Ouganda : Un agriculteur améliore la fertilité de son sol grâce au soja

30 January 2017
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Comme plusieurs agriculteurs et agricultrices du nord de l’Ouganda, James Ojede trouve les engrais chimiques très coûteux. Toutefois, sa terre était devenue infertile et ne produisait plus. Tous ses espoirs s’étaient envolés, et il avait fini par conclure que sa terre resterait infertile pour toujours.

M. Ojede cultive dans le village d’Awaka, dans le district d’Oyam, au nord de l’Ouganda. Il cultivait du riz de montagne, du maïs et du tournesol, mais a dû se contenter de maigres récoltes et revenus pendant un certain nombre d’années, et n’avait pas les moyens d’acheter des engrais chimiques.

Toutefois, sa situation a changé, et M. Ojede gagne un bon revenu après avoir amélioré la fertilité de son sol en cultivant des légumineuses.

En 2015, M. Ojede a participé au projet N2Africa réalisé par Vision mondiale. Durant ce projet, M. Ojede a reçu une nouvelle variété de soja surnommée Maksoy 5N. En outre, il a suivi une formation sur la technique d’espacement des rangées de soja durant les semis. Il affirme que le projet l’a encouragé à cultiver du sorgho et se servir de légumineuses, telles que le soja, pour fixer l’azote dans le sol.

Il ajoute : « Cela m’a aidé à améliorer la fertilité de mon champ. En un an, la fertilité de la terre de mon champ a commencé à s’améliorer. »

L’an dernier, M. Ojede a enregistré une récolte exceptionnelle et est désormais un homme heureux. Il déclare : « En 2016, après avoir semé du soja sur ma terre [d’un] hectare, j’ai récolté trois tonnes au maximum, ce qui représente une hausse de plus d’une tonne [par rapport à 2015]. »

M. Ojede a appris que les légumineuses captaient l’azote atmosphérique et le fixait dans le sol grâce aux bactéries présentes dans les nodules de racines. Dans sa région, les sols manquent d’azote surtout parce que les agriculteurs et les agricultrices n’alternent pas les cultures ou ne fournissent pas de nutriments à leurs terres.

Selon Mary Adongo, un résident de la municipalité d’Apac, la production de légumineuses lui permet d’améliorer l’alimentation de sa famille. Elle déclare : « Comme notre terre est désormais fertile, nous avons suffisamment de nourriture pour nos enfants et nous pouvons aussi vendre [l’excédent]. » Ce revenu supplémentaire implique qu’ils peuvent acheter de la viande et du poisson pour enrichir leur régime alimentaire.

Aron Othieno travaille comme agronome-pédologue au nord de l’Ouganda. Il soutient que la production de milliers d’agriculteurs et d’agricultrices suffit à peine pour leurs besoins alimentaires, et qu’ils n’ont rien de plus à vendre, essentiellement en raison des sols infertiles. Il ajoute : « En plus d’avoir des sols infertiles, nos agriculteurs et nos agricultrices cultivent de mauvaises variétés aux rendements très faibles. L’autre problème, c’est qu’ils n’ont pas vraiment accès aux marchés. »

M. Ojede est l’un des nombreux producteurs et productrices à profiter de la culture des légumineuses. Il déclare : « La production du soja a considérablement augmenté mes revenus. Au cours de la dernière saison, j’ai eu 920 000 shillings [253 $US]. Mais, autrefois, je gagnais peu d’argent. »