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Tanzanie : Nouvelles conditions climatiques, nouvelles pratiques agricoles

Johanna Simon retire un poste de radio rouge de la poche de son blouson, et observe, debout, deux ouvriers qui conduisent des bœufs autour de son champ. Il laboure maintenant afin de pouvoir semer son haricot dès qu’il se mettra à pleuvoir.

M. Simon a déjà labouré un champ, sur les collines, à l’extérieur du village de Kitumbeine. Son exploitation est située à plusieurs kilomètres du village, et même plus loin de la principale voie goudronnée qui mène à Arusha, au nord de la Tanzanie. La saison des petites pluies tarde à arriver et les agriculteurs et les agricultrices attendent impatiemment la pluie pour semer.

M. Simon a entendu à la radio qu’il pleuvrait peu cette saison. Les cultivateurs et les cultivatrices ont été exhortés à semer du haricot ou du maïs hâtif pour profiter de chaque goutte qui tombera. Il n’a pas les moyens de se procurer les semences de maïs évoquées dans l’émission radiophonique, par conséquent, il cultivera du haricot.

De nombreux paysans et paysannes du district de Longido se fient aux renseignements météorologiques diffusés sur Orkonerei Radio Service pour planifier le moment où ils ensemenceront leurs champs. Lorsqu’on les associe aux informations agricoles, les bulletins météorologiques offrent aux agriculteurs et aux agricultrices une meilleure chance d’obtenir un bon rendement, et ce, même s’il pleut moins.

M. Simon affirme que les renseignements météorologiques sont très utiles. Il connaît des collègues qui ne sèmeront qu’après qu’il a plu pendant une semaine. Mais si jamais les pluies se faisaient rares cette saison, il craint que ces agriculteurs et ces agricultrices ne pâtissent de la sécheresse. Il sèmera dès qu’il se mettra à pleuvoir.

Kastuli Ara est agent de vulgarisation agricole à Kitumbeine. Il se dit reconnaissant pour l’émission radiophonique d’ORS FM, car, jusqu’ici, les prévisions météorologiques se sont avérées très exactes. Il peut être difficile de prévoir le temps qu’il fera. Cependant, en diffusant des prévisions fiables et de bons conseils agricoles, l’émission encourage les agriculteurs et les agricultrices, ainsi que les éleveurs et les éleveuses à avoir plus confiance aux services de vulgarisation agricoles. M. Ara affirme que, depuis que l’émission a commencé à offrir ces services, il reçoit très peu de questions et trouve que les gens sont plus réceptifs à ses conseils.

Les renseignements météorologiques et les conseils agricoles provoquent des changements au niveau des pratiques de plusieurs auditeurs et auditrices. Loy Logolie Lengineji attend impatiemment d’acheter le DK8053, une variété de maïs hâtive. Il n’avait jamais entendu parler de cette variété jusqu’à ce qu’il entende l’émission d’ORS FM, mais il est désormais convaincu que cela lui sera utile. Selon les prévisions, cette région recevra moins de pluie que d’habitude, et le DK8053 parvient à maturité rien qu’en quatre mois.

L’homme de 59 ans cultive 12 acres de terre dans la région vallonnée située à l’extérieur du village de Kitumbeine. Il cultive du maïs et des pommes de terre, mais à l’instar de nombreux Maasaï de la région, il élève aussi du bétail.

M. Lengienji soutient qu’il aime le fait que l’émission instruit les auditeurs et les auditrices, plutôt que de leur fournir simplement des informations. L’émission est interactive, car elle permet aux membres de l’auditoire de poser des questions et de recevoir des réponses de la part des agents de vulgarisation agricole. Lorsque M. Lengienji a entendu les questions des agriculteurs et des agricultrices à l’antenne, il a senti que celles-ci concernaient sa situation personnelle. Et lorsque les réponses à ces questions ont été données, il en apprit davantage.

L’adoption d’une nouvelle variété de maïs n’est pas le seul changement qu’a effectué M. Lengienji. Il a également clôturé quatre acres de sa terre pour y cultiver de l’herbe pour ses animaux. Pour l’instant, il tient les bêtes hors de ce lopin, mais en août, c’est-à-dire quelques mois après la grande saison des pluies, celles-ci pourront profiter de l’herbe.

Pour le moment, il espère que le rendement de son maïs sera meilleur grâce à la nouvelle variété de semence. Bien qu’il récolte généralement 80 sacs de maïs de 120 kilogrammes chacun, il a appris que son rendement fera plus que doubler avec cette nouvelle variété.

Alors, vu l’imminence de la saison des pluies, M. Lengineji prépare son champ pour les semis, et il espère pouvoir acheter la nouvelle variété de maïs à temps.