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Ouganda : Les éleveurs et les éleveuses de bétail creusent des retenues d’eau pour abreuver leurs animaux

C’est un après-midi chaud et venteux au village de Kachwekano, à environ 70 kilomètres au nord de Kampala, la capitale ougandaise. Des feuilles poussiéreuses tourbillonnent autour d’Augustine Kamugisha et ses collègues assis sous un grand figuier. Ces éleveurs en quête d’eau emmènent leurs vaches à la rivière Kafu.

Lorsqu’ils seront reposés, ils conduiront leurs bêtes à la rivière située à plus de 20 kilomètres à pied. La rivière Kafu est désormais le seul point d’eau communautaire que l’on trouve dans ces plaines.

Les éleveuses et les éleveurs de ce district migrent normalement avec leurs animaux en saison sèche. Cependant, les saisons sèches prolongées et les précipitations irrégulières pèsent lourdement sur eux. Au même moment, les activités agricoles se développent, faisant ainsi croître la demande en eau pour les cultures et le bétail.

M. Kamugisha attribue la pénurie d’eau au changement climatique. Il déclare : « Il y a environ quatre ans, cette région regorgeait de pâturages et d’eau. Mais, à présent, les saisons sont devenues imprévisibles, et cela perturbe [notre façon] de nourrir les bêtes. »

Toutefois, ce ne sont pas tous les bergers et toutes les bergères qui parcourent de longues distances. Steven Mazinga est le responsable du conseil local du village de Kachwekano. Il a convoqué tout le village lorsqu’il s’est rendu compte que les éleveuses et les éleveurs perdaient constamment leurs bêtes quand ils parcouraient de longues distances. Il raconte : « Je leur ai proposé de creuser des retenues d’eau dans la région pour retenir l’eau pendant les saisons pluvieuses, afin de pouvoir nous en servir pendant les périodes sèches pour sauver nos animaux. L’idée a été approuvée. »

Après la rencontre, certaines personnes se sont inscrites auprès de M. Mazinga. Ces membres ont choisi au hasard de petits morceaux de papier sur lesquels étaient inscrits des numéros. Ils ont construit à tour de rôle les retenues, en fonction des numéros qu’ils avaient choisis. Au début, tous les membres ont creusé un puits pour toutes les personnes qui avaient le chiffre 1. Lorsque ce puits a été achevé, ils ont commencé par le chiffre 2, et ainsi de suite.

Selon M. Mazinga, trois quarts des éleveuses et éleveurs de bétail du village de Kachwekano ont creusé des puits, et ils espèrent que ceux-ci pourront commencer à retenir l’eau lorsque les pluies débuteront.

Nelson Kiiga est un éleveur de bétail local qui a creusé une retenue d’eau en 2014. M. Kiiga raconte : « Cette année, nous avons eu une longue sécheresse, mais mes bêtes n’en ont pas souffert. »

Samuel Olam à Kasawo, un village voisin de Kachwekano. Il a acheté une terre de trois hectares en 2008, qui lui procurait plus que suffisamment de pâturage et d’eau pour ses animaux. M. Olam explique : « Il y avait peu d’habitant(e)s dans les environs. C’était un pâturage occupé par des éleveuses et des éleveurs [avant que je ne l’achète]. La zone était très fertile et les pluies sont régulières. L’agriculture était vraiment rentable. »

Mais, maintenant, le manque de pluies et le surpâturage font qu’on ne peut même pas se fier à l’agriculture.

M. Kamugisha pense que la pénurie d’eau prendra fin une fois que la construction des retenues d’eau sera terminée. Il affirme que de nombreux éleveuses et éleveurs perdent sept vaches ou plus chaque saison sèche. Il déclare : « J’avais 74 bovins. J’espérais en avoir plus en ce mois de février, car les vaches avaient mis bas. Mais, à mon grand désarroi, leur nombre est en train de diminuer. J’espère que nous ne continuerons pas à perdre nos bêtes à cause de cette sécheresse dangereuse une fois que les retenues d’eau seront prêtes. »