Malawi : Les agricultrices et les agriculteurs érigent des clôtures pour protéger leur manioc contre les chèvres (par Norman Fulatira, pour Barza infos)

27 July 2015
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Lesoni Levison cultive du manioc sur deux hectares et demi. Il s’attend à avoir une grande récolte l’an prochain, à condition bien sûr qu’il arrive à faire en sorte que les chèvres aillent brouter loin de ses tubercules.

M. Levison vit à Mazengera, un village situé à environ 45 kilomètres au sud de Lilongwe, la capitale du Malawi. Il cultivait du manioc entre 2003 et 2005. Mais les prix bas et la faiblesse de la demande sur les marchés l’ont poussé à délaisser cette culture au profit du maïs, des arachides et des légumes.

Toutefois, les rendements de ces cultures ont commencé à diminuer après plusieurs années de mauvaise pluviométrie et de sécheresse récurrente. Par conséquent, cette année, il a recommencé à cultiver du manioc, car celui-ci résiste mieux à la sécheresse.

Cependant, les chèvres affamées, en liberté, compliquent la tâche au cultivateur de 28 ans. Il explique : « Les chèvres aiment brouter les racines et les feuilles du manioc, et une fois qu’elles envahissent un champ de manioc, elles causent des dégâts considérables. »

Jelias Skaliot cultive aussi du manioc dans le village avoisinant de Chibomozi. Il est d’avis avec M. Levison que les chèvres constituent une grave menace pour la culture du manioc.

Âgé de 25 ans, ce père de deux enfants cultive du manioc depuis trois ans. Lui aussi a eu son lot de problèmes avec les chèvres en divagation. M. Skaliot raconte : « Chaque année, avant d’entamer la plantation de manioc, je pense d’abord au type de clôture que je dois ériger pour empêcher les chèvres de venir [paître] dans mon champ de manioc. Parfois, j’engage [également] des gardes pour chasser les chèvres, [car elles peuvent] causer beaucoup plus de dégâts que les voleurs et les maladies. »

Pour régler le problème de chèvres, M. Levison a trouvé une solution simple, qui coûte tout de même cher. Il déclare : « J’ai construit une clôture autour de mon champ de manioc parce que ma famille ne peut pas rester au champ toute la journée pour chasser les chèvres. »

Plutôt que d’ériger une barrière temporaire, M. Levison a fait preuve de prévoyance. Il a planté 300 eucalyptus aux abords de son champ. Ces arbres formeront une clôture permanente. Il raconte : « J’aurais [pu dépenser] environ 45 $US pour acheter des perches, [mais] elles ne résistent pas longtemps en raison des attaques de termites. J’aurais fini par dépenser plus d’argent pour acheter plus de perches. Cependant, une fois que les arbres bordant le champ auront poussé, je n’aurais plus à acheter de clôture. »

M. Levison a eu cette idée grâce à d’autres agricultrices et agriculteurs des villages avoisinants. Il fait rarement, voire presque jamais, appel aux agent(e)s de vulgarisation.

Même si le coût des jeunes plants d’eucalyptus était relativement élevé, M. Levison croit qu’il fera d’assez bonnes recettes avec son champ, ce qui lui permettra de rénover sa maison l’an prochain. Il déclare : « Je vendrai le manioc à près de 40 cents le tubercule et je m’attends à faire un profit de pas moins de 500 $US avec mes [récoltes]. Ce montant suffira à subvenir aux besoins de ma femme et mes trois enfants. »