Tanzanie : De meilleurs services de prévision météorologique nécessaires pour affranchir les agriculteurs des effets du changement climatique (The Guardian Limited)

| février 29, 2016

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« L’agriculture n’est plus une activité sûre de nos jours, » déclare Tito Maluku. Originaire du village de Msowero dans la région de Morogoro, en Tanzanie, M. Maluku est un petit exploitant agricole de 49 ans qui a cinq enfants.

Il accuse le temps imprévisible, affirmant que cette situation met les agriculteurs dans le pétrin, et les laisse dans l’incertitude et l’incapacité de prédire ce qui surviendra la journée suivante.

La grande majorité des agriculteurs doivent maîtriser la configuration des pluies afin de pouvoir cultiver les denrées constituant leur principale source de nourriture et de revenus.

M. Maluku se souvient qu’en 2014, la nouvelle configuration des pluies dans son village natal avait rendu très difficile la pratique des activités agricoles. Le mois de février est normalement le mois où on sème le maïs et d’autres céréales dans sa région. Il explique : « En plantant le maïs [en] mi-février, on s’attend à ce qu’il bénéficie d’une quantité suffisante des pluies qui tombent en mars et avril. Ces pluies s’arrêtent lorsque les épis de maïs sont mûrs. »

Toutefois, la situation a été différente cette année. Les eaux de crue ont emporté les trois acres de maïs de M. Maluku après que des pluies diluviennes importantes sont tombées dans la région montagneuse d’Uluguru.

Il se rappelle : « J’ai été stupéfait en m’apercevant qu’il n’y avait plus rien sur mon exploitation. Ça a été une tragédie pour ma famille, car nous avions l’habitude de nous nourrir des produits de la ferme, et je vendais une partie du maïs récolté … mais après le passage des pluies, j’ai tout perdu. »

Les inondations ou les périodes prolongées de sécheresse liées au changement climatique nuisent à M. Maluku et aux millions d’autres d’agriculteurs d’exploitations familiales tanzaniens. La majorité d’entre eux n’ont pas accès aux technologies requises pour prévoir la quantité de pluie qui tombera dans une région donnée.

Pour régler ce problème, cinq pays africains sont en train d’expérimenter un projet pour venir à bout des difficultés liées à l’exploitation de systèmes de prévision météorologique en Afrique. Ce projet vise à actualiser les capacités des pays à fournir en temps opportun des prévisions justes et utiles sur les inondations et les sécheresses. Les pays concernés sont la Zambie, le Sénégal, le Cameroun, Madagascar et la Tanzanie.

Nelson Katunzi est un agent agricole du ministère de l’Agriculture et l’Irrigation de la Tanzanie. Il affirme que le pays a besoin de meilleurs services météorologiques pour pouvoir utiliser les systèmes améliorés de prévision météorologique avancée. M. Katunzi ajoute : « Selon moi, le problème est que ceux qui fournissent les renseignements afférents aux prévisions météorologiques ne les diffusent pas aux utilisateurs finaux. Ou lorsqu’ils les fournissent, les agriculteurs sont incapables de les interpréter. »

Le Dr Swan Onisa est un météorologue tanzanien qui partage le même avis que M. Katunzi. Elle suggère que les informations contenues dans les prévisions météorologiques soient simplifiées, afin que les agriculteurs, les éleveurs de bétails et les pêcheurs puissent les comprendre et les utiliser efficacement. Elle déclare : « Notre cible doit être les utilisateurs finaux des renseignements recueillis auprès de nos stations météorologiques. Notre priorité doit être de simplifier le vocabulaire utilisé. »

Les agriculteurs de toute l’Afrique subissent actuellement une des pires sécheresses jamais enregistrées sur le continent. Les spécialistes soutiennent que cette sécheresse est une conséquence du phénomène cyclique d’El Niño aggravé par le changement climatique.

M. Maluku déclare : « Autrefois, nous avions notre propre système pour détecter l’arrivée de la saison pluvieuse, mais les choses ont changé maintenant. Personne n’est vraiment sûr de moissonner à la fin de la saison. » Il poursuit : « Je cultive toujours, même si je ne sais pas ce qui surviendra demain de mon exploitation. »

Pour lire l’intégralité de l’article duquel provient cette histoire intitulée « De meilleurs services hydrométéorologiques nécessaires pour libérer les agriculteurs des pièges du changement climatique », cliquez sur : http://www.ippmedia.com/frontend/index.php?l=89052

Crédit photo: Anne Wangalachi/CIMMYT