Burkina Faso: Les étuveuses font des économies grâce aux coques de riz (écrit par Inoussa Maiga pour Agro Radio Hebdo au Burkina Faso)

15 August 2011
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L’étuvage du riz est une activité très énergivore. Pendant des années, les femmes du centre d’étuvage de Bama, une localité située dans l’ouest du Burkina Faso, ont utilisé le bois. Cela leur revenait très cher.

Mariam Sawadogo est présidente de l’Union des Groupements d’Étuveuses Sinignassigui. Elle explique: « Pour étuver 2 tonnes de riz, nous utilisons au moins pour 5000F CFA de bois(environ 10 dollars américains). »

Trois cents femmes travaillent au sein de l’union. Chaque année, ces femmes étuvent près de 1000 tonnes de riz paddy acheté aux producteurs.

D’abord, les femmes font tremper le riz, puis elles le font cuire partiellement. Ensuite, elles le sèchent au soleil et le décortiquent.

En plus du prix du bois, les étuveuses se retrouvaient avec des coques de riz qui s’amoncelaient, donnant au centre des allures de décharge. Mme Sawadogo dit: « Nous ne savions pas quoi faire des coques de riz. Même les producteurs n’en voulaient pas comme compost, car les coques se décomposent difficilement. »

Les femmes étaient désemparées. En 2009, elles ont reçu dans leur centre la visite d’étudiants canadiens de l’Université de Sherbooke. Une visite qui a tout changé. Mariam Sawadogo raconte: « Nous leur avons fait part de nos difficultés par rapport à l’énergie. Ils nous ont conseillé d’utiliser les coques que nous abandonnions. Ils ont conçu un four qui utilise les coques de riz comme combustible. Les étudiants ont formé un forgeron local qui s’est chargé par la suite de fabriquer le four. »

Le four a une hauteur de 30 cm et il est surmonté d’une pièce métallique sur laquelle la marmite est déposée. Le tout est entouré d’un étui en forme d’entonnoir servant de chambre de combustion. Le four est vendu 1500F CFA sur le marché, soit environ 3 dollars américains.

L’adoption de ce four a changé radicalement la vie des femmes. Les femmes n’utilisent plus le moindre fagot de bois. Désormais, l’étuvage se fait exclusivement avec la coque de riz. Une dizaine de fours sont utilisés quotidiennement dans le centre d’étuvage.

Étant donné que les coques de riz ne leur coûtent rien, les retours financiers sont considérables. Mahamadi Ouédraogo est l’administrateur du centre d’étuvage.  Il confirme: « Sur chaque sac de 100 kg de riz étuvé, nous avons un gain supplémentaire de 700 FCFA (soit 1,50 dollars américains).»

Aujourd’hui, la technologie n’est plus seulement utilisée pour l’étuvage. Les fours sont reproduits par des forgerons locaux. Ils les vendent sur les marchés locaux. Ils sont populaires car la plupart des ménages sont constitués de riziculteurs qui peuvent utiliser leurs propres coques. Mariam Sawadogo confirme: « Pratiquement tous les ménages de Bama utilisent ce four pour la cuisson des repas. »