Malawi: La baisse du niveau de l’eau du Lac Chilwa menace les moyens de subsistance des pêcheurs et des agriculteurs (par Norman Fulatira, pour Agro Radio Hebdo au Malawi, avec des fichiers de l’IRIN)

| septembre 24, 2012

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Oscar Wemba est un pêcheur qui gagne sa vie grâce au Lac Chilwa. Mais, lorsqu’il lance son filet, il ne peut s’empêcher de remarquer que les eaux sont chaque jour de moins en moins profondes. Au cours des deux dernières années, l’étendue du lac a diminué. M. Wemba a bien peur d’être en train de pêcher les derniers poissons du Lac Chilwa. Comme des milliers d’autres petits pêcheurs, il craint que son gagne-pain ne disparaisse avec l’assèchement du deuxième plus grand lac du Malawi.

Les niveaux d’eau du Lac Chilwa ont décliné à environ 60 pour cent de la normale. Ses rives se sont déplacées de 15 kilomètres vers l’intérieur. Le lac s’assèche suite à deux années de faibles pluies. La déforestation et les dégradations environnementales en amont font diminuer le flux de la rivière vers le lac.

Le fait que le niveau d’eau diminue menace le moyen de subsistance de plus de 70 000 familles qui dépendent du Lac Chilwa pour le poisson, l’eau et d’autres ressources.

Les prises de M. Wemba diminuent de jour en jour. Il explique:  « Quand on jette nos filets dans les eaux peu profondes du lac… on est capable d’attraper du poisson. Cependant, ce qu’on craint c’est qu’à l’allure où le lac s’assèche, on risque de pêcher toutes les réserves de poissons. »

M. Wemba gagne normalement un revenu de 20 dollars américains par jour, en pêchant et en vendant du poisson. C’est ce qui lui permet de prendre soin de sa famille de trois personnes. Mais il de bonnes raisons de craindre de perdre ce revenu. Le Lac Chilwa s’est déjà asséché dans le passé. La toute dernière fois, c’était en 1994; le lac avait perdu toute son eau.

Au cours de la dernière décennie, le lac a été sollicité comme jamais auparavant. Les pluies irrégulières ont forcé plus d’agriculteurs à collecter de l’eau du lac pour irriguer leurs cultures. Ces agriculteurs souffrent aussi de la diminution du niveau des eaux.

Yohane Chikosa est un petit cultivateur de légumes qui travaille près du lac. Pour l’instant, il peut encore trouver de l’eau pour ses cultures, bien qu’il doive marcher davantage pour ce faire. Il fait l’observation suivante: « Les eaux sont plus loin maintenant, comme vous pouvez le voir, et c’est un problème pour l’arrosage de nos jardins de légumes.»

Catherine Gotani Hara est la Ministre malawite de l’Environnement et de la Gestion du Changement Climatique. Elle s’est rendue au lac à la fin du mois d’août. La Ministre a promis de l’assistance gouvernementale aux personnes affectées par la diminution du niveau des eaux du lac.

Le gouvernement norvégien finance un programme d’adaptation au changement climatique visant à aider les gens de la région du Lac Chilwa à s’ajuster au changement. Cette initiative fait la promotion de la plantation d’arbres, de l’élevage de petits animaux de bétail, et du recours à des systèmes d’irrigation utilisant des puits peu profonds.

Pour le moment, les pêcheurs et les agriculteurs qui dépendent du lac sont en compétition pour le peu d’eau qu’il contient encore.