Amina Shale cultive des légumes en Somalie. Mais son travail est de plus en plus pénible en raison des sécheresses qui empirent et des conditions climatiques imprévisibles, et qui résultent toutes les deux du changement climatique.
Elle explique : « Il peut se passer une année entière avant qu’il pleuve. La production de denrées telles que les tomates est très épuisante parce que je dois les arroser deux fois au moins par jour. »
Cependant, Mme Shale teste une nouvelle technique d’adaptation au changement climatique, qui consiste à cultiver des patates douces.
Mme Shale s’est rendue récemment en Ouganda avec un groupe d’agricultrices et d’agriculteurs somaliens pour voir comment les patates douces sont devenues une culture florissante et adaptée au changement climatique.
Mme Shale cultive des tomates, du chou kale et de la papaye. Plusieurs agricultrices et agriculteurs somaliens cultivent des légumes et des fruits, et connaissent peu les cultures racines telles que les patates douces ou le manioc.
Les cultures racines n’ont besoin pas d’être beaucoup arrosées. Face à la raréfaction et l’irrégularité des précipitations, ces cultures peuvent s’avérer très avantageuses. Elles résistent plus aux conditions météorologiques changeantes, ainsi qu’aux sécheresses et aux inondations. Les cultures racines peuvent se conserver plus longtemps que les autres légumes.
Akello Christine Ekinyu est une agricultrice ougandaise d’Odowo qui a partagé son expérience en matière de culture de manioc et de patate douce avec Mme Shale et d’autres agricultrices et agriculteurs somaliens. Elle affirme que les conditions météorologiques exceptionnelles provoquent la décomposition rapide de plusieurs cultures. Mais en cultivant et en transformant la patate douce et le manioc, elle gagne mieux sa vie. Elle déclare : « J’ai construit une nouvelle maison en briques grâce à l’argent que me rapportent ces cultures. »
La solution pour résister au changement climatique consiste à transformer la patate douce ou le manioc pour augmenter leur valeur. On peut transformer plusieurs légumes racines en de la farine qui servira à préparer une variété de produits : des beignets aux gâteaux.
Mme Ekinyu a appris à transformer les produits auprès de l’Association des producteurs et des transformateurs de patate douce de Soroti. Echabu Silver est le président de l’association. Il explique : « Plutôt que de consommer ou vendre le manioc frais, les agriculteurs doivent les transformer en nouveaux produits qu’ils vendront ensuite plus cher. »
En une journée, Mme Ekinyu peut gagner 100 000 shillings (30 $US) en vendant du manioc et des patates douces. Cela dépasse de loin les deux dollars qu’elle gagnait en travaillant la journée en ville. Elle peut désormais se permettre d’envoyer ses deux enfants à l’université.
Le marché du manioc est florissant en Ouganda, et ailleurs. Akorir Helen Mary est l’ancien secrétaire général de l’Arapai Farmers Multi-Purpose Cooperative en Ouganda. Il affirme qu’en 2012, l’absence d’acheteuses et d’acheteurs a coûté 4 500 $ d’invendus de farine de manioc. Mais actuellement, dit-il : « la demande pour le manioc est forte au marché, car [c’est] la matière première préférée de la plupart des industries ougandaises, comme les brasseries. »
Pour lire l’intégralité de l’article intitulé « Pour combattre la faim, les agriculteurs somaliens se tournent vers les cultures racines ougandaises », cliquez sur : http://www.reuters.com/article/us-farming-climatechange-africa-idUSKCN11T1NS [1]