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Mali : Azahara Amadou Maïga se bat pour la scolarisation des filles à Gounzoureye

Azahara Amadou Maïga habite le village de Sadou-Koira, dans la commune de Gounzoureye, une localité située à 18 kilomètres de la ville de Gao, au Mali. Madame Maïga est mère de six enfants, dont trois filles. Elle a compris très tôt que l’épanouissement de ses filles passait par une bonne éducation. Par conséquent, madame Maïga a scolarisé ses filles. Elle est également engagée dans l’éducation des autres filles dans le village, et préside le comité de gestion scolaire de l’école du village.

À Sadou-Koira, le taux d’analphabétisme est élevé chez les jeunes filles, et le taux de scolarisation des filles est estimé à seulement 9 %. C’est ce qui a motivé madame Maïga à s’engager à sensibiliser la population à la scolarisation des filles, en faisant du porte-à-porte et en rédigeant des articles de presse.

Madame Maïga utilise son histoire pour convaincre les populations de l’importance de l’éducation. Elle explique que c’est grâce à l’école que ses deux filles travaillent et gagnent dignement leur vie. Elle déclare : « Si elles n’étaient allées à l’école, elles n’allaient pas pouvoir travailler aujourd’hui et être dans de bonnes conditions. Scolariser sa fille c’est préparer son avenir pour qu’elle soit indépendante et puisse vous aider plus tard. »

Mohamed Attaher Dicko est conseiller d’orientation au centre d’animation pédagogique (CAP) de la commune Gounzoureye. Monsieur Dicko déclare : « Le nombre d’enfants, en particulier le nombre de filles, scolarisés est peu élevé. C’est pourquoi le centre d’animation pédagogique a commencé des séances de sensibilisation pour pousser les parents à envoyer leurs enfants à l’école. » Cette action a permis de scolariser plus de 2000 enfants, dont 500 à Gounzoureye.

Le message de madame Maïga est parfois compris, mais certains parents hésitent toujours à envoyer leurs filles à l’école.

Ahoudou Idrissa est un cultivateur et un habitant de Gounzoureye. Il n’est pas encore convaincu de la nécessité de scolariser les filles. Il déclare : « Je ne vois pas l’importance d’envoyer mes enfants à l’école, car l’école détériore l’éducation des enfants. Si j’envoie mes enfants à l’école, qui va m’aider dans mon champ? Même si je le voulais, je n’ai pas les moyens. »

Zaliha Maïga est une ressortissante de Gounzoureye. Malgré les difficultés, elle a pu continuer ses études. Aujourd’hui, elle a une licence en ressources humaines et travaille dans une entreprise de la place. Elle explique : « J’ai eu toutes les difficultés avant et pendant que j’allais à l’école. Mon père ne voulait pas je parte à l’école. Il voulait me marier à un homme, donc il voulait que j’arrête mes études. Mais grâce aux conseils de personnes proches de la famille, il m’a laissé fréquenter. Aujourd’hui, je travaille et je me prends en charge. »

Malgré certaines réticences, le taux de scolarisation des filles a commencé à augmenter ces dernières années à Gounzoureye grâce au travail de sensibilisation de madame Maïga, des comités de gestion scolaire et du CAP.

Abdoul Kader Younoussa Maïga est le maire de Gounzoureye. Il soutient la scolarisation des jeunes filles dans la commune à travers les sensibilisations. Il déclare : « Grace aux sensibilisations que nous faisons, le taux de scolarisation dans la commune est passé de 15 % à 22 % entre 2019 et 2021. »

Sadou Salihou est leader communautaire à Gounzoureye. Il soutient aussi la scolarisation des filles. Il a scolarisé tous ses six enfants sans distinction de sexe. Monsieur Salihou offre le conseil suivant : « J’invite les parents à envoyer leurs filles à l’école pour leur avenir. »

La présente ressource a été produite grâce au soutien financier du gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada dans le cadre du projet DEFI mis en œuvre par le consortium de Alinéa, Radios Rurales Internationales (RRI), Catholic Relief Services (CRS) et Éducation Internationale (EI), en partenariat avec le ministère de l’Education nationale dans les zones affectées par les conflits au Mali.

Photo : Une étudiante écrit sur un tableau noir à Sadou-Koira, dans la commune de Gounzoureye, au Mali, en juillet 2021. Crédit : Cheick Coulibaly.