Mali : Creuser des fosses de compost pour cultiver plus de légumes

| mai 22, 2017

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Le jour vient à peine de se lever à Walirde, un petit village de Sévare, un quartier de la ville de Mopti situé au nord du Mali.

Fatoumata Diallo et d’autres femmes attendent déjà avec impatience l’arrivée de Brehima Djiguiba, un spécialiste en fabrication de fumier de compost. Les 20 femmes sont des maraîchères dynamiques. Mme Diallo est la présidente de leur groupement Yiriwere qui signifie  épanouissement.

Les femmes possèdent au total deux hectares de terre. Elles ont chacune leur propre potager où elles cultivent plusieurs légumes, dont la salade, le chou, les tomates, le gombo et l’épinard. Elles écoulent facilement leurs légumes dans les villes voisines telles que Mopti.

Mais les femmes n’étaient pas satisfaites de leurs rendements. Par conséquent, elles décidèrent de fabriquer du fumier composté pour accroître leurs récoltes et économiser de l’argent. Elles ont cette idée après avoir entendu l’émission radiophonique Nôkôdinguè ko (La question des compostières) diffusée par la station régionale de la radio nationale ORTM (Office de Radiodiffusion Télévision), à Mopti.

Les femmes ont demandé à M. Djiguiba de les aider à creuser leur première fosse à compost. Saluant M. Djiguiba, Mme Diallo déclare :  Nous sommes très heureuses que vous ayez répondu à notre appel, car ce que nous faisons ensemble est très important pour nous et notre production maraîchère.

Djiguiba commence par inspecter la fosse préparée par les femmes pour la fabrication du fumier. Il a un mètre de profondeur, deux mètres de largeur et trois mètres et demi de longueur. Les éléments nécessaires pour la fabrication du compost sont à portée de main, y compris l’argile, qui empêchera l’humidité dans la fosse de s’infiltrer dans le sol, ainsi que de la cendre riche en potassium, provenant de restes de feux de foyer. La fosse contient également du fumier de ferme, de l’herbe et des animaux morts tels que des oiseaux.

Pour démarrer le processus, M. Djiguiba étale de l’argile sur toute la surface de la fosse, de sorte à avoir une épaisseur de cinq centimètres, dont il arrose la moitié. Puis les femmes dament l’argile avec leurs pieds.

Ensuite, les femmes étalent une épaisseur de 20 centimètres d’herbes, puis répandent du fumier et enfin de la cendre. Elles dament ce tas et l’arrosent abondamment. La dernière couche remplit complètement la fosse.

Les femmes répètent la manœuvre dans une autre fosse, et plantent deux bâtons dans les fosses. Elles arroseront les fosses tous les 15 jours. Le fumier de compost requiert beaucoup d’eau, ce qui facilite la décomposition.

Après trois mois, elles vident la fosse de son précieux contenu, et chaque femme en reçoit pour utiliser dans son potager. Le fait d’avoir du fumier de compost signifie qu’elles n’auront pas besoin d’acheter de l’engrais chimique.

Parlant des vendeurs d’engrais chimiques, Mme Diallo déclare : Nous deviendrons autonomes … Nous retirerons les mains des commerçants de nos poches. Les engrais chimiques importés coûtent cher, et les femmes en particulier n’ont pas les moyens de s’en procurer.

Djiguiba explique qu’il existe deux techniques de fabrication du fumier. La première consiste à enfouir les ingrédients sous terre ou dans une fosse, comme les femmes de Yiriwere l’ont fait. Pour la deuxième, on peut mettre les ingrédients dans une boîte confectionnée pour le compostage du fumier. Cette boîte peut avoir au moins un mètre de profondeur, mais la longueur et la largeur peuvent varier.

Djiguiba affirme qu’il est préférable de creuser la fosse là où il y a de l’ombre. La lumière du soleil diminue la valeur nutritionnelle et la fertilité du compost.

Rien que trois après, les femmes de Yiriwere obtiendront 600 kilogrammes de fumier de compost avec chaque fosse. Pour une fosse de deux mètres sur trois mètres, et d’une profondeur d’un mètre, elles peuvent produire suffisamment de compost pour cultiver n’importe quelle denrée sur deux hectares.

Lorsqu’elles cultivent leurs denrées, elles mettent du fumier composté au pied de chaque plant. Cela augmente la fertilité du sol, et peut contribuer ainsi à accroître leurs récoltes. Elles espèrent que le fumier de compost génèrera un plus grand rendement, mais au moins cela leur permet d’économiser de l’argent.

Ce travail a été réalisé à l’aide d’une subvention de Save the Children et avec le soutien financier du soutien technique et opérationnel de performance (TOPS) de USAID.