisibles. Par contre, Dani Lungo dit qu’en 40 ans d’activité agricole, ces organismes ont toujours été un gros problème pour lui. M. Lundo est un agriculteur d’exploitation familiale du village d’Utiga, situé aussi dans la région de Njombe.

Il affirme que le marché du soja se porte bien. Il explique : « Je reçois des commandes de soja des [régions] d’Iringa, de Mbeya et de Morogoro …. Je vais encore chercher plus de marchés, soit à Dar es Salaam, soit à l’étranger. Mais je vends aussi à d’autres commerçant(e)s et cela me rapporte de l’argent. »

M. Lungo s’occupe de huit personnes, dont cinq enfants et trois orphelin(e)s qu’il a adoptés, et tous vont à l’école. Il nourrit sa famille et paie les frais de scolarité grâce aux bénéfices que lui rapporte l’agriculture.

Cependant, la sécheresse, le prix élevé des semences de soja et les informations contradictoires des agent(e)s de vulgarisation agricoles créent quelques problèmes.

M. Lungo explique que certains agent(e)s de vulgarisation agricoles continuent d’affirmer que les engrais chimiques ont des effets nuisibles sur le sol et les êtres humains. Ils conseillent l’utilisation d’engrais fabriqués à partir de déchets animaux. Cependant, d’autres agent(e)s de vulgarisation agricole réfutent ces arguments, affirmant que les engrais chimiques peuvent être très efficaces. M. Lungo déclare : « Cela embrouille généralement les agriculteurs et les agricultrices. »

Deo Msemwa supervise les opérations de Farm Inputs Promotion Services Africa, une organisation qui forme les conseillers et les conseillères agricoles villageois. Il soutient que la nouvelle variété améliorée de soja permettra aux agriculteurs et aux agricultrices de surmonter les problèmes tels que les maladies et la sécheresse, et elle résiste mieux à ces difficultés.

M. Lungo ajoute que même s’il s’attend à ce que les organismes nuisibles prolifèrent en raison du manque de pluie : « Grâce aux semences améliorées et à la disponibilité des pesticides, j’espère avoir une bonne récolte. »

This work was carried out with the aid of a grant from the International Development Research Centre, Ottawa, Canada, www.idrc.ca, and with financial support from the Government of Canada, provided through Global Affairs Canada, www.international.gc.ca