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Zimbabwe: Vaincre le stigma du VIH/sida et bien vivre, grâce à l’agriculture améliorée (par Zenzele Ndebele, pour Agro Radio Hebdo au Zimbabwe)

Quand ils découvrent qu’ils sont VIH-positifs, beaucoup de gens perdent tout espoir dans la vie. Mais James Ndlovu vit sa vie selon l’expression « Ne sois pas négatif si tu es VIH-positif ». M. Ndlovu pratique l’agriculture à petite échelle, dans le district d’Insiza, dans la province du Matabeleland Sud, au Zimbabwe. Sa femme Sifiso et lui ont été diagnostiqués il y a cinq ans. Depuis, le couple s’est investi à améliorer leur qualité de vie en améliorant leur ferme. Parallèlement, ils ont inspiré leur communauté de par leurs aptitudes agricoles et leur attitude.

M. Ndlovu admet que cela a été dur et pénible d’accepter son statut, quand il a eu un test positif. Certains de ses amis ont dit de lui qu’il avait tendance à avoir des accidents. Mais son attitude a changé grâce au counselling offert par du personnel soignant à domicile. Il dit: « Oui, je vis avec le virus VIH et je pense que ce douloureux état de fait a consolidé mon attitude vis-à-vis [d’une] vie meilleure fondée sur le travail ardu. »

Ce travail ardu s’est fait sur la ferme familiale. Le personnel soignant a conseillé à M. Ndlovu et à sa femme d’améliorer leur régime alimentaire, alors ils ont commencé à faire pousser des légumes et des fruits. M. Ndlovu travaille aussi étroitement avec des agents de vulgarisation et des agents vétérinaires pour améliorer ses méthodes agricoles. Il a appris à utiliser des engrais et du fumier de bétail pour améliorer la fertilité du sol et les rendements. Il a aussi appris à utiliser des herbicides et des insecticides.

Il ajoute: « Ce que j’ai aussi appris, c’est que pour avoir du succès en agriculture, il faut avoir un capital pour la machinerie telle que des planteuses ou des cultivateurs. » M. Ndlovu a eu l’opportunité d’utiliser cet équipement. Il dit: « Malgré le fait que je travaille sur une petite parcelle de terrain, mes extrants par hectare sont en constante augmentation. »

Il utilise aussi des méthodes modernes pour garder ses animaux en santé. Il dit: « Je suis maintenant mon propre agent vétérinaire. J’ai récemment acheté une trousse complète pour le contrôle des maladies animales, qui comprend toutes les doses et les vaccins. »

M. Ndlovu s’est fixé pour but de récolter un minimum de quatre tonnes de maïs chaque année, et il a atteint ce but! Une plus grosse récolte s’est traduite en un accroissement des revenus pour la famille. L’argent provenant de la vente a permis à M. Ndlovu d’acquérir, à lui tout seul, sept génisses et une charrette en 2009. Il n’a jamais manqué de payer les frais scolaires pour ses deux enfants qui fréquentent présentement l’école secondaire.

Le couple vit maintenant une vie saine, et fait de bonnes récoltes annuelles tant pour leur champ de maïs que pour leur jardin de fruits et légumes. M. Ndlovu insiste sur le fait que leur force vient de la prise régulière et opportune de leurs médicaments antirétroviraux. Pour optimiser l’effet du traitement, ils mangent des aliments nutritifs riches en vitamines.

Alfina Sibanda est vulgarisatrice dans le district d’Insiza. Elle confirme que M. Ndlovu est un agriculteur communautaire dévoué qui a bravement combattu le stigma associé aux personnes vivant avec le VIH et le sida. Elle dit: « Il s’est fait un nom grâce à ses aptitudes agricoles extraordinaires. Il fait ce que nous recommandons et ça marche bien pour lui. » Elle dit que les vulgarisateurs se servent d’occasions telles que la Journée Mondiale du Sida pour conseiller aux agriculteurs d’aller se faire tester de façon précoce, et d’obtenir des soins médicaux appropriés.

La femme de Ndlovu, Sifiso, note que le traitement, un bon régime alimentaire et une attitude positive sont les armes-clés pour combattre le virus. En améliorant avec succès leurs méthodes agricoles et leurs rendements, le couple a gagné le respect de la communauté. Cela a pris le dessus sur le stigma lié au VIH. En effet, M. Ndlovu a gagné le cœur de beaucoup d’autres agriculteurs qui l’ont re-baptisé « Ndlovu, l’agriculteur des agriculteurs ».