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RDC : La survie et la situation économique compliquent le commerce de la viande de gibier et des animaux sauvages (Mongabay)

Une catastrophe est survenue à la petite ONG de Héritier Mpo au centre de la République démocratique du Congo le 8 août 2022. En une seule nuit, un incendie a détruit plusieurs années de documents et des ordinateurs contenant des dossiers numériques dont monsieur Ngo espérait qu’ils permettraient un jour de traduire en justice les chasseurs clandestins en justice.

Monsieur Mpo déclare être certain que l’incendie était criminel, et que ce n’était qu’une des nombreuses menaces auxquelles sa famille et lui faisaient face à cause de son travail visant à secourir les primates vivants. Son ONG, APPACOL-PRN, œuvre pour la conservation et la protection des espèces sauvages menacées à cause du commerce illicite et du braconnage, en sauvant souvent les primates vivants.

Une partie du problème c’est que le commerce illicite de la viande et des parties du corps des espèces protégées s’entremêle avec la chasse légale. Les rangées d’étals de viande au marché central de Lodja, une ville d’environ 70 000 personnes, fournissent des protéines toutes prêtes, dans une ville où d’autres sources de protéines sont rares. Les personnes qui pratiquent la chasse et le commerce des animaux sauvages affirment que c’est l’une des pistes pour gagner la devise forte dont elles disposent, coupées comme elles le sont de la majeure partie du reste du pays.

À Lodja, en RDC, une section grouillante de son marché regorge de viande de gibier.

Monsieur Mpo déclare : « Ici, ce sont des tonnes et des tonnes qui parviennent au marché chaque semaine. »

La ville jouxte la deuxième forêt tropicale du monde et est devenue un carrefour important d’un réseau de commerce, de transport et de vente.

Alors que l’agriculture de subsistance et les systèmes de vente et d’échange fournissaient autrefois la majeure partie de ce dont un ménage avait besoin dans la région, les gens ont désormais besoin de liquidités pour payer un téléphone intelligent et des crédits pour se connecter à un réseau, ou un panneau solaire et une batterie pour se procurer de la lumière.

Louise Mpala vend de la viande de sanglier, de buffle, d’antilope, de gazelle et de primates, notamment des singes dans son étal. À ses dires, elle n’a pas le choix que de vendre la viande que lui rapportent les chasseurs de Lodja. Cela lui permet de payer les études de ses enfants, ainsi que leur nourriture et leurs vêtements.

Quelques familles élèvent des chèvres, des moutons et des porcs, et la savane environnante pourrait servir de pâturage pour le bétail et fournir ainsi une source alternative de protéine. Mais les troupeaux et la volée sont souvent considérés comme une forme d’épargne, ce qui fait qu’il est difficile de justifier l’abattage d’un animal pour de la viande, et l’accès limité à l’électricité signifie que la réfrigération du surplus de viande n’est généralement pas une option.

Ces facteurs et bien d’autres concourent à faciliter la chasse du gibier, un moyen rapide pour obtenir des protéines et de l’argent.

La chasse et le transport du gibier sont un travail difficile, voire dangereux parfois. Cependant, ces activités peuvent rapporter gros dans un pays où les deux tiers de la population vivent avec moins de 2,15 $ par jour.

Selon une étude de l’African Journal of Ecology de 2022 [1] la viande domestique pourrait supplanter celle du gibier et réduire la pression sur la faune.

Les auteurs de l’étude affirment que le risque et le coût du transport de la viande à Kindu, à 270 kilomètres de Lodja, ont réduit le commerce de la viande de brousse là-bas, en particulier maintenant que la viande domestique est plus répandue et plus abordable sur les marchés de la ville. Les fermes de bétail et piscicoles sont plus courantes. Bien entendu, les auteurs notent que l’assèchement des savanes et leur transformation en pâturages pour le bétail posent des problèmes environnementaux. Le surpâturage par le bétail peut provoquer la désertification, altérer les peuplements végétaux naturels et déplacer les espèces sauvages de ces écosystèmes.

Une source plus stable de protéines peut répondre aux besoins des communautés locales comme Lodja, mais la demande extérieure peut continuer à faire tourner les engrenages du commerce de la viande de gibier, entraînant la disparition constante d’animaux sauvages en RDC.

Malgré ces défis mondiaux, monsieur Mpo affirme qu’il reste déterminé à faire en sorte que les bonobos et d’autres animaux puissent « vivre dans leur environnement naturel. »

Il ajoute : « Si nous cédons, nous ouvrons la porte à n’importe qui pour faire n’importe quoi à ces animaux. »

La présente nouvelle est inspirée d’un article écrit par John Cannon et Didier Makal for Mongabay, et qui s’intitule « Survival and economics complicate the DRC’s bushmeat and wild animal trade. » Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://news.mongabay.com/2023/05/survival-and-economics-complicate-the-drcs-bushmeat-and-wild-animal-trade/ [2].