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Zambie : Un agriculteur trouve que les abeilles sont inspirantes et rentables

Joseph Lungu n’est jamais allé à l’école. Il s’est marié à dix-huit ans et à vingt-quatre ans, il était père de trois enfants. Il gagnait sa vie en exploitant un lopin de terre de sable peu fertile dont il avait hérité de son père défunt.

M. Lungu vit avec sa famille près de Lundazi dans l’est de la Zambie à environ 15 kilomètres de la frontière avec le Malawi. À mesure que la ville de  Lundazi s’agrandissait, il fallait du sable pour la construction. La terre de Joseph était la source la plus près de la qualité de sable recherchée. Les bouldozeurs arrachaient les arbustes, les excavatrices creusaient de grands fossés et les camions à benne basculante venaient recueillir du sable tous les jours.

« Pour moi, c’était une occasion de faire de l’argent. [J’ai demandé] à tous ceux qui voulaient du sable un certain montant d’argent par camion », affirme M. Lungu.

Cependant, sa terre s’est rapidement transformée en un trou béant inutile pour l’agriculture. Le trou s’est rempli d’eau pendant la saison des pluies, ce qui a mené à une prolifération explosive de moustiques. La terre était un piège mortel potentiel pour ses jeunes enfants. La vente de sable s’est avérée être une source irrégulière de revenus et M. Lungu avait du mal à subvenir aux besoins de sa famille.

Puis il a rencontré Timothy Phiri, un agent de vulgarisation travaillant au sein de Community Markets for Conservation (marchés communautaires pour la conservation), une ONG zambienne dont le sigle en anglais est COMACO. COMACO favorise la conservation de la nature, surtout les animaux et les arbres.

M. Phiri enseignait aux habitants à améliorer l’environnement grâce à des méthodes d’agriculture biologique. Il les encourageait à faire du compost et à utiliser le fumier du bétail. Il leur a aussi appris la manière dont les arbres produisant des légumes tels que le musangu et le gliricidia améliorent la fertilité des sols. En outre, les agriculteurs et les agricultrices étaient encouragé(e)s à pratiquer une bonne rotation des cultures.

M. Phiri a apporté à M. Lungu quelques plants d’arbres et lui a montré la meilleure façon de les planter. M. Lungu était réticent au début, mais très vite son terrain s’est rempli d’arbres.

Après quatre ans, M. Lungu a placé des ruches à troncs creux dans les arbres. M. Phiri lui a conseillé de cultiver des tournesols en lui expliquant que « les tournesols produisent une bonne huile végétale de cuisson. Ils constituent également une source de pollen pour les abeilles ».

Au départ, M. Lungu avait placé cinq ruches. Il était si excité par sa première récolte de miel qu’il a décidé d’étendre son activité en investissant dans plus de ruches.

M. Phiri lui a parlé d’une ruche améliorée faite de planches d’une espèce d’arbre à croissance rapide appelée le Gmelina arborea. Ce type de ruche peut être utilisé en continu pendant de nombreuses années, ce qui signifie que les arbres peuvent continuer de croître plutôt que de se faire abattre.

M. Lungu dit qu’il est ne s’inquiète plus de la façon dont sa famille et lui survivront. Il n’utilise plus d’engrais sur ses cultures et dit qu’il ne se servira plus jamais de pesticides. « Mes abeilles! Elles dépendent des fleurs de mes boisés et des plantes pour faire du miel. Si je me mettais à pulvériser des pesticides sur mes cultures, beaucoup d’entre elles mourraient et j’en sortirais perdant », explique-t-il.

Grâce aux revenus générés par la vente de son miel, M. Lungu a construit une nouvelle maison de cinq pièces assortie d’une véranda et d’une cuisine séparée. La maison est propre et le plancher est poli – à l’aide de cire d’abeille! Mme Lungu utilise aussi la cire pour faire des bougies qui éclairent son domicile la nuit.

En utilisant des tiges de bambou fendues en guise de moules, elle mélange la cire avec du kérosène et se sert du mélange pour éloigner les abeilles et d’autres insectes de la maison. Elle vend ses  produits à des amis et n’arrive pas à répondre à la demande.

« Aucun de mes enfants ne croit que les arbres doivent être abattus pour rien. Au lieu de cela, nous respectons tous les arbres et nous savons qu’ils doivent être plantés à une fin. Ainsi, chaque année, tout le monde dans cette famille plante au moins cinq arbres », conclut-il.

(Publié à l’origine le 16 juin 2014)