Le café est un secteur important en Ouganda, où la production pour 2026-2027 serait d’environ 7,2 millions de sacs pesant 60 kilogrammes chacun. La région de Bugisu, à l’est, est un géant de la production du café. Ces dernières années, cependant, les cultivateurs et les cultivatrices de café de cette région, et de l’Ouganda en général, ont peiné avec leur production face à la sécheresse et aux phénomènes climatiques extrêmes causés par le changement climatique.
Fati Nabwire, 58 ans, cultive aussi du café du district de Mbale, à l’est. Elle exploite une acre de caféiers depuis cinq ans. Elle déclare : « Parfois, la chaleur et la sécheresse sont extrêmes dans notre district, ce qui nuit à la croissance des caféiers. »
Par conséquent, elle a planté des arbres d’ombrage pour procurer aux caféiers une couverture en période de sécheresse et de chaleur extrême. Madame Nabwire a planté des avocatiers, des goyaviers, des bananiers, des jacquiers et d’autres espèces d’arbres locales. Ces arbres fournissent également des fruits à sa famille qui en consomme et en vend pour un revenu supplémentaire.
Pour améliorer la fertilité de sa terre, madame Nabwire cultive aussi des légumineuses, telles que le haricot et les arachides qui apportent de l’azote au sol. Elle ajoute qu’une bonne fertilité de sol et un contrôle approprié des organismes nuisibles et des maladies assurent la bonne santé de ses caféiers.
L’an dernier, elle a récolté 60 kilogrammes de café vert qui lui ont rapporté environ 720 000 shillings ougandais (192,42 $ US), ce qui lui a permis de payer une partie des frais de scolarité universitaires de son enfant.
Moses Mukwashi est aussi planteur de café à Bubyangu, un sous-comté du district de Mbale. La sécheresse n’a pas non plus épargné sa plantation. Pour atténuer l’impact des futures sécheresses, monsieur Mukwashi a planté des bananiers et d’autres espèces d’arbres locales en guise d’arbres d’ombrage sur son exploitation agricole d’une acre et demie.
Job Aluga Chemutai est chercheur à la National Agricultural Research Organisation, ou NARO, rattachée au National Coffee Research Institute. Il conseille aux agriculteurs et aux agricultrices de se renseigner d’abord sur les meilleures techniques de culture du café avant de s’engager dans ce projet. Il déclare : « En particulier, les agriculteurs doivent identifier les zones en proie à la sécheresse durant le choix de leur site et éviter de planter des caféiers dans ces zones. »
Monsieur Chemutai affirme que le café exige un niveau de fertilité élevé et qu’il est par conséquent essentiel d’avoir un programme de recours intensif aux engrais. Il ajoute que les producteurs et les productrices peuvent utiliser de l’engrais organique, tel que la bouse de vache, les fientes de poules, les feuilles et l’herbe, comme un engrais organique qui améliore la qualité et la texture des sols après leur décomposition. Parfois, les légumineuses, comme les arachides, contribuent également à la fertilité du sol en lui procurant de l’azote.
Il recommande de planter des arbres d’ombrage qui aident le sol à retenir l’eau. Ces arbres agissent aussi comme des brise-vent. Cependant, il prévient qu’un trop grand nombre d’arbres favorise parfois la multiplication des organismes nuisibles. Il déclare : « Les arbres d’ombrage devraient être plantés de façon équilibrée : il ne faut pas en planter trop ni trop peu. »
Hassan Masaba est le président de la coopérative des agriculteurs biologiques du Mt Elgon, dans la région de Bugisu. Monsieur Masaba a planté des bananiers, des oignons, des tomates et des arachides sur sa ferme, en plus des caféiers. Ces cultures lui permettent de compléter son budget alimentaire, tandis que les bananiers et les espèces d’arbres locales, comme le kujiki et le guruku procurent de l’ombre aux caféiers.
Aux dires de monsieur Masaba, la fertilité des sols demeure un enjeu pour les cultivateurs et les cultivatrices de café. Il déclare : « Plusieurs producteurs ne savent pas comment préserver la fertilité des sols après avoir passé des décennies à cultiver du café sur le même terrain. » L’accès limité au capital, aux marchés et les mauvaises pratiques agronomiques figurent au nombre d’autres difficultés qu’il a soulignées.
Selon monsieur Chemutai, les producteurs et les productrices peuvent obtenir un soutien auprès du ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Élevage, ainsi que des bureaux régionaux pour le développement du café de la région de Bugisu.
La présente nouvelle est financée par la Fondation IKEA dans le cadre du projet « Sustainable Dialogue and Knowledge Sharing Communication Platforms. »
Photo: Fati Nabwire, cultivatrice du café, district de Mbale, Uganda.