Tanzanie: Un jeune abandonne les mines pour cultiver le manioc (par Susuma Susuma pour Agro Radio Hebdo en Tanzanie)

| janvier 28, 2013

Téléchargez cette nouvelle

En 1998, Benjamin Joseph Ntunga a commencé à cultiver le manioc à Mbuguni, un village situé dans le nord de la Tanzanie. Il avait auparavant travaillé dans les mines tanzaniennes pendant plus de cinq ans, mais avait réalisé qu’il pouvait gagner plus d’argent en tant qu’agriculteur.

Comme beaucoup d’autres jeunes de la région, M. Ntunga avait été attiré par les mines. Mais les choses ont commencé à changer quand il a trouvé une nouvelle source de revenus: la culture de manioc.

Cela n’a pas été facile au début. Mais M. Ntunga avait un ami qui achetait du manioc auprès d’agriculteurs et approvisionnait des marchés locaux. Son ami l’a persuadé que le manioc avait le potentiel de transformer sa vie.

Le manioc était jadis considéré comme une culture de subsistance pour les familles à faible revenu. Mais il est devenu une culture de commerciale en Tanzanie. Alors qu’il demeure un aliment de base dans toute l’Afrique, le manioc est de plus en plus utilisé pour faire de la farine, ainsi que des produits industriels comme l’éthanol, l’amidon et le glucose.

M. Ntunga a commencé avec moins d’un hectare, et a récolté la moitié de cette surface en 2000. À l’époque, les cultures de manioc pouvaient aller chercher 1,42 million de shilling tanzaniens par hectare. Avec l’amélioration des techniques de culture, de récolte et de transformation, l’année dernière, il a gagné 5 millions de shillings pour la même surface cultivée. Présentement, M. Ntunga possède près de deux hectares de plantation de manioc.

M. Ntunga dit: « En 2000, les 600 000 shillings tanzaniens que m’a rapporté ma récolte représentaient beaucoup plus d’argent que le revenu que je gagnais en travaillant dans les mines. » Il peut désormais prendre soin de sa femme et de ses six enfants grâce à l’argent généré par la culture de manioc.

Avec cet argent, M. Ntunga a construit une maison moderne avec trois chambres. Il a aussi acheté un second terrain, six vaches laitières et un motoculteur, et il peut subvenir aux besoins de sa famille, rien qu’avec ses revenus agricoles. Ses autres cultures sont utilisées pour sa consommation personnelle et pour la moulée de ses vaches.

M. Alphonse Sechonge est le vulgarisateur agricole de Mbuguni. Il fait remarquer que le succès de M. Ntunga a influencé d’autres jeunes gens dans le village. Beaucoup d’entre eux ont quitté des conditions de travail dangereuses dans les mines pour retourner chez eux et cultiver le manioc. La culture du manioc incite maintenant de nombreux jeunes gens à retourner chez eux, où ils font maintenant pousser non seulement du manioc, mais aussi d’autres plantes.

Mais, d’après M. Sechonge, beaucoup d’agriculteurs de la région vendent encore du manioc brut. Ils n’ont pas commencé à mesurer leurs rendements de façon précise, et ils gagnent moins d’argent que s’ils vendaient du manioc transformé. M. Sechonge remercie Farm Concern International, une ONG qui a aidé à aborder ce problème, en enseignant à environ 100 agriculteurs comment ajouter de la valeur à leur manioc. L’introduction d’une machine à couper le manioc a eu un gros impact, permettant une transformation plus rapide du manioc brut. Les racines récoltées peuvent être finement tranchées et séchées, et prêtes pour la vente en à peine quelques jours.

M. Sechonge dit: « La technologie a transformé la vie de la communauté agricole de Mbuguni. »