Zimbabwe: Les femmes rurales utilisent leurs téléphones portables pour leurs opérations bancaires (IPS)

| novembre 21, 2011

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La collecte des cotisations mensuelles pour sa coopérative a toujours été source de problèmes pour Thelma Nare. C’est parce que Mme Nare vit à Tshitshi, un village reculé du Zimbabwe, à environ 60 kilomètres de la banque la plus proche.

Mme Nare explique que les membres de la coopérative vivent loin les uns des autres, dans les zones rurales. Certains trouvent difficile d’aller assister aux réunions, alors ils ne se rencontrent pas souvent. Autrefois, si des membres ne pouvaient pas assister à une réunion, il n’y avait aucun moyen pour eux de verser leur contribution mensuelle. Les femmes de la coopérative (money club, comme on les appelle les coopératives au Zimbabwe) n’ont pas de compte en banque.

Puis Mme Nare a découvert les transferts de liquidités par téléphone portable lors d’un voyage à Bulawayo, à quelques 100 kilomètres de Tshitshi. Elle dit: « Quand j’ai parlé aux autres femmes de mon money club [des transferts de liquidités via téléphone portable], cela semblait être la réponse à nos problèmes. « Les transferts de liquidités via téléphone portable permettent aux gens qui n’ont pas de comptes en banque d’envoyer et de recevoir de l’argent liquide. »

Le système est assez simple. Un utilisateur s’inscrit auprès de son fournisseur de service pour faire des opérations bancaires via téléphone portable, et on lui donne un « portefeuille électronique » qui est relié à son numéro de téléphone. Quand l’utilisateur veut payer pour certains services ou pour transférer de l’argent, il va voir un agent et paie le montant désiré, qui est appliqué à son portefeuille électronique. Le paiement est envoyé vers le portefeuille électronique du destinataire. Ensuite, le destinataire peut retirer l’argent par l’intermédiaire d’un agent. Il y a des agents à travers le pays, dans les supermarchés, les bureaux de poste et les magasins, ce qui rend le service facilement accessible dans les zones rurales.

C’est un système qui est commode pour Mme Nare et les femmes de sa coopérative. Elles peuvent maintenant aller à Bulawayo pour vendre leurs produits, sans s’inquiéter de manquer un paiement pour leur coopérative. Comme c’est le cas pour beaucoup de coopératives, les membres qui ne paient par leurs cotisations ne sont pas particulièrement bien vus. Mais ces femmes n’auraient pas été en mesure de survivre à l’économie déclinante du pays, n’eût été le money club.

Ces femmes rurales sont au centre des efforts faits par les fournisseurs de services de téléphonie mobile, pour introduire les transferts d’argent via téléphone portable, au Zimbabwe. Le géant du réseau de téléphonie mobile Econet Wireless a cinq millions d’abonnés. Il a introduit le service en septembre. Ses concurrents ont vite suivi, y compris NetOne et Telecel qui appartiennent tous deux au gouvernement.

Viola Matongerere est économiste et spécialiste du genre et du développement. Elle commente: « Ce sont là des services que les gens, surtout les femmes rurales, ont toujours voulus. » D’après elle, les efforts des femmes rurales du Zimbabwe pour améliorer leurs moyens de subsistance ont été freinés par leur incapacité d’accéder à des choses auxquelles les hommes ont un accès aisé (par exemple, des comptes en banque). Les services tels que les transferts d’argent via téléphone portable donneront aux femmes plus d’indépendance financière.

Girlie Moyo est membre de la coopérative de Mme Nare. Elle dit: « Ce qui compte, c’est le fait que nous puissions nous organiser en tant que femmes, dans notre coopérative, en utilisant nos téléphones. »