Tanzanie : Faites connaissance avec Dickson Alex, un jeune entrepreneur agricole

| juin 4, 2018

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Lorsqu’il est question de relever les défis liés à la réalisation des objectifs mondiaux, Dickson Alex a toujours privilégié la piste de l’agriculture.

Cet agriculteur de 27 ans a récemment partagé sa passion avec des jeunes originaires de toute l’Afrique lors de sa participation au premier Sommet de la jeunesse africaine sur les objectifs du développement durable, ou ODD, au Ghana.

Monsieur Alex déclare : « [Le sommet] portait sur l’inclusion des jeunes dans l’atteinte des ODD … les différents moyens par lesquels les jeunes peuvent jouer un rôle et se motiver mutuellement pour la réalisation de ces objectifs. »

Il ajoute : « Je crois que je peux jouer un rôle dans le secteur agricole – en sensibilisant les agriculteurs à pratiquer une agriculture durable pour assurer une sécurité alimentaire suffisante dans le pays. Par conséquent, ma part dans les ODD est l’agriculture. »

La conférence portait sur le thème « Les jeunes, moteurs du développement durable. » Il y a été surtout question de la façon dont les jeunes pouvaient contribuer à la résolution des problèmes auxquels se heurtent plusieurs pays, y compris la pauvreté, le chômage des jeunes et le changement climatique.

Dans son allocution aux délégués, monsieur Alex a partagé son avis sur la façon dont l’agriculture pouvait apporter une solution à tous ses trois problèmes.

Il a étudié à la Sokoine University of Agriculture de Morogoro, et exploite actuellement sa propre ferme au centre de la Tanzanie, où il cultive des poivrons jaunes, des tomates et des oignons.

Il déclare : « Beaucoup de jeunes se plaignaient du chômage dans leurs pays respectifs … alors j’ai tenté de leur expliquer qu’ils devaient surmonter les obstacles et chercher des possibilités. »

Revocatus Kimario est le directeur général de SUGECO, la Coopérative des entrepreneurs diplômés de la Sokoine University. Il confirme qu’il y a des possibilités pour les jeunes de gagner leur vie en cultivant. Mais il affirme que les jeunes agriculteurs et agricultrices rencontrent plusieurs obstacles, dont l’accès à la terre et aux prêts, ainsi que le manque de compétences.

Par exemple : monsieur Kimario affirme que les jeunes entrepreneurs veulent souvent investir dans des systèmes d’irrigation goutte à goutte, ou construire des serres pour avoir plus de bénéfices, mais n’ont pas d’argent pour démarrer. Il ajoute : « La jeunesse cherche un revenu et un retour sur investissement plus élevé. Pour accéder à ces technologies, elle a besoin de fonds. »

Monsieur Kimario ajoute qu’une des raisons pour laquelle les jeunes hésitent à se lancer dans l’agriculture, c’est que beaucoup de gens pensent que l’agriculture est un métier pour les personnes qui ne peuvent rien faire d’autre. Il explique : « C’est tout d’abord une question de mentalité. Quand les politiciens voient quelqu’un faire quelque chose qui n’est pas bon, ils disent : ‘nous allons vous renvoyer dans votre village pour cultiver.’ Nous devons changer la mentalité de nos leaders et nos parents. C’est ce qui nous empêche d’avancer. »

Monsieur Alex est d’avis que beaucoup de jeunes ratent des occasions parce qu’ils ne perçoivent pas l’agriculture comme une activité plaisante ou rentable.

Il explique : « L’opinion générale de la jeunesse sur l’agriculture est la même partout en Afrique. Que ce soit chez nous, au Ghana, ou en Ouganda, au Kenya, en Égypte, au Nigeria, beaucoup de jeunes refusent toujours de s’impliquer dans l’agriculture. »

Monsieur Alex soutient que de nombreux jeunes sont surpris qu’un diplômé universitaire comme lui poursuive une carrière en horticulture. Mais pour lui, dit-il, le choix était clair. Et il veut montrer aux autres jeunes qu’ils peuvent trouver leur place, et contribuer à créer un monde plus durable, grâce à l’agriculture.

Il ajoute : « Quand vous parlez d’agriculture, plusieurs jeunes pensent uniquement à la production primaire, mais il y a beaucoup [plus]. Il y a la commercialisation, il y a la conservation, il y a la gestion après récolte, il y a les consultants…. Donc, j’encourage beaucoup de jeunes à venir et à s’engager dans l’agriculture. Il y a beaucoup de possibilités. »

Alyssa McDonald est une volontaire d’Uniterra basée à Arusha, en Tanzanie. Uniterra est un programme de coopération international canadien piloté par l’EUMC et le CECI. L’EUMC a parrainé monsieur Alex pour lui permettre de participer à la conférence, ainsi que neuf autres délégués du Malawi et du Ghana.