Mali : Les agricultrices et les agriculteurs des villes squattent des terres pour assurer leur sécurité alimentaire (AllAfrica)

| juillet 20, 2015

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Sur les rives verdoyantes du fleuve Niger parsemant le centre-ville de Bamako, un groupe d’agricultrices et d’agriculteurs urbains sont occupés à arroser les légumes et désherber quelques terrains de choix du Mali.

Les agricultrices et les agriculteurs utilisent des tuyaux en plastique improvisés pour pomper l’eau du fleuve jusqu’à leurs lopins de terre. Ils irriguent les rangées de brocoli, de chou et d’autres légumes verts. Les agricultrices et les agriculteurs ne sont pas les propriétaires des terres sur lesquelles ils cultivent non loin d’hôtels appartenant à des étrangers et sous haute protection. Cependant, cela ne les empêche pas d’essayer de trouver de quoi se nourrir.

Bakary Diarra est l’un des agriculteurs occupant ces terrains. Ses cultures poussent à l’ombre d’un hôtel de luxe abandonné. Des investisseurs libyens avaient construit l’hôtel à l’époque où l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi avait investi de fortes sommes d’argent dans des terres agricoles et des propriétés au Mali. En 2009, la Libye a acquis 100 000 hectares, acquisition que les détractrices et les détracteurs qualifient d’accaparement de terres. Après la mort du Colonel Kadhafi, les investissements et les projets ont été bloqués.

M. Diarra se repose à l’ombre, marquant une pause avant de recommencer à désherber son lopin. Il précise que l’hôtel a fait maintenant faillite et que le terrain appartient à l’État malien. Il déclare : « Nous ne nous craignons pas de nous faire expulser de cette terre. Nous l’occupons. »

Les potagers urbains qui bourgeonnent sur les terres squattées sont un spectacle habituel qu’offre la capitale malienne. Des paysannes et des paysans sans terre cultivent des légumes et font de l’élevage sur des chantiers de construction abandonnés, ainsi que d’autres morceaux de terrains nus longeant le fleuve.

M. Diarra raconte que parfois les voleurs volent leurs légumes, mais que les agricultrices et les agriculteurs parviennent malgré tout à récolter suffisamment de produits pour gagner de l’argent et avoir des aliments frais pour se nourrir.

Partout en Afrique, le phénomène de potagers urbains est en expansion et pourrait jouer un rôle crucial dans les années à venir. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, près la moitié des ménages urbains au Cameroun, un tiers au Malawi, un quart au Ghana et un ménage sur dix au Nigeria se nourrissent de ce qu’ils cultivent dans les potagers urbains.

Environ 80 pour cent des Maliennes et des Maliens travaillent dans le secteur de la pêche ou l’agriculture, par conséquent, le pays devrait pouvoir être autosuffisant sur le plan alimentaire. Mais la faim semble prendre de l’ampleur. Après avoir subi trois sécheresses en une décennie, presque deux millions de personnes n’ont pas suffisamment à manger, selon le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM).

Le PAM soutient que la désertification et le conflit en cours dans le nord du Mali impliquent que deux personnes sur cinq ne savent pas d’où proviendra leur prochain repas.

M. Diarra exerce plusieurs métiers pour joindre les deux bouts. Il déclare : « C’est difficile de comprendre pourquoi nous avons un problème de faim. Le fleuve Niger devrait être une mine d’or pour nous … nous avons besoin d’un programme agricole d’ensemble.

Pour lire l’intégralité de l’article duquel provient cette histoire intitulée « Mali : La ‘guérilla jardinière’ s’implante dans un Mali en proie à la faim », cliquez sur : http://allafrica.com/stories/201504300679.html