Kenya : Des coopératives de femmes offrent une aide sous forme de microcrédits pour alléger le fardeau imposé par le VIH (IPS)

05 September 2016
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Dorus Auma tresse aisément un beau panier avec des feuilles de sisal pendant qu’elle gravit un sentier sinueux qui mène à une colline. La femme de 73 ans a terminé ses travaux champêtres plus tôt aujourd’hui, car elle doit assister à une rencontre d’un groupement féminin.

Vous pouvez reconnaître les membres du Groupement féminin Kagwa par leurs robes de couleur bleu ciel et leurs foulards soyeux. Ces femmes vivent dans la contrée la plus éloignée du comté de la baie de Homa, à l’ouest du Kenya, le long des côtes du lac Victoria.

C’est la région du Kenya où le taux de prévalence de VIH est le plus élevé, avec environ 25 pour cent des habitants qui en sont infectés. C’est la raison pour laquelle cette association féminine a été formée. Mme Auma s’est jointe au groupe en 2008 pour recevoir une aide après la mort de trois de ses enfants, qui lui ont laissé trois petits-enfants sur les bras.

Mme Auma déclare : « Le VIH et le Sida m’ont dérobé mes trois enfants, me laissant trois enfants fragiles dont il faut que je m’occupe. »

Les 28 membres du Groupement féminin Kagwa s’entraident à travers un programme de microcrédits dénommé « tontine ». Le groupe accorde des prêts à chaque membre du groupe de manière rotative. Les prêts sont annuels, et doivent être remboursés avec un intérêt d’un pour cent.

Les femmes reçoivent également le soutien d’ONG qui leur apprennent des techniques d’épargne et de gestion des prêts pour permettre à la coopérative de fonctionner comme une banque rurale. Les femmes gagnent de l’argent en tressant des cordes, des paniers et des nattes. Elles épargnent ces revenus et les offrent sous forme de prêts aux membres du groupement.

Jedidah Mwenda est un spécialiste qui travaille au APHIA II Plus, un projet financé par des donateurs. Il explique : « Lorsqu’elles se réunissent le jeudi, elles rassemblent toutes leurs contributions matérielles. Elles envoient un de leurs membres vendre leurs produits au marché local, situé à 61 kilomètres. »

Comme le groupe ne dispose d’aucun endroit pour garder l’argent, tous les bénéfices sont prêtés à un membre du groupe.

Mme Auma a utilisé son prêt pour mener des activités agricoles afin d’avoir de quoi nourrir ses petits-enfants. En retour ils l’aident à tresser des paniers.

Au début, les femmes du comté de la baie de Homa hésitaient à adhérer à une association de personnes victimes du VIH en raison de la stigmatisation liée à cette maladie. Toutefois, l’adhésion est payante pour les membres du Groupement féminin Kagwa.

Rose Anyango est travailleuse sociale dans le comté. Elle donne des formations en santé et en nutrition au groupement, ainsi qu’aux associations d’élèves. Elle déclare : « Les femmes et les enfants réagissent bien et la stigmatisation a disparu. Grâce aux épargnes et aux crédits villageois, elles parviennent à nourrir leurs enfants et à les éduquer. »

Pour lire l’intégralité de l’article duquel s’inspire cette histoire intitulée « Des coopératives féminines allègent le fardeau des personnes séropositives au Kenya, » cliquez sur : http://www.ipsnews.net/2016/06/womens-cooperatives-ease-burden-of-hiv-in-kenya/

 

Photo: Dorus Auma tresse aisément un beau panier avec des feuilles de sisal / credit Charles Karis, IPS