Malawi: Les femmes travaillent pour améliorer l’approvisionnement en eau (IPS)

| août 1, 2011

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Chaque matin, Ethel James se lève à 4 heures et marche pendant une heure pour se rendre au seul trou de forage qui fonctionne dans le village voisin. Elle retourne à la maison avec juste un seau d’eau, que ses cinq enfants utilisent pour se préparer pour l’école. Puis elle commence à travailler à la réparation du système d’approvisionnement d’eau de son village.

Mme James avait hâte que le système existant soit réparé, alors elle s’est jointe à l’équipe de villageois dans leur effort de réparation. Le système se compose d’un gazoduc relié à un réservoir. Les robinets sont reliés à la canalisation, mais il n’y a pas d’eau courante dans le village de Kwilasha, dans le sud du Malawi.

Le système d’eau est tombé en ruine au milieu des années 1990 alors que le gouvernement ne pouvait plus l’entretenir. Avec l’aide de Water Aid Malawi, une organisation caritative internationale qui aide les populations à accéder à de l’eau potable et à avoir un environnement sain, la communauté s’est réapproprié le système qui dessert Kwilasha et 13 villages environnants.

Les villageois se sont organisés en clubs, les femmes assumant des rôles de leadership. Les femmes sont également impliquées dans la pose de conduites et aident à creuser des tranchées. Les membres de la communauté remplacent d’anciens tuyaux par de nouveaux tuyaux plus grands, et ils œuvrent à l’expansion du réseau pour atteindre plus de gens.

La source d’eau la plus proche est une rivière située à seulement 10 minutes. Mais la rivière est à sec à cette période de l’année. Même pendant la saison des pluies, Mme James évite la rivière, à cause des crocodiles. Elle explique comment les villageois se débrouillent: « Nous creusons des puits dans le village mais cela est aussi un problème parce que le choléra devient endémique, puisque l’eau n’est pas sécuritaire. Maintenant que c’est la saison sèche, les puits n’ont plus d’eau, donc nous comptons sur le trou de forage. »

Water Aid Malawi et le Conseil du district de Machinga forment maintenant la communauté en matière de leadership, de gestion de projet, de collecte de fonds, de conservation et d’assainissement. Une fois les réparations du réseau d’eau terminées, il est prévu que le réseau desservira environ 45 000 personnes, soit trois fois plus que ce qu’il couvrait dans les années 1990.

Mme James dit que la réparation du système d’eau va faire une différence dans la vie des femmes de son village, étant donné que ce sont elles qui souffrent le plus lors de pénuries d’eau. Elle poursuit: « Nous avons maintenant de nouvelles compétences qui nous permettront de maintenir le système nous-mêmes et d’assurer un approvisionnement régulier en eau. Notre travail ne consiste pas seulement à creuser des tranchées, nous nous joignons aussi aux hommes dans la pose de conduites et la réparation des installations. »

Monalisa Nkhonjera est une agente de programme responsable de la communication, à Water Aid Malawi. Elle confirme que l’implication des femmes dans les tâches considérées comme « dures et sales », telles que la pose des tuyaux, signifie qu’elles peuvent maintenir le système elles-mêmes. Elles n’auront pas besoin de compter sur leurs maris ou d’autres personnes pour les aider.

Chaque ménage fournit l’équivalent de 13 centimes américains par mois pour l’achat d’accessoires et pour la construction de nouveaux points d’eau. La communauté a organisé une association d’usagers de l’eau. L’association a un compte en banque avec de l’argent qui est mis de côté pour le jour où Water Aid Malawi donnera le contrôle total des installations à la communauté.

Mme James pense que le système d’approvisionnement en eau ne va pas s’effondrer à nouveau, principalement parce que les femmes ne sont plus des spectatrices dans ce projet. Elles savent maintenant comment réparer un robinet et où acheter les pièces de rechange pour le système. Mme James dit: « Nous faisons tout notre possible pour tout apprendre, de sorte que nous soyons capables de maintenir le système nous-mêmes, même quand les hommes ne sont pas là. Un approvisionnement efficace en eau nous aidera aussi à nous occuper de nos familles. »