Rwanda: Rwanda Women’s Network est source d’espoir pour les femmes rurales (par Pius Sawa, pour Agro Radio Hebdo au Kenya)

| novembre 15, 2010

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Julian Bapfakurera vit dans le village de Kinyinga, dans le district de Gasabo, au Rwanda. Elle était légalement mariée à son époux. Celui-ci a pris une seconde femme. Mais les lois rwandaises ne reconnaissent pas la polygamie comme une forme de mariage, de sorte que le second mariage n’était pas légal.

 

Son mari est ensuite décédé. Il avait tout légué, y compris la terre qu’elle cultivait, à sa seconde femme. Mme Bapfakurera n’avait plus rien. Elle n’a rien reçu de la part de l’institution locale qui s’occupe des questions de terres et de propriétés. Sa co-épouse s’était faite l’amie des autorités officielles et leur avait versé un pot-de-vin.

 

Mais maintenant, grâce à l’initiative Village of Hope menée par le Rwanda Women’s Network, Mme Bapfakurera a pu réclamer ses droits.

 

Odeth Kantengwa est la coordinatrice du Rwanda Women’s Network. L’organisation forme des techniciens juridiques communautaires dans tout le pays. Le Réseau les informe sur les lois foncières existantes, dont la plupart peuvent bénéficier aux femmes.

 

Mme Bapfakurera a fait appel à des techniciens juridiques communautaires pour l’aider. Ils

l’ont accompagnée pour parler aux responsables locaux. L’équipe de parajuristes a expliqué aux fonctionnaires que Mme Bapfakurera avait droit aux terres de son mari ainsi qu’à d’autres biens.

 

L’équipe de parajuristes avait une copie écrite des lois qu’elle citait. L’affaire a été réglée en faveur de Mme Bapfakurera. Elle est désormais une femme heureuse.

 

Mme Kantengwa dit: « Nous avons la loi foncière, la loi sur les successions, le droit à la succession et le droit sur la législation foncière. »

 

Toutes ces lois soutiennent les femmes qui dépendent de l’agriculture comme principale source de revenus. Mais beaucoup de femmes ne connaissent pas les lois. C’est pourquoi le groupe a établi un programme de formation paralégale.

 

La formation paralégale est offerte à la population rurale, afin de l’aider à comprendre la loi. Tous les techniciens juridiques sont des membres de la communauté. Ils reçoivent également une formation sur la violence basée sur le genre. Cela est directement lié aux problèmes fonciers auxquels sont confrontées  de nombreuses femmes rurales. À leur tour, les parajuristes éduquent d’autres collectivités.

 

Selon Mme Kantengwa, cette connaissance et cette sensibilisation ont créé un grand

défi pour les personnes travaillant dans des institutions foncières. Elle dit: « Les femmes

peuvent tenir tête et faire valoir leurs droits selon la loi [quand] il y a  un différend. »

 

Mme Kantengwa reconnaît que le soutien du gouvernement a apporté un grand espoir aux agriculteurs en milieu rural au Rwanda, un pays ayant une situation foncière unique.  Par exemple, le gouvernement a créé une équipe de consolidation des terres. Cette équipe classe les régions selon des cultures spécifiques.

 

Grâce à la radio et à des groupes communautaires, les parajuristes informent les agriculteurs au sujet des cultures recommandées pour leur région. Mme Kantengwa explique: « Si un district est adapté pour les bananes, les agriculteurs sont invités à se concentrer sur les bananes. Si le district a des conditions favorisant le sorgho, le mil, le maïs, les haricots ou le blé, entre autres, on conseille aux agriculteurs de les cultiver. »

 

Après le génocide, de nombreux réfugiés sont revenus. Ils ont voulu s’établir sur les terres, ce qui a entraîné des conflits fonciers. L’équipe de consolidation des terres joue un rôle pour régler de tels litiges. Toutes ces initiatives visent à soutenir les agriculteurs rwandais – dont la plupart sont des femmes, en milieu rural.