Mozambique : Le pain de singe procure un revenu aux cueilleurs de fruits

| août 30, 2021

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Nouvelle en bref

Ivan Mambasso cueille le pain de singe (fruit du baobab) dans la forêt mozambicaine. Après avoir cueilli la quantité qu’il peut transporter, il parcourt plusieurs kilomètres pour ramener les fruits chez lui, en vue de les vendre plus tard à la société Mozambique Baobab Products. La cueillette du pain de singe est la principale source de revenus de monsieur Mambasso. Il affirme qu’en dépit des difficultés, notamment l’absence de bons marchés, les faibles prix et le manque d’infrastructures pour la mise en valeur, le pain de singe est devenu maintenant la principale source de revenus de sa famille. Il croit que les membres de l’association des cueilleurs de baobab dont il est membre doivent être formés dans le domaine de la négociation, la commercialisation, et la valorisation s’ils veulent obtenir de meilleurs revenus.

C’est très calme dans la forêt dense, malgré les piaillements d’oiseaux qu’on entend partout, au loin. Chaque bruit retient l’attention d’Ivan Mambasso qui passe d’un arbre à un autre pour ramasser les pains de singe sur le sol.

Monsieur Mambasso déclare : « Je ramasse les fruits en brousse pour les vendre à une société du coin qui s’appelle Mozambique Baobab Products, ou MBP, et qui est située au bord de la route. Je passe des jours à ramasser à la main les fruits du baobab dans la forêt et, par la suite, je trie ceux qui sont bons et les emballe dans des sacs. »

Après avoir ramassé la quantité de pains de singe qu’il peut transporter, monsieur Mambasso marche tranquillement vers la route cahoteuse et poussiéreuse en gravier, coincée entre les huttes en terre recouvertes de paille qui mène chez lui. Il vit à Mungari, un village du district de Guro, au centre de la province de Manica, au Mozambique.

La cueillette de pains de singe est devenue la principale source de revenus de monsieur Mambasso. Après avoir ramassé les fruits dans la forêt, il les ouvre et vend la pulpe et les graines.

Il déclare : « Malgré les nombreux défis, tels que l’absence de bons marchés, les faibles prix et le manque d’équipement et d’installations pour la valorisation, le pain de singe est désormais le principal moyen de subsistance de ma famille. »

Monsieur Mambasso est membre de l’Association des cueilleurs de fruits de baobab. Il explique : « Dans l’association, on nous forme sur les techniques pour cueillir les fruits de baobab de qualité pour les vendre à la MBP, car, pour être autorisé à vendre, vous devez être membre de l’association et être formé avant. »

Les mauvaises infrastructures routières, les longues distances pour se rendre au marché et le manque de moyens de transport empêchent monsieur Mambasso et les autres cueilleurs(euses) de pains de singe de réaliser de bons profits. Il explique : « Les voies d’accès qui mènent à la route principale où nous attendons les acheteurs(euses) sont en mauvais état. Nous utilisons des brouettes ou des charrettes à deux roues tirées par des bœufs pour parcourir huit à dix kilomètres.

Selon monsieur Mambasso, la difficulté réside en partie dans le fait que les cueilleurs(euses) ne peuvent pas transporter de grandes quantités. En plus, comme ils/elles ne sont spécialisés dans la négociation des prix, les acheteurs(euses) imposent les prix bas malgré les efforts des cueilleurs(euses) font pour leur apporter les fruits.

Il déclare : « La MBP nous offre trois ou quatre méticais (0,05 $ – 0,06 $ US) par kilogramme. Le prix est généralement fonction de la qualité de la pulpe. Parfois, nous faisons de meilleures affaires en échangeant un seau de pulpe et de graines contre un paquet de spaghetti. »

Pour remédier à ces difficultés, monsieur Mambasso soutient que les membres de l’association doivent trouver des moyens d’accéder à de bons marchés. Il croit aussi qu’ils ont besoin de formation sur la commercialisation et la valorisation en groupe.

Elcidio Bachita est économiste et professeur à l’école de commerce de l’Université de São Tomás, à Maputo, la capitale du Mozambique. À ses dires, bien que les cueilleurs(euses) de pains de singe obtiennent de faibles prix parce qu’ils/elles ne peuvent pas transformer ou apporter une valeur ajoutée aux fruits, le baobab leur permet de gagner leur vie, car il résiste à la sécheresse et à d’autres conditions climatiques difficiles.

Monsieurs Bachita note que les feuilles de baobab sont comestibles et que les graines servent à produire de l’huile. Il ajoute : « Le fruit du baobab a une pulpe blanche douce-amère qui est source de vitamine et de minéraux bons pour la santé. Il contient deux fois plus de calcium que le lait et est riche en antioxydants, en fer et en potassium, en plus d’avoir six fois plus de vitamine C qu’une orange. »

Andrew Kingman est le directeur général de la MBP. Il affirme que, malgré la forte demande pour le pain de singe sur le marché international, il y a des difficultés à trouver un bon marché pour les cueilleurs(euses) du fruit.

Monsieur Kingman explique : « Il n’est pas facile de pénétrer le marché européen qui a des exigences spéciales fixées par l’Union européenne. »

Il ajoute : « Comme la demande augmente, nous devons nous assurer que la qualité et la valeur ajoutée sont meilleures, mais, pour l’instant, les cueilleurs de pains de singe n’en ont pas les moyens. L’industrie de la fabrication demande maintenant la poudre de pain de singe qu’elle utilise pour apporter une valeur ajoutée aux aliments et aux boissons. »La présente nouvelle a été financée grâce à une subvention de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GmbH (GIZ) qui met en œuvre le programme des Centres d’innovations vertes.

Photo : “Baobab fruit” par CIFOR.