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Zambie : Des jardins potagers aident les agriculteurs à bien manger toute l’année

Alors que Vashity Khumalo assistait aux funérailles d’un parent éloigné dans le village voisin de Nyamiya, elle aperçut une haie de végétation qui ressemblait à un enclos de chèvre. Elle se dirigea vers là-bas pour y jeter un coup d’œil, mais, à sa surprise, aucune chèvre ne s’y trouvait. Elle vit plutôt une structure surélevée ronde faite en briques cuites. La structure était remplie de terre et il y avait des légumes qui poussaient en surface.

À cette époque, elle s’était demandé pourquoi des légumes poussaient dans une telle structure, mais elle réalise maintenant qu’il s’agissait d’un potager familial.

Madame Khumalo affirme que ce jardin contenait des légumes qu’on trouve rarement en saison sèche. Elle ajoute que plusieurs familles de son village souffrent de malnutrition, car les repas qu’ils prennent souvent ne contiennent pas suffisamment de légumes nourrissants. Elle déclare : « S’assurer que sa famille a une bonne nutrition est une très grande préoccupation pour nous les femmes des régions rurales … Le besoin d’avoir des légumes frais se pose toujours. »

Madame Khumala est originaire du village de Ngilile, dans le district de Petauke, à l’est de la Zambie. La malnutrition est un problème pour beaucoup de familles là-bas.

Après les obsèques, madame Khumalo repartit dans son village où elle expliqua ce qu’elle avait vu à son amie, Feppy Daka. Madame Daka a plusieurs enfants et elle avait de la difficulté à leur procurer des aliments nutritifs.

Madame Khumlo et son amie retournèrent dans le village de Nyamiya pour en savoir plus sur le potager familial planté sur des billons.

Après cette visite, chacune des amies a débroussaillé un coin devant sa maison, et fait un aménagement avec des briques cuites qu’elle a rempli d’un mélange constitué de terre de fourmilière, de résidus d’arachides et de soja, de matières en décomposition provenant de tas d’ordures et de fumier animal. Ces jardins surélevés ont un diamètre de trois mètres environ et une profondeur d’un mètre.

raised beds Zambia [1]

Madame Khumalo et madame Daka arrosèrent le mélange de matériaux pendant quelques semaines et plantèrent ensuite des légumes comme les citrouilles, le niébé, le gombo et l’amarante sauvage en surface.

Les femmes enfoncèrent également des pieux autour de leurs potagers et plantèrent une espèce de graminées géantes pour tenir les chèvres, les porcs, les poules et les bovins à l’écart.

Madame Khumalo soutient que cette technique d’aménagement d’un potager familial est extraordinaire parce qu’elle permet aux familles de conserver l’eau. Elle explique : « Avant, on jetait toujours les eaux usées. Maintenant, nous utilisons l’eau qui reste après avoir lavé nos plats et nos marmites pour arroser nos légumes … tant que [l’eau] n’est pas savonneuse. »

Selon madame Daka, le jardin planté sur des platebandes surélevées lui procure assez de légumes si bien que ses enfants ne souffrent plus de malnutrition. Elle affirme que plusieurs personnes de son village adoptent cette technique pour s’assurer d’avoir suffisamment à manger.

Elle se rappelle : « Nos amies pensaient que nous étions folles … mais quand elles ont vu nos légumes, beaucoup nous ont demandé de les aider à construire leurs propres structures. Désormais, presque chaque famille du village de Ngilile a une structure devant sa maison et les légumes frais ne sont plus rares comme autrefois. »

Veronica Mbewe est la spécialiste en nutrition du ministère de l’Agriculture à Petauke. Elle raconte que, dans le cadre de son projet dénommé « Food and Nutrition Security, Enhanced Resilience » (Sécurité alimentaire et nutritionnelle : améliorer la résilience), le gouvernement encourage les communautés rurales à avoir un régime alimentaire varié, et ce, même en saison sèche quand la nourriture se fait rare.

Madame Mbewe explique : « C’est à cette période que nous enregistrons une hausse des taux de malnutrition dans les communautés rurales. En tant que gouvernement, cela nous préoccupe, car les réserves de maïs, l’aliment de base en Zambie, ne parviennent pas à combler les besoins quotidiens en micronutriments. Cela entraîne souvent des problèmes de santé, de croissance et de développement. »

Selon madame Mbewe, pour pallier ce problème, ils ont introduit la technique d’aménagement de potagers familiaux sur des platebandes surélevées près des maisons des femmes, où elles peuvent utiliser le restant d’eau de vaisselle pour arroser leurs cultures.

Elle ajoute : « Notre objectif est d’amener beaucoup de communautés à adopter cette technique. Par conséquent, il est bon de voir que les femmes du village de Ngilile ont pris l’initiative elles-mêmes. Nous espérons qu’un plus grand nombre de communautés rurales pourront les imiter, afin que nous parvenions à réduire la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans. »

Madame Khumalo affirme qu’elle utilise les légumes de son potager familial en guise de condiment ou de sauce pour manger le nsima [bouillie consistante, préparée généralement avec de la farine de maïs]. Grâce au jardin, madame Khumalo peut désormais nourrir ses enfants, en plus de trois orphelins et deux proches souffrant de handicaps physiques.

Photo: Varshity Khumalo and Feppy Daka tending their vegetables