Malawi : Une radio communautaire aide les agricultrices et les agriculteurs à assurer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle

25 Janvier 2016
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Enfant, le fils aîné d’Enelesi Nkhoma paraissait très frêle. Il maigrissait beaucoup, et était souvent malade. Ses jambes et ses pieds étaient enflés, et il avait la diarrhée et le paludisme. Toutefois, la mère de trois enfants ignorait que son fils de 15 ans souffrait de malnutrition. Les membres de sa famille avaient toujours pour repas du nsima (farine de maïs blanc écrasé et préparé) accompagné de moutarde, de feuilles de potiron ou de haricots, et ne mangeait rien d’autre à part ça. La famille consommait de la viande ou du poisson une fois par mois.

Puis, en 2014, Mme Nkhoma s’est mise à écouter une émission radiophonique où il était question de l’importance de consommer des aliments de chacun des six groupes alimentaires. L’émission a transformé sa vie, et par la même occasion celle de ses enfants.

Mme Nkhoma vit à Chiyanila, un village du district de Kasungu, à environ 110 kilomètres au nord de Lilongwe, la capitale malawite. Ses enfants, en particulier son premier-né, étaient souvent malades. Ce dernier s’absentait des cours, avait de mauvaises notes, échouait à ses examens, et a dû redoubler certaines classes.

En écoutant la radio, Mme Nkhoma a appris que les agricultrices et les agriculteurs pouvaient souffrir de malnutrition lorsqu’ils n’avaient pas un régime alimentaire équilibré composé d’aliments des six groupes, dont les aliments de base, les légumineuses et les noix, les fruits, les huiles et les matières grasses, les aliments d’origine animale et les légumes.

Mme Nkhoma reconnaît que la radio communautaire Maziko a aidé sa famille et d’autres agricultrices et agriculteurs locaux à cultiver et consommer des fruits et des légumes, en plus de leur permettre d’élever et consommer des aliments d’origine animale. Elle déclare : « Le problème, c’est que nous avons peu, voire aucun(e) agent(e) de vulgarisation dans notre région, et nous avions l’habitude de cultiver sans tenir vraiment compte de l’aspect nutritionnel. »

En 2014, les agricultrices et les agriculteurs ont formé des clubs d’écoute radiophonique et ont reçu des postes de radio offerts par la radio communautaire Maziko. Mme Nkhoma affirme que ce sont les clubs qui ont permis aux agricultrices et aux agriculteurs de diversifier leurs cultures et de commencer à varier leur alimentation.

Tesha Segula anime l’émission Maziko Athanzi (Fondement pour une bonne santé) à la radio communautaire Maziko. Elle raconte : « Dans cette émission, nous expliquons des thèmes axés sur la nutrition, la santé et l’assainissement, dont nous discutons avec les agricultrices et les agriculteurs, car nous avons observé un taux de malnutrition très élevé dans la région. » Plusieurs agricultrices et agriculteurs du district de Kasungu ont amélioré leurs pratiques agricoles, leur hygiène et leurs habitudes alimentaires après avoir écouté l’émission.

Maria Phiri, cultivatrice dans le village de Chilowa, tire profit de l’émission. Elle explique : « Le club se réunit tous les lundis, à 15 h 30 pour écouter Radio Maziko. Nous pouvons envoyer des informations et faire des commentaires sur l’émission radiophonique par le biais de messages textes et WhatsApp. »

Alefa Mwadzangati est une agricultrice originaire du village d’Eledi, dans le district de Kasungu. Membre elle aussi d’un club d’écoute, elle observe des progrès en termes de nutrition, ainsi que des changements au niveau des habitudes alimentaires des habitant(e)s de sa région. Elle déclare : « Avant, les gens préparaient plus de nourriture, et le budget consacré à l’alimentation posait problème. Selon la tradition, les bons aliments tels que les morceaux de poulets étaient servis aux pères, et, par conséquent, les enfants souffraient de malnutrition. Mais tout cela a changé. »

Après avoir écouté l’émission, Mme Nkhoma a commencé à élever des porcs, des poules et des chèvres, en plus de cultiver divers légumes-feuilles dans son jardin potager. Elle ne vend plus les mangues qu’elle cueille. Au contraire, elle les inclut dans ses repas. Elle encourage désormais les membres de sa communauté à avoir un régime alimentaire équilibré, et a été choisie comme agricultrice chef de file dans le domaine de la nutrition dans sa localité.