Ouganda : Un fumoir à poisson réduit les risques de cancer et la charge de travail des femmes (SciDev.Net)

| février 5, 2024

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Nouvelle en bref

En Ouganda, un nouveau fumoir à poisson est en train de transformer le travail et la santé des femmes. Habituellement, les femmes qui travaillent dans le secteur de la transformation du poisson courent le risque d’avoir des problèmes de santé et les fours locaux leur causent des soucis. Le fumoir, développé par l’Organisation nationale de recherche agricole, contribue à réduire significativement les cancers causés par les polluants atmosphériques. Il réduit non seulement les risques pour la santé, mais rend le fumage du poisson plus efficace, ce qui se traduit par une réduction du stress, une amélioration des relations familiales, un élargissement des débouchés commerciaux et une amélioration des moyens de subsistance et de la qualité de vie.

Les concepteurs d’un fumoir à poisson conçu pour réduire le risque de cancer et d’autres problèmes de santé affirment qu’ils améliorent les conditions de vie et les moyens de subsistance de centaines de femmes en Ouganda.

Pendant des décennies, l’utilisation de fumoirs à poisson de fabrication locale posait des difficultés aux femmes cheffes de file de l’industrie de transformation du poisson du pays. Elles passent régulièrement des nuits blanches à empêcher le poisson de brûler ou d’être volé.

Des chercheurs ont conçu le nouveau fumoir à poisson au service d’ingénierie de l’Organisation nationale de recherche agricole de l’Ouganda. John Yawe est chercheur à l’organisation. Il a affirmé que celui-ci avait été développé pour réduire les risques de cancer, ainsi que les charges auxquelles les femmes sont assujetties pendant le fumage du poisson.

Il déclare : « En plus de réduire les agents cancérigènes, le centre a placé les femmes au cœur de sa conception, car elles sont les principales actrices du secteur de fumage du poisson. »

Monsieur Yawe soutient que le fumoir réduit les impuretés et les agents cancérigènes tels que les hydrocarbures aromatiques polycycliques provenant du poisson localement fumé, de 40 000 parts pour un milliard à deux parts pour un milliard.

Il explique : « Les hydrocarbures aromatiques polycycliques proviennent du brûlage de bois, de déchets, de plastiques et ils sont associés à un nombre accru de cas de cancer en plus de la fonction pulmonaire réduite, de l’asthme et des maladies pulmonaires et du cœur. »

Monsieur Yawe explique que le fumoir comporte un filtre pour la fumée qui élimine toutes les impuretés provenant de la fumée générée.

Les membres de l’Association des femmes transformatrices de poissons Hope Katosi font partie des personnes qui bénéficient du fumoir. À leurs dires, celui-ci améliore les moyens de subsistance en ce qu’il rend plus efficace la transformation et rallonge la durée de conservation du poisson.

Priscilla Nakato est la vice-présidente de l’association. Elle déclare : « Les femmes avaient l’habitude de fumer le poisson pendant deux ou trois jours et il se gâtait en deux jours. Grâce au nouveau fumoir de poisson, elles le font pendant 12 heures et le poisson se conserve pendant un mois. »

Madame Nakato affirme que les femmes sont fières d’être membres de l’association, car cela leur permet de gagner leur vie pour prendre soin de leurs familles et d’éduquer leurs enfants.

Fatuma Nassiwa est membre de l’association. À ses dires, le nouveau fumoir améliore la qualité de vie des femmes. Elle déclare : « Depuis que nous avons commencé à utiliser le nouveau fumoir, on a plus de tranquillité et nous nous soucions moins de la salubrité et la qualité de notre poisson. »

Elle ajoute : « Je peux charger le poisson et faire d’autres travaux ménagers ou même aller au marché, contrairement au passé, lorsque je m’asseyais là, à surveiller le poisson pour qu’il ne brûle pas. »

Madame Nassiwa a soutenu qu’avant d’avoir le nouveau fumoir, les mariages étaient en détresse à cause de la puanteur du poisson.

Elle déclare : « Cependant, nous avons beau nous laver et tremper nos vêtements dans du détergent, la puanteur du poisson persistait. Cela poussait nos maris à nous abandonner pour des femmes ‘plus propres’. »

Kamya Simon est coordonnateur du groupe de travail sur les fumoirs de poisson de l’Organisation nationale de recherche agricole. Il affirme que 165 transformatrices de poisson du groupe de pisciculteurs et de piscicultrices de Kaliro profitent également du fumoir.

Selon monsieur Simon, celui-ci facilite davantage la transformation du poisson pour les femmes et leur permet d’avoir des marchés à l’extérieur de l’Ouganda, y compris en République démocratique du Congo, au Kenya et au Rwanda. Il soutient que cela s’explique par leur capacité à satisfaire la norme requise pour le marché d’exportation qui est de moins de deux parts d’hydrocarbures aromatiques polycycliques pour un milliard, comme le recommandent l’Organisation mondiale de la santé et l’Union européenne.

La présente nouvelle est inspirée de l’article intitulé « Ugandan fish smoking kiln cuts cancer risks. » publié par SciDev.Net. Pour lire l’intégralité de l’article, cliquez sur : https://www.scidev.net/global/news/ugandan-fish-smoking-kiln-cuts-cancer-risks/.