Rwanda : Des femmes cherchent à stimuler l’innovation et la créativité dans l’agroentreprise (IPS News)

| septembre 18, 2023

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Nouvelle en bref

Originaire de Musanze, une commune située à environ 100 kilomètres au nord de la capitale Kigali, Adeline Umukunzi est une Rwandaise de 28 ans qui cultive des champignons. Madame Umukunzi a développé des innovations à fort potentiel et localement adaptées pour la culture des champignons. Cependant, cette jeune productrice ignorait la véritable valeur de ses produits agricoles. Elle ne savait pas qu’une entreprise agroalimentaire locale avait acheté tous ses produits pour faire des biscuits et des pépites à base de champignon. Dans le cadre des initiatives agricoles du Rwanda visant à renforcer la concurrence de l’agroalimentaire, les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’engager de part et d’autre dans la chaîne de valeur et plusieurs arrivent à réaliser des profits économiques. Dans les pays africains comme le Rwanda où l’agriculture est le pilier de l’économie nationale, les spécialistes soulignent la nécessité d’encourager les nouveaux talents, la capacité à résoudre les problèmes et l’innovation chez les femmes.

Adeline Umukunzi, 28 ans, cultive des champignons à Musanze, un district situé à environ 100 kilomètres au nord de la capitale Kigali. Les femmes ne s’impliquent pas souvent dans le secteur de l’agroentreprise au Rwanda.

Elle déclare : « Les femmes ont toujours joué un rôle essentiel dans l’agriculture, mais dans l’ombre. Nous commençons à voir de plus en plus de femmes dans l’agroentreprise. »

Bien qu’elle ait mis au point des innovations à fort potentiel et adaptées au contexte local dans le domaine de la culture des champignons, cette jeune cultivatrice ignorait combien ses produits valaient sur le marché. Elle n’aurait jamais pu soupçonner qu’une entreprise alimentaire locale avait acheté la majeure partie de sa production pour fabriquer des biscuits et des croquettes à base de champignons.

De plus en plus de femmes rwandaises s’engagent dans l’agroentreprise dans le cadre des efforts de transformation de l’agriculture visant à renforcer sa compétitivité. Beaucoup d’entre elles ont pu générer des bénéfices commerciaux de part et d’autre de la chaîne de valeur.

Les estimations officielles révèlent qu’au Rwanda, plus de femmes que d’hommes sont principalement engagées dans l’agriculture, mais les agricultrices ont plus de difficultés que les agriculteurs à créer des entreprises agroalimentaires prospères.

Malgré ces obstacles, les dernières tendances officielles montrent que les femmes africaines abandonnent les méthodes traditionnelles d’engagement dans l’agroentreprise et adoptent l’approche de la propriété intellectuelle pour transformer les systèmes alimentaires sur le continent.

Adopter l’approche de la propriété intellectuelle dans le secteur agroalimentaire, c’est aussi protéger les biens ou les services produits dans ce secteur. La propriété intellectuelle a principalement trait aux secrets de fabrication, un volet crucial de la protection des renseignements confidentiels des entreprises pour leur offrir un avantage concurrentiel. 

Olivier Kamana est le secrétaire permanent du ministère rwandais de l’Agriculture et des Ressources animales. À ses dires, l’adoption des droits de propriété intellectuelle permet aux innovateurs et aux innovatrices de réaliser de bons profits.

Monsieur Kamana affirme que les femmes agroentrepreneures d’Afrique pourraient développer des produits commercialement rentables, et donc il faut une certaine protection de la propriété intellectuelle pour encourager ces innovateurs et ces innovatrices.

Dans de nombreux pays africains où l’agriculture est le pilier de l’économie nationale, comme le Rwanda, les spécialistes insistent sur la nécessité de valoriser le talent, la capacité à résoudre les problèmes et l’innovation chez les femmes.

Les estimations officielles de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture indiquent qu’environ 62 % des femmes en Afrique sont impliquées dans l’agriculture, effectuant la majeure partie du travail de production, de transformation et de commercialisation des denrées alimentaires.

Cependant, pour être compétitives dans l’espace commercial régional intra-africain offert par l’Accord de libre-échange continental africain, les entreprises du secteur de l’agroentreprise doivent fonctionner plus efficacement, ce qui nécessite des investissements dans de nouvelles technologies, de nouvelles façons de fertiliser et d’arroser les cultures, et de nouvelles façons de se connecter au marché mondial.

Lors de la première conférence régionale africaine sur la propriété intellectuelle pour les femmes du secteur de l’agroentreprise, qui s’est tenue à Kigali en mai 2023, les déléguées ont exprimé le souhait de promouvoir les innovations dans les agroentreprises dirigées par des femmes en Afrique en les aidant à comprendre et à utiliser la propriété intellectuelle pour faire connaître leurs idées au monde entier.

Bemanya Twebaze, directeur général de l’Organisation régionale africaine de la propriété intellectuelle, est convaincu que la propriété intellectuelle peut être un outil puissant pour renforcer le pouvoir des femmes et garantissant qu’elles bénéficient de leurs innovations et de leurs créations dans l’industrie agricole.La présente nouvelle est adaptée d’un article écrit par Aimable Twahirwa pour Inter Press Service, intitulé « African Women Seek to Boost Innovation and Creativity in Agribusiness » (Les femmes africaines cherchent à stimuler l’innovation et la créativité dans l’agroentreprise). Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.ipsnews.net/2023/06/african-women-seek-to-boost-innovation-and-creativity-in-agribusiness/.