Côte d’Ivoire: Un ancien producteur de cacao trouve son bonheur dans l’apiculture

| février 1, 2016

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Marcellin Yao Yao dit à qui veut l’entendre qu’il doit sa vie aux abeilles. Chaque jour, l’apiculteur de 50 ans, saute sur sa moto ou marche se rendre à son rucher, situé à l’extérieur du village de Soungassou, dans la partie Centre-Est de la Côte d’Ivoire.

Vêtu d’une combinaison blanche de protection qui lui couvre tout le corps, Monsieur Marcellin scrute les ruches, les nettoie et les replace. Ce matin, il est satisfait.   Il explique : « Ce soir, je pourrai une fois la nuit tombée, venir cueillir ce miel».

Si Monsieur Marcellin se considère un connaisseur d’abeille, mais cela n’a pas toujours été le cas. Comme beaucoup agriculteurs dans son village, il a été pendant de longues années un producteur de cacao. Mais la sécheresse qui est particulièrement grave dans cette partie de la Côte d’Ivoire a nuit à sa production de cacao. De nombreuses familles ont préféré migré vers l’ouest du pays, mais M. Yao Yao est resté à Soungassou. Il a abandonnéle cacao et a essayé de produire  l’igname et le maïs. Mais ses récoltes suffisaient à peine pour nourrir sa famille.

En 2008, Monsieur Marcellin fait une rencontre fortuite qui va changer le cours de sa vie. Il explique : « On était assis dans le village et un Israélien nommé Basmont Mondo est venu vers nous. Il faisait le tour des villages pour proposer du matériel apicole : enfumoir, lève-cadre, maturateur pour le traitement et le conditionnement du miel. Il nous parlait également de l’apiculture ».

Après cette rencontre, M. Yao Yao cherche à en savoir plus sur l’élevage des abeilles. Il se rend au siège de l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural situé à Dimbokro, à 12 kilomètres du village. Il y reçoit une formation de base, des conseils et encouragements. Il reçoit aussi un coup de pousse d’un de ses frères qui offre de lui acheter 200 ruches. Dès la première année, il récolte environ 250 litres de miel. En vendant le litre à 1500 F CFA ($2,50 US), il gagne environ de 375 000 F CFA ($620 US).

Marcellin Yao Yao

Marcellin Yao Yao. Credit: Issiaka N’Guessan

Il se rappelle : « Tout le village était émerveillé par mon [succès]. On réalisait tous que les abeilles étaient [la source de mon revenu], de bons amis qui venaient de me sauver face à la situation difficile dans ma famille ».

Le succès de M. Yao Yao a encouragé beaucoup d’autres agriculteurs du village à se lancer dans l’apiculture, y compris Mathias Konan, un agriculteur de 46 ans. M. Konan dit : «  J’ai vu ce que rapporte le miel avec Marcellin, donc je me suis lancer aussi dans ça. J’ai commencé avec quatre ruches. Aujourd’hui, j’en ai 25. Les revenus de la vente du miel m’aident beaucoup à améliorer le quotidien de ma famille ».

Justin N’guessan, un autre producteur du village, s’est aussi lancé dans l’apiculture avec succès. Il dit : « Avec mes 30 ruches, je récolte toute l’année. Après deux années de production, j’ai pu construire une maison. Aujourd’hui le litre est vendu à 2500 F CFA ($4 US)».

M. Yao Yao, il se souvient exactement de qu’il a fait des bénéfices de sa première récolte de miel. Il se rappelle : « Avec l’argent que j’ai gagné avec la première récolte, j’ai assuré leur scolarité [de mes enfants]. Aujourd’hui, [ma fille] est devenue institutrice et me soutient […] Les abeilles, je leur dois ma vie ».

M. Yao Yao forme d’autres producteurs dans le village qui s’intéressent à l’apiculture. Mais l’agriculteur ne compte pas en rester là. Il veut mettre en place un centre de réinsertion sociale des jeunes à travers l’apiculture.