Mozambique: La dure bataille pour éliminer la violence à l’égard des femmes (ReliefWeb)

| novembre 25, 2013

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Isabel était heureuse de rencontrer un homme qui promettait de la traiter décemment. Elle souffrait d’épilepsie, une condition du système nerveux qui provoque de violentes convulsions. Mais elle ne s’attendait pas à la violence que son époux lui a infligée après qu’ils se sont mariés.

Isabel a 41 ans et a quatre enfants de ce mariage. Elle dit: « Après que nous nous sommes mariés et que nous avons eu des enfants, il a changé et est devenu très violent avec moi. De nombreuses fois, alors que j’avais des crises d’épilepsie, il m’a mordue au point de causer des blessures. »

Elle a supporté ce traitement pendant de nombreuses années parce qu’elle ne voulait pas abandonner ses enfants. Malgré les abus, Isabel dit qu’elle aimait son mari. De plus, elle se demandait comment elle survivrait puisque la famille dépendait de lui financièrement.

Durant des années, la violence physique a continué. Son mari demandait toujours pardon quelques jours après avoir abusé d’elle et elle le pardonnait toujours. Ainsi allait leur mariage.

Elle se souvient: « Une fois, il m’attaché les mains et les jambes et [m’]a tellement battue que j’ai cru qu’il allait me tuer. C’est ce jour-là que j’ai décidé de le quitter et de demander de l’aide à mes amis. »

Le Ministère de l’intérieur du Mozambique rapporte que plus de 50 pour cent de Mozambicaines ont subi une forme ou une autre de violence physique, sexuelle ou psychologique. Dans ce pays, sept filles sur dix connaissent des cas de harcèlement sexuel et d’abus dans leur école.

Cette situation n’est pas spécifique au Mozambique. Tous les pays de la Communauté de développement d’Afrique australe considère la violence à l’égard des femmes comme une préoccupation majeure et tous se sont entendus pour travailler de concert afin d’y mettre fin. Le gouvernement du Mozambique lutte contre la violence basée sur le genre en adoptant des principes et standards internationaux pour protéger les droits des femmes. Mais il n’y a pas de législation qui assure que les hommes reconnus coupables de ces crimes soient punis.

Dr Roberto De Bernardi est le Représentant adjoint du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, au Mozambique. Il note que les enfants mozambicains sont particulièrement vulnérables à la violence, plus d’une fille sur deux étant déjà mariée à l’âge de 18 ans.

Il dit: « À l’école, certains enseignants donnent des notes de passage en échange de faveurs sexuelles, et parce que les écoles n’ont pas fait grand-chose pour empêcher cela, les filles ne savent pas où aller et abandonnent souvent leurs études. Il y a une culture de la peur et du silence. »

Valeria de Campos Mello est Représentante mozambicaine à ONU Femmes, l’organisation des Nations Unies dédiée à l’égalité des genres et à l’autonomisation des femmes. Elle dit: « Il est ambitieux de vouloir réduire de 50% la violence basée sur le genre d’ici 2015 (…) [mais] cela ne sera possible que si nous travaillons tous de concert et que nous nous engageons tous à embrasser cette noble vision d’une société dépourvue de violence basée sur le genre. »

Isabel a échappé à son mari violent et travaille maintenant pour une association de femmes qui aide les victimes de la violence. Elle espère que le fait de parler publiquement de la violence basée sur le genre au Mozambique encouragera d’autres femmes souffrant d’abus à s’identifier et à rechercher de l’aide. Elle aimerait que ses filles grandissent dans un pays où la violence à l’égard des femmes soit chose du passé.