Neema Joseph | avril 30, 2018
Il est huit heures du matin. Vêtue d’une robe rose et d’un kitenge [tissue imprimé en coton] bleu ceint autour de la taille, Lucia Shiwa s’accroupit dans son champ pour inspecter ses pastèques. Elle déclare : « C’est mon travail … On s’assure que l’exploitation est soignée avant que tout le monde vaque à ses autres occupations. »
Madame Shiwa, 38 ans, a neuf enfants. Elle vit à Nyakabare, un village situé à environ 30 kilomètres de la ville de Geita, au nord-ouest de la Tanzanie. Presque chaque matin, elle parcourt à pied les quatre kilomètres qui séparent sa maison de son exploitation de trois hectares où elle cultive des légumes, des pastèques et d’autres fruits.
Après avoir passé huit ans à chercher du travail, madame Shiwa s’est associée à d’autres agriculteurs et agricultrices de sa région pour former l’Environmental Group en 2006. Leur objectif était de développer leurs activités agricoles en cultivant ensemble et individuellement. Elle explique : « En cultivant [ensemble], nous parvenons à mener des activités commerciales avec différentes personnes et obtenir un revenu qui nous permet d’améliorer notre niveau de vie. »
Ensemble, les agriculteurs et les agricultrices cultivent et vendent des fruits et des légumes tels que les tomates, les carottes, l’épinard, le chou, la courgette, les haricots verts, les pastèques et les concombres.
Madame Shiwa raconte que l’association fournit de l’emploi aux femmes et aux jeunes. Elle ajoute qu’il est maintenant plus facile pour les paysans et les paysannes d’obtenir une aide financière et de bénéficier de formations offertes par des institutions telles que les organisations gouvernementales et non gouvernementales.
Selon madame Shiwa, les gens qui veulent en savoir plus sur l’agriculture ont hâte de s’associer au groupe à cause des possibilités de formation. Elle ajoute : « Nous avons des parcelles de démonstration où nous formons d’autres agriculteurs. »
Elle soutient que les fournisseurs de semences offrent des formations. Les membres de l’association ont appris à préparer le sol, utiliser des pesticides et espacer les plants pour avoir de meilleurs rendements. Elle déclare : « Maintenant, nous laissons 20 centimètres entre les rangées de pastèques, et 10 centimètres entre les plants. »
Masunga Daniel, 18 ans, est un cultivateur de pastèques de Nyakabare et un membre de l’association. Il déclare : « L’agriculture est une option pour les jeunes sans-emploi. Je considère mon activité agricole comme une entreprise tout comme tout autre homme d’affaires, même si ce n’est pas facile. »
Par exemple : monsieur Daniel explique que l’acheminement des produits agricoles au marché constitue un de leurs principaux problèmes : « Il n’y a pas de voiture dans le village de Nyakabare. Parfois, nous sommes obligés d’utiliser des motos et des bicyclettes pour nous rendre en ville pour trouver des marchés. »
Malgré la récolte décevante de l’année dernière, monsieur Daniel et son association continuent de cultiver et croient que leurs efforts porteront fruit. Il déclare : « Ce n’est pas facile d’encourager les jeunes à s’engager dans l’agriculture. La majorité d’entre eux sont toujours convaincus que l’agriculture est un métier pour les pauvres. »
Hamis Mchenye est le secrétaire de l’Environmental Group. Il encourage les femmes et les jeunes sans-emploi à commencer à cultiver des fruits et des légumes. Il soutient que la vente collective permet aux membres du groupe de vendre plus de produits agricoles. Toutefois, le groupe peine toujours à trouver des client(e)s et obtenir de bons prix.
Monsieur Mchenye ajoute : « Il est difficile de trouver le marché. Parfois, nous vendons nos produits à des prix dérisoires. Nous n’avons pas d’autre choix que de vendre [car] nous ne pouvons pas laisser les produits pourrir dans les champs. »
Bien que la pénurie de marchés demeure un problème majeur, l’association paysanne a pu aider madame Shiwa à trouver un acheteur pour ses pastèques. Elle vend les fruits à une société minière de Geita au prix de détail de 3 000 shillings (1,30 $ US) l’unité, et au prix de gros de 750 shillings (0,33 $ US) le kilogramme.
L’an dernier, madame Shiwa a investi 800 000 shillings (350 $ US) dans l’achat de semences, d’engrais et dans la main-d’œuvre en vue de cultiver des fruits sur un hectare. Elle a récolté quatre tonnes de fruits qui lui ont rapporté 3 200 000 shillings (1 400 $ US).
Grâce à l’argent que lui a rapporté la vente de fruits et de légumes, madame Shiwa a construit une maison avec un toit métallique et payé les frais de scolarité de ses enfants. Elle espère être une source d’inspiration pour les autres femmes et les jeunes de la région pour les encourager à considérer l’agriculture comme une activité commerciale.
Uniterra Tanzanie travaille avec les partenaires locaux des sous-secteurs des fruits et légumes et du tourisme, en vue d’aider les jeunes et les femmes à avoir accès à de meilleures occasions économiques. Uniterra a accordé des fonds pour la production de la présente nouvelle. Uniterra bénéficie du soutien financier du gouvernement du Canada, par l’entreprise d’Affaires mondiales Canada, www.international.gc.ca. Vous en saurez davantage sur et vous pouvez suivre Uniterra Tanzanie sur Facebook à facebook.com/wusctanzania.