Zimbabwe : Les agriculteurs expérimentent de nouvelles denrées de base étant donné que la sécheresse détruit les récoltes de maïs (Trust)

| septembre 28, 2015

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Pendant plus de 20 ans, Dalarex Ncube a cultivé du maïs dans la région aride du district de Jambezi, au sud du Zimbabwe. Toutefois, il y a sept ans, il a commencé tout doucement à délaisser le maïs au profit du sorgho et du mil. Contrairement au maïs, ces deux cultures résistent mieux à la sécheresse.

Sa famille et lui avaient l’habitude de consommer la pâte de maïs, le plat national. Cette bouillie épaisse, connue localement sous le nom d’isitshwala, occupe une place importante dans le régime alimentaire de la population.

Au début, le changement n’a pas été facile pour ses enfants. Ils détestaient ça. Mais M. Ncube raconte : « Mes enfants aiment maintenant la [pâte] de sorgho plus que celle du maïs. »

Plusieurs agricultrices et agriculteurs de Jambezi sont en train d’effectuer le même changement. Ils reconnaissent que les conditions climatiques de plus en plus difficiles font du maïs une culture à risques, et c’est la raison pour laquelle ils cultivent des céréales alternatives pour avoir de la nourriture et de l’argent.

Lorsque les conditions sont bonnes, les agricultrices et les agriculteurs des régions semi-arides du Zimbabwe peuvent produire jusqu’à huit tonnes de maïs par hectare. Mais ils se rendent compte que les cultures plus résistantes comme le sorgho et le mil sont mieux adaptées aux nouvelles conditions. De plus, le sorgho et le mil n’ont pas besoin de beaucoup d’eau pour produire une bonne récolte lorsqu’il ne pleut pas assez.

Les Services météorologiques du Zimbabwe eux aussi invitent les agricultrices et les agriculteurs à songer à délaisser le maïs lorsque les prévisions de précipitations sont faibles.

Martin Moyo est agronome à l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides. Il affirme que le changement climatique a rendu la culture du maïs une activité de plus en plus risquée dans les zones arides.

Le Dr Moyo soutient que ce changement peut aider les agricultrices et les agriculteurs à avoir de quoi manger chez eux, et ce, même lorsque la sécheresse réduit les récoltes de maïs. Un nombre croissant d’agricultrices et d’agriculteurs du district de Jambezi en proie à la sécheresse cultivent désormais le sorgho et le mil.

Catherine et Augustine Sibanda ont commencé à cultiver du sorgho il y a sept ans.

M. Sibanda déclare : « J’utilise un pluviomètre pour tenir un registre sur la configuration des pluies de ma région et savoir quand semer une fois qu’il a suffisamment plu. De cette manière, je minimise le risque d’avoir un mauvais rendement. »

Il poursuite : « Je me suis tourné vers la culture du sorgho parce qu’elle ne vous déçoit jamais, même lorsque la saison est mauvaise. Même si les rendements du sorgho sont généralement inférieurs à ceux du maïs, vous n’aurez jamais faim, car lorsque la saison est mauvaise, le maïs ne réussit pas du tout, [mais] vous pouvez récolter du sorgho. »

Les Sibandas s’attendent à avoir une bonne production de sorgho et de mil d’Afrique cette saison. Ils espèrent récolter une tonne et demie de céréales.

Les efforts consentis par la famille pour s’adapter aux nouvelles conditions à l’aide de variétés de semences améliorées et d’un registre des pluies promettent une récolte exceptionnelle.

À Jambezi, les agricultrices et les agriculteurs unissent leurs efforts. Ils ont créé l’Association des productrices et des producteurs de sorgho (JASPRO). L’association a récolté plus de 10 tonnes de sorgho en 2014, mais n’a trouvé qu’un petit  nombre de marchés. Par conséquent, les membres ont acheté des décortiqueuses et des moulins pour produire et conditionner leur propre farine de sorgho et de mil.

M. Ncube est le président de JASPRO. Il affirme que les agricultrices et les agriculteurs espèrent vendre plus de six tonnes de farine de sorgho cette année sur les marchés de Bulawayo et dans la ville balnéaire des chutes Victoria au nord.

Pour lire l’intégralité de l’article duquel provient cette histoire intitulée « Face à la sécheresse qui détruit les cultures de maïs, le Zimbabwe expérimente de nouvelles denrées de base », cliquez sur : http://www.trust.org/item/20150911095440-q63ra/

Photo crédit: TRF/Busani Bafana